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Eglise Protestante Unie de Narbonne

Dimanche 23 octobre 2022 : Luc 18, 9-14 "juste injustifié ou injuste justifié ?3

23 Octobre 2022, 17:46pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

NARBONNE 23 OCTOBRE 2022

 

LUC  18, 9 – 14
Prédicatrice : Joëlle Alméras

 

 «Juste injustifié ou injuste justifié ?»

 

Introduction : Une parabole qui semble claire et limpide. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures ! Enfin, c’est ce qu’il me semblait… Une parabole destinée, comme toutes les autres, à ouvrir une brèche dans l’esprit de ses auditeurs, à les déplacer, les décoincer dans leurs certitudes, et plus même, les faire bouger et agir. Jésus y présente deux personnages aux vies antipodiques : un pharisien et un collecteur d’impôt. Ils sont venus dans un même lieu, pour une même raison : prier. Mais leur prière, leur attitude sont bien différentes ! La prière, ici, fait office, si je puis le dire ainsi, de « révélateur théologique » : elle met en lumière l’attitude des priants devant Dieu et devant autrui. Elle éclaire aussi la façon dont le jugement de Dieu subvertit les jugements humains.

Nous parlerons d’abord du contexte de notre texte et de ceux à qui la parabole est destinée, puis nous camperons les caractéristiques essentielles des deux personnages impliqués ou plutôt de ce que leur prière révèle de leur conception de leur relation à Dieu et à autrui. Et enfin, comment cette parabole pourrait elle ouvrir une brèche aussi en nous, ici, aujourd'hui, dans ce temple ?

 

) contexte et auditeurs : la parabole est immédiatement précédée de celle que nous intitulons : « le juge et la veuve », histoire de la persévérance aboutie et victorieuse d’une prière pressante, nous pourrions dire envahissante, jusqu’à la reddition du sollicité face à une insistance qui lui devient insupportable. Ici c’est une affaire entre des humains du type « pot de terre contre le pot de fer », où c’est le pot de fer rend les armes.

Jésus continue sur sa lancée avec notre parabole qui met en scène des humains priant, mais cette fois ci, devant Dieu. Qu’elle soit destinée à des auditeurs particuliers, qui se croient justes et méprisent leurs semblables ouvrent une porte de réflexion sur l’accueil de nos prières par le Seigneur qui donne une réponse sans appel au verset 14 : « quiconque s’abaisse sera élevé et quiconque s’élève sera abaissé ».

Une remarque : la prière est plus souvent une demande qu’une action de grâce. Ici, le pharisien ne demande rien tant il est sûr d’être le meilleur qui n’a donc besoin que de lui pour accéder à cette position. Le collecteur d’impôt, lui, sollicite pour lui, pécheur, la pitié.  

 

2 ) les protagonistes  : Comment expliquer l'attitude autosuffisante du pharisien et la supplication du collecteur d’impôt ? Qui sont-ils ?

Le pharisien, il faut lui rendre cette justice, est un homme qui obéit à la loi, à la virgule près, il la vit scrupuleusement chaque minute qui s’écoule. Et pour être sûr de faire ce qui est bien selon la loi, les pharisiens ont commencé à rajouter des prescriptions supplémentaires à la Torah : targum, Michna…halakha… applications évolutives et actualisées en permanence du moindre commandement de la loi, ce que nous connaissons sous le nom de « Tradition ». Le pharisien « un homme pieux et moral, qui n’accepte aucun laxisme, ni les dérives politiques de « gauche » comme les zélotes, ou de « droite » comme les hérodiens. Pour la plus grande partie de la population, il inspire le respect [1]». Cela aura certainement une influence majeure en leur faveur après la destruction du temple de Jérusalem. Ils prendront le pouvoir religieux et fignolerons, aujourd'hui encore la halakha où sont recensées toutes les prescriptions complémentaires aux 613 commandements qui régissent la vie juive : ceux du temps passé et aussi, les nouveaux, adaptés à la vie moderne. Par exemple, l’utilisation de l’électricité pendant le shabbat, ou l’usage d’un ascenseur… notons cependant, pour la petite histoire, que les Posquim, qui sont les spécialistes habilités à interpréter la loi sont loin d’être d’accord entre eux. Et donc, que les extensions surajoutées aux 613 commandements  sont soumises à des variations notoires de compréhension et d’application et que les procès en terre d’Israël sont légions et sources de grandes frictions.

Donc, le pharisien, malgré la détestable réputation que l’histoire lui a tricotée, est un croyant pieux et comme l’indique son nom hébreu, il est un « séparé », qui veut se protéger de tout ce qui pourrait le rendre impur. Pour lui, pas de « conduite molle » ou de « doctrines aventureuses » de type libérales. Bref, c’est un puritain, pur et dur, qui tire gloire de sa fidélité inconditionnelle à la Tradition.

Le collecteur d’impôt, lui, fricote avec les romains et en perçoit des bénéfices financiers conséquents. La loi, pour lui, c’est celle de l’envahisseur qui lui remplit les poches d’argent sonnant et trébuchant. Séduit par les avantages de la charge, il s’est fendu le porte monnaie pour l’acheter et s’enrichir sur le dos de ses coreligionnaires. Pour rentrer dans ses fonds, il n’a donc aucun scrupule à pressurer les contribuables. Celui de la parabole est tout à fait conscient d’être aux antipodes de ce que la Loi exige d’un « bon » juif. « C’est un triste personnage. Mais il ne l’ignore pas, ni ne cherche aucune excuse, il ne connait d’autre secours que la grâce de Dieu, et c’est elle qu’il sollicite.

 

3 ) comment recevoir cette parabole aujourd'hui ? « Ces 2 personnages sont décrits juste suffisamment pour que l’auditeur-lecteur puisse les reconnaitre et s’y projeter, et donc évaluer ses propres sentiments et réactions lorsqu’il en arrive à entendre le v.14 ».

Je vous propose de nous poser 2 questions :

- la première : « qui suis-je ? » Pour nous, protestants, qui avons entendu les paroles de pardon il y a quelques instants, ne nous sentons nous pas privilégiés d’être bénéficiaires de cette incroyable grâce offerte à toutes et tous, inconditionnellement ? Ne nous arrive-t-il pas de nous sentir sauvés un peu plus que les autres ? Et puis, comme le pharisien, nous sommes, à juste titre, reconnaissants à Dieu de pouvoir le connaitre et le servir. Du coup, ne serions nous pas quelque peu pharisien nous aussi ?

Il n’en demeure pas moins que nous sommes malgré tout fondamentalement pécheurs et persévérants dans notre péché, comme le péager qui ne s’amende pas (comme le fit Zachée par exemple qui promet de rembourser le quadruple de ce qu’il a siroté à ses concitoyens) mais il demande que Dieu prenne pitié, l’accepte tel qu’il est.

Je crois que nous pouvons donc nous reconnaitre à la fois pharisiens, avec notre bonheur d’être justifié par Dieu et collecteur d’impôt avec notre incapacité à sortir de nos ornières et notre cri à Dieu qui nous accueille tels que nous sommes. Pour le dire d’une phrase, ne sommes nous pas des justes injustifiés et des injustes justifiés ?

- la deuxième question : qui est Jésus ? Il est celui qui copine à la fois avec les plus mal vus et celui qui parle par la bouche de Dieu. Saisissant contraste ! Il est l’humble, l’ami, l’enfant de Noël et le jardinier du cimetière, il est l’homme qui a eu faim, qui pleure son ami ou crie à l’abandon sur la croix.

Il est en même temps le transfiguré, le ressuscité, celui qui franchit des portes closes, qui marche sur l’eau ou apaise le vent.

Jésus est l’un et l’autre et jamais l’un sans l’autre. Il est le vainqueur du mal et de la mort, tout en restant le tout-proche attentif et disponible. Il parle au nom de Dieu mais reste l’ami du péager.

Si la parabole décrit des hommes en prière, il me semble que ce n’est pas la prière qui est l’épicentre de l’enseignement de Jésus mais l’attitude dans la prière, une conception de la vie de priant.

Ce que Jésus met en lumière c’est ce qu’il y a en arrière fond de la prière : elle peut s’exprimer comme un cœur à cœur avec Dieu, tout entier dans le lâcher prise, comme celle du collecteur d’impôt. Mais elle pourrait, comme celle du pharisien, être un monologue autocentré, le regard inquisiteur, accusateur et condamnateur tourné sur l’autre, dans une satisfaction égocentrique qui n’attend rien d’autre de Dieu que des applaudissements, si j’ose utiliser cet anthropomorphisme, car, »si j’ai tout bien fait, tout seul, avec succès, que peut y rajouter le Seigneur ? »

Pour le dire dans des termes protestants, si je suis juste, il n’y a plus nécessité de justification ! Pourquoi attendre une grâce divine, une justification par grâce, puisque j’ai déjà tout fait ?

Une remarque : quand je pointe l’autre du doigt pour me valoriser, je devrais regarder ma main : ouh ! un doigt pointé sur ce pécheur mais 3 doigts pointés vers moi[2]… ça déraille, on dirait, sur la voie où je circule, quand j’accuse quelqu'un, je m’accuse 3 fois plus…

 

Conclusion : En conclusion, une histoire racontée par Antoine Nouis :

« en parlant des honnêtes gens, Charles Péguy a décrit la dérive pharisienne : les honnêtes gens, ou enfin ceux qu’on nomme tels, et qui aiment à se nommer tels, n’ont point de défaut eux-mêmes dans l’armure. Ils ne sont pas blessés. Leur peau de morale constamment intacte leur fait un cuir et une cuirasse sans faute… Parce qu’ils ne sont pas blessés, ils ne sont pas vulnérables. Parce qu’ils ne manquent de rien, on ne leur apporte rien… Or celui qui n’est pas tombé ne sera jamais ramassé ; et celui n’est pas sale ne sera pas essuyé.

Les honnêtes gens ne mouillent pas à la grâce.

Ce qu’on nomme la morale est un enduit qui rend imperméable à la grâce ».

En commentaire de cette citation, nous pouvons raconter l’histoire soufie d’un maitre particulièrement vénéré qui était sur son lit de mort. Ses disciples lui ont demandé où il désirait être enseveli. Ils pensaient qu’au regard de sa sainteté, il pourrait reposer dans la grande mosquée, là où sont enterrés les grands maitres.

- Non, répondit le sage, déposez-moi au cimetière en dehors de la ville, dans  le quartier des femmes de mauvaise vie et des criminels, car c’est là que réside la miséricorde.[3] » Amen.

 

 

 

 

 

[1] Lire et dire p. 43

[3] Antoine Nouis un catéchisme protestant p. 507

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dimanche 16 octobre 2022 : "Fête des récoltes"

17 Octobre 2022, 07:36am

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

Culte de rentrée 2022

« Fête des récoltes »

- intro musique/chant :

- Accueil :

Bienvenue, au nom du Seigneur.

 

Aujourd’hui c’est notre « culte de rentrée » ;

marquée aussi comme la fête des récoltes : un dimanche où nous nous souvenons plus spécialement de la générosité de notre Seigneur,

où nous admirons la beauté de sa Création,

et où nous le remercions particulièrement de nous l'avoir confié...

 

Ce culte s’inscrit ainsi dans le temps pour la création qui est chaque année, au début de l’automne,

un temps que les chrétiens se donnent pour réfléchir sur le rôle que Dieu nous a donné dans sa Création :

l’admirer,

la cultiver,

la garder,

en être responsable

comme nous sommes responsables de nos frères et sœurs humains.

Bref, être reconnaissant de ce que nous avons reçus, dans la vie, pour la vie et alors aussi comme rôle, missions...

 

Je vous invite alors à chanter

 

Chant Ps 8, 1 à 4

 

• Louange :

Parmi ce qui nous est donné, nous pouvons apporter

  • du raisin, de la vigne :

La vigne, comme le Peuple de Dieu : cultivée pour la joie partagée !... pour la prospérité et la paix : par la sève que nous recevons, y compris la sève spirituelle... Un sarment ne peut vivre longtemps sans cep 

Bien cultivé, il peut produire de nombreux fruits ; les grappes, elles aussi images du Peuple de Dieu : ensemble et différents : de tailles, maturités, couleurs différentes, mais ensemble... Nous pouvons être différents et ensemble !

Merci Seigneur : tu nous donnes vie ; à chacun, selon ce que nous sommes !

  • du miel : comme sa douceur, image du pays à venir, à rejoindre, de la vie qui nous est promise... Même quand il y a des difficultés, souvenons-nous que des douceurs sont aussi devant nous...

Merci Seigneur !

chant Ps 136, 1+3 +5

  • figue : arbre précieux, car il donne 2 récoltes abondantes. Il est donc devenu une image du repos et de la paix : « se reposer sous son figuier »... Une sécurité matérielle et surtout relationnelle, donc...

Merci Seigneur !

  • De l’olivier : symbole de paix universelle, comme la colombe amenant un rameau d'olivier...

Symbole de paix, car il demeure malgré tout ; il repart de sa souche, et dure donc... Même des rejets, et des rejetons... peuvent devenir de nouveaux arbres... Une fidélité, donc, même aux travers de nos difficultés...

Merci Seigneur !

Ce que nous pouvons encore chanter avec le

Ps 136, les strophes 7+8

  • du blé : nourriture de base ; et possible même sur les sols durs, pauvres.

Nourriture de base, pour tous ! Et le glanage était une disposition permanente.

Nourriture appelée à se renouveler, comme pour Elie découragé ; ou encore le grain qui doit aller en terre, mourir pour donner vie à d'autres... image bien sûr de résurrection... et apprendre à se dessaisir, pour retrouver souvent encore plus... Belle démarche de confiance...

Merci Seigneur !

  • chant Ps 136, 9

 

  • Et tous ces légumes, nécessaire à la vie ; 
  • Et ces fleurs, qui réjouissent : les fleurs expriment qu'il y a des réalités au delà de la rudesse de hommes, ou de la condition humaine...

Modeste, ou grandioses, elles nous rappellent notre fragilité constitutive, mais aussi la beauté que nous ne pouvons fabriquer nous-même, qui est au-delà de nous-même et de nos ambitions... que nos ambitions sont même dérisoires à côté d'elles...

Merci Seigneur !

chant Ps 136, 10

 

 

Je vous invite à la prière, pour présenter nos manquements, notre repentance :

 

Seigneur, notre Dieu, tu as voulu ce monde et cette humanité, tu as voulu la vie.

Seigneur, appelle-nous à nous émerveiller chaque jour de la beauté de la nature.

Tu as voulu faire de nous des partenaires, les gardiens et les jardiniers de ta Création.

Pardonne-nous lorsque nous ne reconnaissons pas ton amour ; que nos vies ne sont pas comme une terre fertile, ou une eau qui arrose les sillons, ou des graines que tu fais germer et grandir.

Pardonne-nous lorsque nous ne voyons pas tes bénédictions

 

Fais grandir en nous la volonté de prendre notre part de responsabilité dans ce monde.

Mets en nous le réalisme, la créativité et le courage dont nous avons besoin

 

Ne laisse pas le fatalisme ni le défaitisme venir à bout de nos convictions. Ne laisse pas les

obstacles, les menaces, les pressions atteindre notre Espérance et notre foi.

Amen

répons habituel 318,1

 

  • pardon :

Le Salut ne vient pas de nos propres mérites : il est un cadeau de Dieu

C'est par la Grâce que nous sommes sauvés. Et Dieu nous dit comme à Gédéon Va avec la force que tu as...

 

répons habituel formule 526, 3

 

• Prière d’illumination :

Seigneur, tu nous donné la terre à contempler, et à cultiver

Donne-nous d’écouter ta Parole qui nous appelle à être des jardiniers pleins d’amour pour la

terre que tu as confiée. Amen.

 Lecture biblique : Deutéronome 16, 13 à 17

 

 

Voilà une tradition qui nous vient de loin : géographiquement, et dans le temps : les cultes des récoltes sont habituels dans d'autres régions de nos jours (comme par exemple dans les Églises protestantes d'Alsace). Mais cela vient, bien avant, du Premier Testament ; une démarche qui peut aussi s'ancrer loin ; profondément en nous donc...

 

Un culte des récoltes pour le culte de rentrée est une bonne chose : marquer que nous reprenons nos activités sous le signe de la reconnaissance, et du partage... de notre place et rôle dans ce monde, sur cette terre...

 

Qu'est-ce que cette fête des récoltes ?

Elle vient d'un contexte cananéen. Elle a été reprise et modifiée pour qu'elle ne soit plus une fête païenne mais en l'honneur du Seigneur.

Il en existait alors trois :

  • la fête de la récolte de l'orge ;
  • la fête des moissons du blé, 7 semaines après, appelée aussi fête des semaines ;
  • la fête des récoltes des fruits et du vin. Celle-ci est devenue progressivement la fête des récoltes par excellence.

Israël va donner une nouvelle signification à ces trois fêtes :

    • la première va devenir le souvenir du départ, du pain non levé, des Mazzot qui commémore la sortie d’Égypte,
    • Puis 7 semaines après : la fête de la révélation de l'Alliance sur le mont Sinaï.
    • Puis la fête des cabanes, le séjour au désert du peuple hébreu avec le don de la manne : première « récolte » que fait le peuple d’Israël, par la grâce de Dieu qui le sauve.

Trois fêtes qui remercient pour trois dimensions de vie fondamentales : la libération, les Paroles pour cheminer, vivre ensemble ; puis en nous souvenant de notre précarité constitutive : la fête des cabanes nous rappellent que notre foi vient d'un peuple errant ; sous les étoiles, nous sentons bien que nous sommes peu de choses... comme à travers la précarité d'une simple tente, parfois construite sur les balcons des immeubles... dans laquelle chacun est invité à passer la nuit. Chacun peut alors se rappeler que sa vie ne dépend pas de lui seul, mais de Dieu et des autres.

Ceci avec les nourritures comme moyens nécessaires... pour tous, puisque juste après ce passage, c'est la justice qui est évoquée... Après la connaissance, puis la reconnaissance, cela doit se concrétiser...

 

Le christianisme reprend à son tour cette tradition en l'adaptant puisque Mazzot devient la fête de Pâques ; 7 semaines après, c'est Pentecôte.

La fête des cabanes n'a pas été reprise ; dommage, mais nous le pouvons toujours... comme avec ce temps pour la création qui nous est proposé depuis quelques années.

Le christianisme a non seulement trop oublié ses racines juives, mais aussi son lien avec la création (à quelques exceptions près, comme François d'Assise, par exemple). C'est dommage, car ces fêtes nous rappellent des dimensions fondamentales ; à commencer par le peuple libéré, qui chemine pour apprendre la liberté et ne pas retomber dans la loi du plus fort, se croire plus fort que tout.

Nous protestants, en France particulièrement, nous avons parfois de la peine avec les éléments de la nature, ou les gestes symboliques, dans nos cultes  : nous avons parfois (votre serviteur aussi) des craintes que cela soit des occasions de superstitions, de bénédictions quasi-païennes... et autres cultes de la nature elle-même... Nous avons pourtant l'occasion de retrouver des dimensions fondamentales de notre foi : nos racines hébraïques, du Premier Testament, comme nous venons de l'évoquer. Mais aussi, comme la Réforme l'a mise en valeur, l'importance de la reconnaissance ! Nous recevons, au-delà de nous-mêmes...et malgré ce que nous sommes ; il s'agit alors de marquer cette reconnaissance !

D'ailleurs, devant la nature, sa diversité, ses floraisons, germination, forces, etc... ou sous le ciel pour admirer les étoiles, nous pouvons être touchés : admiratifs, et nous rappeler ce que nous sommes : si petits, dans un ensemble si vaste... qui nous donne vie... Que suis-je là-dedans, grain de poussière, mais à qui le souffle de vie a été donné, et la création confiée !! ?... Appelés, rappelés, reconnaissants devant l'infini... Nos certitudes se relativisent... Comme elles l'ont été, de façon tellement moins poétique (!) avec cette crise sanitaire...

Tout cela nous rappelle notre fragilité, mais aussi l’émerveillement et la reconnaissance de la vie ; ce qu'elle nous appelle à vivre...

C'est aussi reconnaître que je reçois la vie ; se souvenir toujours que, fondamentalement, nous l'évoquions l'autre jour, nous avons reçu.

 

Le passage biblique reçu tout à l'heure nous invite alors à marquer ce moment important par, nous dit-il : une offrande, chacun en fonction de ses moyens et à la mesure des bienfaits que le Seigneur votre Dieu lui aura accordé.

Une offrande en signe de reconnaissance pour tous les bienfaits reçus :

non pas, comme nous pourrions le penser, en fonction de bonnes ou moins bonnes récoltes ; comme si Dieu était pourvoyeur de bonnes ou moins bonnes récoltes... donc selon les personnes... La Bible a toujours distingué notre Seigneur d'un tel pourvoyeur, d'un magicien, avec ce que cela a de chantage, d’intérêt, etc... tous les bienfaits évoqués ne sont-ils pas ceux, tellement plus fondamentaux et importants de l'Alliance... Et chacun donne en fonction de ses moyens ; autrement dit, de part et d'autres, dans la liberté, la sincérité, dans et pour la Grâce...

 

Et alors, à nouveau : utiliser au mieux ce qui nous est donné. 

C’est l’occasion de nous rappeler de choix de vie ; de nous rendre compte du lien entre les choix de gestions de la terre et de ses ressources, les injustices, les aveuglements ; et de tous les dégâts causés par des égoïsmes et/ou vues à courts termes. Les textes bibliques nous rappellent que la terre nous est confiée, comme à des jardiniers, en gérance. Elle ne nous appartient pas. Nous sommes alors appelés à en prendre soin.  Nous sommes placés comme des locataires  loca - terre, (comme le titre d'une chanson de Jean-Louis Aubert... de 1989) 

Et de marquer cela en actes, en partage. Nous exprimons la reconnaissance en Parole ; cette Parole est actes aussi : elle va devenir Partages. Ces fruits, et ce qu'ils signifient, vont continuer leur chemin cultuel en étant partagés !...

 

Nous pouvons alors d'autant plus profiter de ce que nous recevons : les recevoir comme des cadeaux, signes de ce qui nous est donné, jours après jours ; une démarche de reconnaissance nous invite à voir au-delà de la plainte (même si celle-ci peut aussi bien sûr être... et être légitime...) ; mais connaître et re-connaitre : comme le verre à ½ plein... Et remercier ! Bonne ou mauvaise, la récolte est déjà un cadeau... Le percevoir permet de vivre encore plus...

Les racines de notre foi, et ce que nous recevons dans nos vies, nous les recevons d'autant plus quand nous en sommes conscients :

en nous tournant ainsi, tous les jours, dans une attitude de reconnaissance pour la vie, pour ses richesses, pour notre nourriture. Nous sommes ainsi transformés par l’action de Dieu en nous.

La fête des récoltes n’est qu’une manière de nous tourner vers Lui, de nous rappeler sa présence de bienveillance et d'appels à la vie, pour la vie, pour tous...

 

Amen.

 

Méditation musicale

 

chant  536, strophes 1+4+5

Liturgie de Sainte Cène

Seigneur, quelle joie de te louer !

En ton Fils Jésus-Christ tu as créé toutes choses pour le bonheur et pour la vie.

Par ton Fils, tu veux sauver chacun et la création toute entière de tous les esclavages.

Ainsi tu veux que chacun puisse te servir avec joie.

C’est pourquoi avec tes enfants de partout et de tous les temps, nous proclamons et nous chantons la grandeur de ton amour...

répons 822

 

• Paroles d’institution : Nous sommes maintenant avec Jésus-Christ et avec ses disciples dans la chambre haute, la nuit même où il va être livré, il célèbre la Pâque. Il prend du pain, et après avoir rendu grâces, il le rompt et le donne en disant :

« Prenez, mangez, ceci est mon corps donné pour vous, faites ceci en mémoire de moi ».

De même, après le repas, il prend une coupe et après avoir rendu grâces, il la donne en disant

« Buvez-en tous, ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, répandu pour vous et pour

un grand nombre, pour le pardon des péchés, faites ceci chaque fois que vous en boirez, en

mémoire de moi. »

 

• Épiclèse :

Prions :

Seigneur, tu es la source de la vie, tu es la source de l’amour.

Voici le pain et le fruit de la vigne.

Envoie ton Saint-Esprit sur nous et sur ces dons afin que, par cette communion, nous soyons unis au Christ et les uns aux autres, et que nous demeurions fidèles à ce que tu attends de nous.

Unis dans un même Esprit, nous pouvons dire avec confiance la prière que nous avons reçue de Jésus-Christ lui-même

Notre Père ...

 

 

invitation :

Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres chez moi, mais dis seulement une parole, et je serai guéri.

Nous sommes tous invités à cette table par Jésus-Christ. Il appelle chacun de nous à le rejoindre. Que celles et ceux qui reconnaissent en Jésus-Christ le Seigneur, et désirent partager son repas, forment un cercle autour de cette table.

 

Communion

+ chant A toi la gloire 

Seigneur, tu nous as accueillis à ta table. Nous te disons notre reconnaissance.

Par cette communion, tu renouvelles nos forces. Que notre vie soit un reflet de ton amour.

 

 

• Annonces + Offrande et enquête des enfants : des sujets de reconnaissance ?!

• Prière d’offrande

Seigneur, nous te remettons notre offrande. Par nos dons, nous te disons merci pour tous les biens dont tu as comblé et nous partageons un peu de ce que nous avons reçus... Amen.

 

• Prière d’intercession :

in Paroles pour tous pour le 3 octobre

 

Amen.

 

• Bénédiction :

 

Que le soleil rayonne sa chaleur sur votre visage, que les pluies tombent avec douceur sur vos champs.

Et que Dieu vous bénisse et vous garde dans sa main, aujourd’hui, toujours et jusque dans l’éternité. Amen

 

répons : « Ne rentrez pas chez toi comme avant »...

 

 

 

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Conférence-débat : samedi 15 octobre avec Patrick Royannais, prêtre et théologien

11 Octobre 2022, 14:33pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

 

CONFERENCE-DEBAT

 

par Patrick ROYANNAIS

prêtre, docteur en théologie et en anthropologie religieuse/ histoire des religions...

temple de Narbonne  6 Bd Condorcet

 

Samedi 15 octobre à 18h00

-----------------

Salle de l’Odéum  64 rue Antoine Marty

Carcassonne

Vendredi 14 octobre à 18h15

 

 

« Un christianisme non religieux »

 

réfléchir avec

Dietrich Bonhoeffer, théologien allemand résistant au nazisme

 

 

Entrée libre

 

 

organisé par l'Eglise protestante unie.

Pour tous renseignements : 06 01 82 29 67

 


Les sociétés occidentales connaissent à la fois un fort recul des religions instituées et un recours jamais démenti à l’ésotérisme, aux nouvelles religiosités. Le religieux reflue autant qu’il afflue.

C’est dans ce contexte que se pose la question du rapport entre Evangile et religion, rapport hérité de la tradition protestante.

Dietrich Bonhoeffer, à la toute fin de son existence, confronté à la trahison quasi générale des Eglises dans leur soutien au régime nazi, s’interroge sur la fidélité à l’Evangile et sur l’indifférence religieuse de nombre de ses codétenus et concitoyens.

Que pouvons-nous comprendre des rapports entre Evangile et religion ? Qu’est-ce que le « religieux » ? N’est-ce pas le paganisme qui est par définition religieux ?

L’Evangile ne commande-t-il pas en conséquence de s’en défaire ? Est-ce possible ? Pourrait-on se satisfaire d’une conversion toujours à recommencer de la religion par et en vue de l’Evangile ?
Cela signifierait un renversement de la conception de Dieu. Et c’est bien ce vers quoi s’achemine les dernières lettres de Bonhoeffer. « Devant et avec Dieu, nous vivons sans Dieu. »


 

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DIMANCHE 9 OCTOBRE 2022 Luc 17-11-19 "Au détour du chemin : l'inattendu..."

8 Octobre 2022, 09:10am

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

Carcassonne / Narbonne

DIMANCHE 13 OCTOBRE 2013 / 9 OCTOBRE 2022

               LUC 17, 11 – 19

               " Au détour du chemin : l'inattendu..."

 

               (D’après Lire et Dire n° 40)

 

Introduction :

Je me suis demandée par quel bout j’allais prendre cette péricope, courte mais tellement riche. Comment dérouler le fil de cette histoire qui présente tant de déplacements qu’on ne sait par lequel commencer et toutes ces questions qui se bousculent dans ma tête...

Il y a ce flou géographico-religieux de la frontière Galilée-Samarie… il y le flou théologique de la leçon d’un récit biblique où  le seul qui obéit à l’injonction d’un rabbi juif et même en rajoute, c’est un samaritain…  et le flou scripturaire d’un vocabulaire tout en deuxième degré et double sens.  Quant au flou du succès très mitigé de Jésus : un sur dix seulement revient en glorifiant Dieu… « 10 % de résultat » nous dit le magazine « lire et dire »… c’est bien peu !

Et si nous rajoutions à mes questions les vôtres, demain nous serions encore en train d’en débattre. Alors, aujourd’hui, je vous rassure tout de suite, nous ferons simplement de ce texte une invitation à méditer l’inattendu de l’Evangile. Je vous propose donc, dans un premier temps, d’examiner le contexte général et immédiat de notre péricope et aussi le vocabulaire, puis dans un deuxième temps, de nous pencher sur ces lépreux et sur leur réaction à la guérison ; en cheminant ainsi, peut-être d’autres questions trouveront-elles leur réponse ? 

 

  1. Contexte et vocabulaire: Commençons par  le contexte, en nous souvenant que Luc a l’habitude de juxtaposer des textes qui font sens les uns avec les autres comme une espèce de charade à tiroirs : en ouvrir un c’est être amené à en ouvrir un autre, puis un autre et encore un… tiroir géographique qui ouvre celui du théologique, tiroir du statique qui conduit à celui du mouvement, tiroir du dire jusqu’à celui du voir, et même du faire notre péricope nous installe dans une espèce de permanence de l’inattendu…

- les quelques versets qui précèdent abordent le sujet d’une foi qui décoiffe, une foi qui pose question, un peu folle, déraisonnable ; elle est l’objet d’une supposition étonnante : avec elle, on pourrait déraciner un arbre et le planter dans la mer, pourquoi faire, je vous le demande ! Une réponse possible : la foi des disciples est un subtil mélange d’acceptation et d’incompréhension en osmose instable qui les tire plus vers le bas que vers le haut et Jésus veut faire de cet assemblage anesthésiant une solution énergisante.

 

Notre péricope, pourrait donc être un élément catalyseur, accélérateur pour la foi des disciples. La foi, à nouveau, ici, n’est pas celle à laquelle les disciples s’attendent, et pas davantage celle d’un des leurs.

 

Et en aval, le thème eschatologique se poursuit par la question des signes de la venue du Royaume. Là encore, une foi bousculée dans une attente d’un devenir à la fois certain mais qui ouvre toutes les portes de l’inconnu, ou plutôt du méconnu.

- Le contexte géographique, lui, est plus que flou : Jésus passe entre la Samarie et la Galilée… une région non juive et une région juive mais douteuse… entre la Samarie non-juive et la Galilée, considérée par les juifs pieux comme une zone juive de seconde catégorie, voilà une position dans un espace religieux incertain où Jésus fait une rencontre pour le moins problématique.  

- le contexte humain est, en effet, peu conventionnel : Jésus y est interpellé par des personnes hors normes, venues là comme dans un no man’s land, réfugiés à cheval sur les deux régions, comme s’ils étaient hors d’un territoire officiel, des hommes dont personne ne veut, des lépreux. La loi les cantonne dans un isolement qui ressemble à un isolement funéraire. Ils sont 10, et connaissant Luc, ce n’est pas par hasard. Dans le système religieux juif, 10 hommes forment le mynian : le minimum obligatoire et nécessaire pour une rencontre liturgique… eux, ils sont bien 10 mais forment un groupe coupé du tissu social et interdit de célébration. Mais en cas de guérison un rituel liturgique les rétablit dans la communauté. Et justement les voilà guéris, se dirigeant vers le temple, mais là, ils ne seront que 9 à l’arrivée. Pas de mynian, où alors, peut-être, ailleurs ?...

 – le contexte littéraire offre la panoplie habituelle du vocabulaire lucanien. Des mots à double sens : corporel et liturgique. Par exemple : « être guéri » peut aussi signifier « être purifié » ; « revenir sur ses pas » peut décrire non seulement un revirement sur un chemin, mais aussi une conversion ; « lève-toi » est-il un appel à se tenir debout ou à ressusciter ?

Des verbes de mouvement prennent une place importante dans le récit : ainsi la guérison devient une mise en marche… en marche pour faire quoi ? marche en avant ou retour en arrière ? marche pour aller où ? Une invitation à l’adresse d’hommes enfermés et prisonniers d’une situation apparemment sans issue qui va cependant les mettre en marche vers la guérison et le retour à la vie parmi leurs coreligionnaires. Encore un contexte qui déplace…

 

2) les  lépreux : Approchons maintenant ces lépreux de plus près. Nous l’avons vu, ils sont 10 et en appellent à Jésus. Des lépreux : marginaux dans tous  les sens du terme, des exclus, des morts-vivants, interdits de tout et surtout de s’approcher d’un rabbi, quel qu’il soit. Mais voilà, ce rabbi-là, aller à la marge géographique, sociale, humaine, religieuse, c’est sa vie, son engagement. Alors, il entend l’appel et leur parle. Contrairement à d’autres récits de guérison, il ne touche pas : il les voit et il leur dit… et la guérison survient hors de sa présence. Les lépreux, eux, sagement, suivent sans rien y rajouter, les instructions de Jésus : ils vont au temple, lieu incontournable de la foi juive, et ils feront constater leur guérison selon les normes de cette foi. Le samaritain serait-il le seul à avoir une foi grosse comme un grain de moutarde ? Il est le seul à revenir. Et Jésus s’emporte : « ne s’est-il trouvé que cet étranger pour venir donner gloire à Dieu ? » Pourtant les 9 autres n’ont fait que ce qu’il leur avait demandé. Pourquoi donc cette question ? La seule personne valorisée est celle qui n’a pas fait ce qu’il avait demandé. C’est à n’y rien comprendre ! Le samaritain était, qui plus est, la personne la plus improbable qu’un rabbi juif puisse guérir.

 

  1. que faire de ces informations multiples ? : Alors, de ces informations et de ces questions en vrac, qu’en faire ? Je vous propose 2 pistes. Vous en suivrez d’autres peut-être…

 

- première piste : celle d’un Jésus qui n’est pas là où on l’attend ; il est dans un lieu non localisable, inhospitalier, à la frontière de la marginalité, près de personnes considérées comme des parasites, des inutiles, voire des « dangereux » pour la communauté. Bob Ekblad[1], pasteur américain et membre de la fraternité des Veilleurs nous rappelle dans son livre « Lire la Bible avec  les exclus » que c’est en traversant les frontières élevées, d’une part, par nos communautés craintives et d’autre part, par les exclus eux-mêmes, qui se protègent comme ils peuvent face à nos propres barrières, parfois dans l’illégalité et la violence, que nous pouvons, nous aussi, trouver Jésus et en appeler à lui. Depuis des lieux qui nous semblent loin de notre confort habituel, de notre maison ou notre paroisse, des lieux qui paraissent désertiques pour notre vie ou notre foi, nous pouvons, comme les lépreux, obtenir une guérison inattendue qui nous ouvrira aux dons de Dieu, et à autrui. Encore faut-il se reconnaitre malade et demander la guérison !

 

- deuxième piste[2] : Le lépreux samaritain, en chemin pour aller « se faire voir » s’est regardé, il a vu, en lui, plus que la guérison du corps. Elle a été l’occasion d’une réflexion introspective qui l’a conduit à faire demi-tour pour dire à Jésus sa reconnaissance et rendre gloire à Dieu. Anne-Laure Swilling, docteur en sciences religieuses écrit : « les dix lépreux étaient tous semblables : même maladie, même salle d’attente, même espoir, même guérisseur, même traitement, même guérison.(…) tous malades, tous guéris, mais pour l’un d’eux, il se passe quelque chose de particulier, non pas un mérite spécial, mais ce qui le différencie des autres, c’est qu’il se voit guéri. (…) guérir le conduit à retourner et à nommer. La guérison est devenue la possibilité de faire jouer quelque chose en soi et par rapport à Dieu. (…) Le Samaritain n’est pas croyant mais c’est un « voyant ». Croire, c’est d’abord voir. Non pas attendre que quelque chose se donne à voir, mais chercher à voir ce qui est advenu, y trouver la possibilité de changer quelque chose en soi et par rapport à Dieu »[3]

 

Conclusion :

Aller à la rencontre de ceux qui vivent dans tous les no’mans land de notre société, avec l’ardent désir d’y rencontrer Celui qui y a planté sa tente et avec eux, nous y trouver aussi, comme eux, malades et suppliant : « Jésus, maître, aie compassion de nous ». Voilà le cheminement auquel nous invite notre péricope.

 

Ecoutez, en conclusion, cette exhortation : « dans le Talmud, Rabi Josué ben Lévi demande à  Elie où se trouve le Messie. Ce dernier répond qu’il est aux portes de Rome. A quoi le reconnaitrai-je, interroge le sage. Il se tient au milieu des miséreux atteints de toutes sortes de plaies, répond le prophète.

Rabbi Josué va donc à Rome pour rencontrer le Messie et l’interroger : quand viendras-tu ? Le Messie répond : Aujourd'hui. Rabbi Josué rentre chez lui et dit à Elie que le Messie lui a menti puisqu’il a affirmé qu’il viendrait le jour même et qu’il n’est pas venu. Elie répond : il a voulu dire : « aujourd'hui, si vous écoutez ma voix »… Le Messie vient chaque fois qu’un homme écoute la Torah et l’accueille comme une parole qui lui est intimement adressée. »[4] Amen.

 

[1] Bob Ekbkad Lire ka Bible avec les exclus edition Olivétan

[2] Voir Lire et Dire n° 40

[3] Lire et dire n° 40 page 36

[4] Antoine Nouis « L’aujourd'hui de l’Evangile » page 400

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Dimanche 2 octobre 2022 : Habaquq 1,2-3; 2, 1-4

2 Octobre 2022, 13:36pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

Narbonne 2 octobre 2022

Habacuc 1, 2-3 et 2, 1-4

Pasteur Philippe Perrenoud

 

Tout passage biblique a une actualité, nous parle pour aujourd'hui. Cela est plus ou moins évident d’un texte à l'autre. Celui d’aujourd'hui est marquant, tant nous pouvons facilement penser à certains événements de l'actualité (chacun peut y penser en lui-même ; pas besoin de donner beaucoup d'exemples...)

Mais il faut aussi toujours se garder de faire des rapprochements trop rapides… pour ne pas faire parler la Bible à notre place ; ou y trouver des réponses rapides, trop rapides, à nos questions... même légitimes... comme celles d'Habaquq ici, ou ailleurs dans la Bible, dans la Bible en particulier...

De quoi s’agit-il dans ce passage ??

Nous ne savons pas bien qui est Habaquq. Par contre, nous connaissons un peu le contexte dans lequel il se trouvait : un jeu de grandes puissances et de cruautés des hommes. Bref... comme nous pouvons le penser et/ou l'entendre : « rien de nouveau sous le soleil » ou « Voilà que tout recommence » ?

Comme nous le vivons dans notre vie d’Église, je crois, je pense, et comme la Bible l’est elle-même : ce passage est un dialogue : le prophète dit au Seigneur ce qu'il a sur le cœur. Il lui dit d’abord sa révolte devant les événements qui l'entourent. C'est peut-être (sans doute) en cela qu'on peut se sentir si proche de ce passage… pour le meilleur (parce que ça ns aide à l'exprimer) et pour le pire (parce que ça peut finir par être décourageant… Nous pouvons aussi entendre « ça ne finira jamais...», etc.)

On peut en effet toujours se plaindre du monde ; et il y a de quoi s'en plaindre… C'est d'ailleurs souvent en période de malheurs que des gens se tournent vers ''Dieu''… et même que les Églises se remplissent.

Alors justement, comment fonctionne ce petit dialogue ? Comment fonctionne ici notre foi ? Comment pouvons-ns fonctionner avec tout cela ??

Il faut alors bien remarquer la façon dont Habaquq s'adresse au Seigneur : un cri de révolte, d'incompréhension ; y compris face au Seigneur lui-même … trouver cela dans la Bible elle-même peut paraître étonnant. Il est pourtant normal de lui crier notre indignation, notre mécontentement, nos révoltes. Nous avons le droit de chercher ; et même d'exprimer notre colère, même tous nos reproches ; c'est souvent une surprise de la part des gens de concevoir cela dans notre foi. Ici, Habaquq commence même ainsi ; et il ne dit même pas « si tu existes, fais quelque chose »...

C’est parce que notre Seigneur n’est pas un Potentat, ou autre, que nous pouvons lui dire notre amertume ; parce que nous ne sommes pas non plus dans une religiosité, une magie coupée du monde. Nous pouvons, et devons même dire cela.

Nous pouvons aussi souvent entendre « si Dieu existait, il n’y aurait pas tout cela »... On lui impute alors toutes sortes de choses…

 

Il est alors particulièrement important de chercher, et de trouver une issue : cela passe, dans ce texte comme dans tant d'autres, par une interpellation de Dieu lui-même !...

Dans ce dialogue, il répond de différentes façons. Il donne une 1ère réponse (sans se justifier pour autant). Est-ce vraiment une Bonne Nouvelle ?… Il semble en effet dire : « tu as raison de prier, de crier même, continue ; cela ne va pas s'arrêter ». S’il n'y avait que cette réponse, nous ne serions guère avancés... Si une prédication (qui est annonce de la Bonne Nouvelle) se mettait à annoncer de nouvelles catastrophes, qu'en penserions-nous ? Loin de tout rejeter d'emblée (ce qui peut aussi être une solution de facilité), Habaquq commence par prier !

 

Dans un 2ème épisode du dialogue, il interpelle de nouveau le Seigneur ; mais pas seulement en l'air, en général : il l'interpelle sur ce qu'il est, sur ce qu'il a fait ; et donc ce qu'il pourrait/devrait continuer : il dit par exemple au Seigneur, qui avait libéré son peuple, pourquoi acceptes-tu le spectacle de l'oppression. Il le prend en quelque sorte au mot. Il ne l’appelle pas comme un « bouche-trou », mais selon un projet ! C'est bien différent ! Cela change tout !

 

Nous arrivons alors à la 2ème partie de notre lecture : il y a cette confiance retrouvée ; mais pour cela il a d'abord fallu crier et prier.

Il reçoit alors une Promesse. Non pas comme quelque chose pour faire patienter, pendant que rien ne change... C'est à la fois une promesse, et la persévérance qui va avec : une perspective...

Au début de notre passage, la violence semble sans fin ; maintenant, il perçoit qu'elle n'est, comme toute ''œuvre'' humaine, jamais éternelle.

Cette promesse change déjà celui qui la reçoit : là est sans doute le plus important : Habaquq, de révolté, pour ne pas dire : de râleur, évolue dans son dialogue.

Rien de bien magique : s'il le fait, c'est parce qu'il sait :

  • que le Mal qui l'entoure, même s'il semble être aujourd'hui le plus fort, n'aura pas toujours le dernier mot ;
  • que la force n'est pas toujours la plus forte !! Qu'elle n'est pas la solution à tout ; que si l'un est plein d'orgueil et ignore la droiture, un juste vit par sa fidélité.

Il répond, en employant une comparaison : comme un veilleur il tiendra bon à son poste de garde ; qu'il restera debout, qu'il répondra lui aussi à son rappel à l’ordre. C'est-à-dire qu'il prendra un rôle actif : il n'est plus celui qui dit que « ça devrait être comme ceci ou comme cela, ou yaka, yfodrai, yzonka, etc…» Il prend aussi sa part. Il n'attend pas des solutions toutes cuites ; il a les pieds sur terre. Il met en œuvre une présence de Dieu auprès de chacun d'entre nous !

Habaquq devient un homme debout ; il n'est pas seulement un râleur : après avoir (légitimement !) crié sa révolte, il se nourrit de la confiance et la justice que ce dialogue lui a donné.

 

La fidélité de notre Seigneur, c'est aussi de nous vouloir debout…

Amen !

 

 

 

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dimanche 25 septembre 2022 textes liturgiques

24 Septembre 2022, 20:11pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

DIMANCHE 25 septembre 2022 NARBONNE

 

Prédicatrice : Joëlle Alméras

 

Luc 16, 1 – 13

 

«mais c’est le monde à l’envers !!! »

 

PROCLAMATION DE LA GRACE DE DIEU ET ACCUEIL

 

La grâce et la paix vous sont donnés de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Sauveur.

Le Premier et le Nouveau Testament

Ne nous exhortent pas seulement

À accueillir des étrangers qui deviennent

De précieux cadeaux pour leurs hôtes.

Lorsqu’Abraham accueille trois hommes de passage

Aux chênes de MAmré

Et leur offre de l’eau, du pain et un repas,

Ces étrangers se transforment en anges du Seigneur

Qui annoncent que Sara, sa femme, va donner naissance à un fils.

Lorsque la veuve de Sarepta offre un repas

Et un abri à Elie au jour de la famine,

Celui-ci se révèle être un homme de Dieu

Qui multiplie l’huile et la farine

Et qui relève son fils d’entre les morts.

Lorsque les deux pèlerins d’Emmaüs invitent l’étranger,

Qui les a rejoints sur leur route,

À rester avec eux pour la nuit,

Il se laisse reconnaitre comme Seigneur et Sauveur

Dans la fraction du pain.

Dans chacun de ces exemples

La distinction entre hôte et invité est bouleversée.

C’est l’invité qui offre, c’est l’hôte qui reçoit.

 

Je vous invite à la prière :

Comme Abraham, la veuve ou les pèlerins

Nous accueillons ta présence.

A Mamré, tu as été ange,

Tu as annoncé la naissance là où il n’y avait plus d’espérance.

A Sarepta, tu as été vie,

Tu as multiplié l’huile et la faine là où sévissait la famine.

A Emmaüs, tu étais le ressuscité,

Tu as rendu la vue quand la foi avait disparu.

Aujourd'hui, dans ce temple, qui vas-tu être ?

Seras-tu parole de vie ?

Seras-tu parole de grâce ?

Seras-tu parole de pardon ?

Seras-tu parole d’espérance ?

Nous t’attendons, Seigneur,

Nous t’accueillons.

Viens ![1] Amen.

 

1 / arc 214 « Seigneur, nous arrivons » les 3 strophes

 

LOUANGE

 

Louons Dieu.

Le jour s’est levé…

Seigneur,

Magnifiques Tes œuvres sur toute la Terre,

Magnifique Ton nom dans tous les temps,

Magnifique Ta grâce en tout lieu…

Bénis sois-Tu !

Vivante Ta lumière, signe de Ta résurrection,

Vivante Ta parole, répétition de Ton amour,

Vivante Ton alliance, élan d’espérance…

Bénis sois-Tu !

Généreuse Ta manne, nourriture quotidienne,

Généreux Ton pardon, signe de Ta fidélité,

Généreuse ta paix, secours dans nos drames…

Béni sois-Tu ![2].

 

2 ) arc 247 « célébrons le Seigneur » les 3 strophes

 

VOLONTE DE DIEU

 

Écoutons le projet que Dieu a fait et qu’Il nous invite à partager :

Avec l’aide de l’Esprit qui donne aux mots leur vie,

Avec l’aide de l’Esprit qui libère de la lettre,

Avec l’aide de l’Esprit qui fait passer de l’exhortation aux actes,

Avec l’aide de l’Esprit qui transcende nos gestes en paraboles vivantes.

SERVIR !

Nos prochains en les rencontrant,

Celles et ceux que Dieu place sur notre route,

En leur tendant la main,

En leur accordant notre écoute,

En partageant notre vie avec leur vie,

En osant la parole et le geste de soutien…

SERVIR !

Et reconnaitre là l’humble mission confiée,

Et assumer là le témoignage nécessaire,

Et discerner là les signes du Royaume…

SERVIR !

En chantant la louange du Seigneur,

En proclamant Son nom

Du levant au couchant,

Et voir ce qui est faiblesse debout,

Et voir ce qui est pauvreté se relever,

Et voir ce qui est stérile entouré de vie,

SERVIR !

Servez le Seigneur vous Ses fidèles,

Chantez Sa louange,

Dès maintenant et pour toujours ![3]

 

3 ) Spontané formule 3 arc 318 « toi qui es lumière »

 

 

 

 

PRIERE DE REPENTANCE

 

Nous nous présentons devant Dieu,

Pécheurs à la recherche de son pardon et de sa grâce.

 

Père,

Tu es mon espérance, mon espoir dans la vie.

Quand je regarde en arrière,

Quand je fais le compte de mes jours,

Je mesure à quel point

Tu es important pour moi.

Tu as toujours été là,

Dans les moments difficiles

Comme dans les moments de joie.

Père,

Quand je fais le compte de mes jours,

Je réalise à quel point

Je suis tenté de chercher ailleurs qu’en toi

Le source de mon espoir.

Il est si tentant de se fier dans les projets de ce monde,

Dans les rêves de réussite,

Dans l’affection de mes proches.

Père, je sais que dans l’avenir

Je traverserai encore de nombreuses épreuves.

Je te supplie alors

D’être le Seigneur en qui j’espère.

Même si je suis tenté de lâcher ta main ;

Je t’en prie ne lâche pas la mienne.[4]

 

3 ) Spontané formule 3 arc 526 « Jésus  est au milieu de nous »

 

 

 

 

DECLARATION DU PARDON

 

Dans la reconnaissance et la paix de notre cœur, écoutons les paroles de grâce et de pardon de la part du Seigneur :

 

Aujourd'hui Dieu entend ta prière,

Il connait ton désir,

Il voit ta repentance.

 

Aujourd'hui Dieu n’est pas avare de sa miséricorde,

Il la donne à tous ceux qui se tournent vers lui.

 

Aujourd'hui, Dieu fait grâce,

Il te renouvelle son amitié,

Il prend ta main dans la sienne,

Il t’offre son pardon.[5]

 

5 ) Spontané formule 3 arc 405 « toi qui m’appelles »

 

PRIERE D’INVOCATION

 

Freud raconte une histoire :

« Un enfant a peur du noir.

Il s’adresse à sa tante qui est dans la pièce d’à-côté :

-Parle-moi, car j’ai peur.

La tante répond :

A quoi cela te servirait-il, puisque tu ne me vois pas ?

Alors l’enfant dit :

Il fait plus clair lorsque quelqu’un parle ».

 

Je vous invite à la prière :

 

Seigneur, notre monde est dans la nuit.

La nuit de la violence, de la guerre, de l’injustice.

La nuit de la faim et du froid.

La nuit de la peur et de la solitude.

Notre monde ressemble trop souvent

À une nuit glaciale et silencieuse.

Parle Seigneur, pour que brille ta lumière.

Que ta Parole habite nos silences !

Que ta lumière éclaire nos ténèbres !

Que ta paix triomphe de nos errances !

Que ta justice renouvelle notre terre !

Amen ![6]

 

Lectures :

 

Luc 16, 1 – 13

 

« mais c’est le monde à l’envers ! »

pas de chant entre lecture et prédication

 

PREDICATION

 

[1] Antoine Nouis La galette et la cruche t. 1 p. 23 – 25

[2] Olivier Filhol

[3] Olivier Filhol

[4]Pierre Yves Zwahlen prières pour les jours d’hiver p.20

[5] Antoine Nouis La galette et la cruche tome 2 p. 82

[6] Antoine Nouis La galette et la cruche tome 2 p. 138

APRES LA PREDICATION

 

 

Pause musicale : Faure Requiem « in paradisum »

 

7 ) arc 534 « Seigneur fais de nous » les strophes 1, 2, 5 et 6

 

 

CONFESSION DE FOI

 

Nous confessons notre foi :

 

Dieu est amour.

Par amour Dieu, notre Père, a créé le monde.

Son fils, Jésus Christ, est mort, est ressuscité

Pour que l’amour naisse au cœur de tous les hommes.

Son esprit nous rend responsables et libres pour vivre de cet Amour.

Nous croyons que Dieu nous appelle aujourd'hui comme chaque jour

À répondre à son amour :

Dans l'Église, comme artisans de vérité et de pardon ;

Parmi nos contemporains,

Comme artisans de justice et de paix ;

Dans son Royaume qui vient, où l’Amour éclaire toute chose.

Dieu est amour.

C’est ce que nous croyons.

Amen.[1]

 

8 ) Spontané formule 3 arc 822 « louange à Dieu »

 

ANNONCES / OFFRANDE

 

 

 

 

 

 

 

 

PRIERE D’INTERCESSION

 

Unissons-nous dans la prière d’intercession avec l’ACAT :

 

Seigneur, toi qui es notre Dieu et notre Père,

          en Jésus-Christ tu es venu habiter notre terre.

 

Dans l’Evangile, nous lisons que

tu as guéri le paralysé qui était porté par quatre amis ;

          nous te prions pour ceux qui sont malades et alités,

          ceux qui ont peur de l’avenir, dont l’espérance est blessée.

 

Tu as touché le lépreux qui criait son exclusion ;

          nous te prions pour ceux qui se sentent abandonnés,

          qui ont le sentiment qu’il n’y a pas de place pour eux

                  dans notre société.

 

Tu es allée à la rencontre de Marthe et de Marie dans leur deuil :

          nous te prions pour ceux qui ont perdu un être aimé,

          qui se battent contre le vertige du silence et de l’absence.

 

Tu as parlé à la veuve de Naïn qui avait perdu son fils unique ;

          nous te prions pour ceux qui sont seuls,

          qui n’ont personne avec qui partager leurs joies, leurs peines,

                  leurs rires et leurs questions.

 

Tu as été adopté par Joseph,

tu as donné du souci à tes parents,

tu as confié Marie à ton disciple ;

          nous te prions pour les familles,

          qu’elles soient des espaces de parole et de vie,

          des refuges où chacun se découvre inconditionnellement aimé.

 

Tu as lavé les pieds des disciples rassemblés pour ton dernier repas ;

          nous te prions pour ceux qui se mettent au service des autres,

          qui ont le courage de s’agenouiller devant le prochain.

 

Tu as multiplié les pains pour la foule venue t’écouter ;

          nous te prions pour ceux qui luttent contre la faim,

          qui réparent, qui soignent et qui tendent la main.

 

Tu as pardonné aux soldats qui te crucifiaient ;

          nous te prions pour ceux qui œuvrent pour la réconciliation ;

          qui lancent des passerelles et qui osent le pardon.

 

Tu as dit à tes apôtres que c’est à l’amour

qu’ils auront les uns pour les autres

qu’ils seront reconnus comme disciples ;

          nous te prions pour ton Eglise

          et pour tous ceux qui te suivent,

          que l’amour soit la motivation de toutes nos actions.[2]

 

Nous te prions maintenant comme ton Fils nous l’a enseigné ;

Notre Père qui es aux cieux,

Que ton nom soit sanctifié,

Que ton règne vienne,

Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous, aujourd’hui, notre pain de ce jour ;

Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés,

Ne nous laisse pas entrer en tentation,

Mais délivre-nous du mal,

Car c’est à toi qu’appartiennent

Le règne, la puissance et la gloire

Pour les siècles des siècles. Amen.

 

-ENVOI

 

Notre cheminement est toujours porté par une promesse :

La rencontre avec Dieu, qui donne sens à nos vies.

 

Cette rencontre se fait

Dans le tissage de paroles humaines

Qui disent un peu qui est Dieu ;

Dans tous les visages d’hommes et de femmes

En qui nous reconnaissons un frère et une sœur en Christ ;

Dans tous les mots de la Bible

Qui disent l’amour de Dieu pour notre monde.

 

Allons, remettons-nous en route sur les chemins de nos vies.

 

BENEDICTION

 

Au Moyen-âge, un prêtre nommé Patrick a arpenté l’Irlande

Pour évangéliser ses habitants. Il affirmait : 

« 

J’avance sur ma route avec la force de Dieu pour appui,

La puissance de Dieu pour me protéger,

La sagesse de Dieu pour me guider »

 

Qu’aujourd'hui et demain l’Evangile soit votre bâton de pèlerin,

Que l’amour de Dieu soit le manteau qui vous réchauffe.

Que sa Parole soit l’étoile qui vous guide.

Que l’amour du prochain soit la force qui vous meut.

Et que la grâce de Dieu vous garde sur votre chemin »[3]

 

9) ne rentrez pas chez vous comme avant

 

 

[1] Liturgie bleue p. 296

[2] Liturgie bleue p.391

[3] Nicolas Baud « au commencement » page 92

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dimanche 25 septembre 2022 : Luc 16,1-13 "mais c'est le monde à l'envers !!!"

24 Septembre 2022, 20:08pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

NARBONNE 25 SEPTEMBRE 2022

 

LUC  16, 1 – 13

 

 «mais c’est le monde à l’envers !!!»

 

Introduction : « faites vous des amis avec des richesses injustes »… en voilà un conseil curieux, je dirais même déconcertant. Jésus raconte qu’un homme avait la sulfureuse réputation d’être un voleur invétéré, et quand il est démasqué et mis au pied du mur, il se la joue grand Seigneur en faisant des prodigalités avec les biens de son patron. Et Jésus le donne en exemple ! C’est le monde à l’envers !

C’est oublier pourquoi Jésus parle en paraboles. Le professeur Elian Cuvillier fait ce commentaire, je cite : « En partant d’un univers commun et connu de tous, elles ont la capacité d’ouvrir à une nouvelle compréhension possible de la réalité, laquelle suppose un nouveau regard sur soi même rendu possible par l’irruption d’une parole extérieure à la logique de ce monde. (…) Cette nouvelle compréhension résonne à la fois comme remise en question de la réalité sociale des auditeurs mais aussi comme une ouverture possible dans un monde verrouillé »[1]. (fin de citation)[2]

Nous commencerons par une remarque de vocabulaire. Puis poserons l’histoire dans son contexte historique pour l’aborder confortablement. Et nous tenterons, pour terminer, de dérouler le fil de cette pelote bizarrement ficelée pour profiter, nous aussi, de son enseignement.

 

) vocabulaire et contexte :

- il est d’abord utile, me semble-til, de nous pencher sur un même mot traduit de façons quasiment diamétralement opposées dans nos diverses traductions : c’est le mot grec : « phronimos », l’adjectif associé au mot « gérant » (ou intendant). Parfois traduit par : « infidèle », ce qui, évidemment semble une vérité de La Palisse dans cette histoire de malversation. Cependant, dans la mesure où nous le retrouvons dans la péricope sur l’homme qui construit sa maison sur le roc et qui est « phronimos », il me semble qu’il serait plus proche du grec de traduire par « avisé », « sage », « prévoyant »…

Seulement que faire de cet escroc que son maitre, parfaitement au courant des habitudes véreuses de son employé, qualifie de «phronimos »? Comment pourrait-il être sage ou avisé ?

 

2 ) le monde où vivait Jésus  : dans le monde où vivait Jésus[3] (mais nous pourrions dire que c’est dans tous les mondes, et même dans le nôtre), faire des affaires c’était gagner le plus d’argent ou de biens possibles avec une mise de départ minimum. La classe riche avait à sa botte une légion d’administrateurs qui géraient au mieux les biens de leurs maitres et, au passage, par le biais de grassouillets prélèvements, complémentaires au prix fixé par le maitre, s’enrichissaient aussi. Il faut dire qu’ils n’étaient pas salariés et se rémunéraient en fonction de leurs propres critères sur le dos des partenaires de leur patron. La pratique était courante dans de nombreux autres domaines que le commerce : la mauvaise réputation des percepteurs d’impôt, de Zachée par exemple, prenait sa source dans les suppléments à l’impôt fixé par les romains, suppléments qu’il s’octroyait copieusement.

Le gérant de notre parabole n’est donc pas une exception, loin de là, sauf qu’il ne se contentait pas de siffler des bakchich aux partenaires de son maitre, il piochait aussi sans complexe dans la caisse si l’on peut l’exprimer ainsi. Il se gavait des deux côtés sans aucun scrupule.

Mais le voilà pris la main dans le sac du patron et ce dernier décide de le renvoyer, en lui laissant, c’est assez étonnant, une espèce de préavis dont le gérant «phronimos », je veux dire, avisé, va profiter avec habileté : il rogne sur les dus des débiteurs : « 100 tonneaux d’huile fondent pour devenir 50, 100 sacs de grains deviennent 80… » « Ouf, ouf » doivent penser intérieurement les débiteurs. Ils n’y comprennent rien mais c’est bon à prendre, alors… et puis, si un jour s’ils peuvent lui c’est faire un retour d’ascenseur… (je sais, y en avait pas à l’époque, mais l’idée c’est une espèce d’effet boomerang de cette générosité prodigue et inattendue. Et voilà que le maitre, apprenant ce qu’il fait, le félicite !  Peu importe que le gérant ait rogné sur ses propres marges ou agrandit le trou dans la caisse du patron. C’est quoi ce binz ?

L’essentiel, pour moi, c’est que cette histoire se trouve dans la bouche de Jésus et que c’est à ses disciples, exclusivement, qu’il la raconte. Quelle leçon veut-il donc leur apprendre ?

 

3 ) c’est quoi ce binz ?: Certes l’argent, dans notre monde, obéit à des lois économiques, telle que la loi de l’offre et de la demande, les lois du sacro-saint Marché qui sont autant d’obligations incontournables si l’on veut gagner gros, thésauriser, économiser, rentrer dans nos fonds avec un beau bénéfice, bref, s’ en mettre plein les poches.

Mais l’Évangile est tout sauf raisonnable : « il nous rappelle que l’Argent devient vite un dieu si on se laisse envahir en lui donnant trop d’importance, si l’on croit qu’il faut vivre uniquement en fonction du réalisme qu’il impose.

Jésus enseigne que l’argent devient vite un maitre impitoyable [qui peut entrainer notre perte. C’est la pente sur laquelle a glissé de plus en plus loin le gérant.] Jésus, lui, nous invite à utiliser l’argent non comme une idole mais comme un outil, un moyen par lequel nous pouvons nous faire des amis. Ce n’est pas conforme à la loi de Mammon, qui exige la rentabilité à outrance et le profit maximum, qui exalte l’égoïsme et l’intérêt personnel.

Lui nous encourage à faire un usage subversif de l’argent (…) où la solidarité, la réduction des dettes, le pardon sont pratiqués comme des actes libérateurs et vécus en fonction de la grâce. Ce type de relations subversives [aux yeux de nos contemporains], nous introduit dans un monde riche d’avenir où nous sommes accueillis dans des demeures éternelles[4]. »

Là, nous sommes en plein déplacement dans notre accueil des paroles de Jésus. Nous allons parler de richesses différentes pour lesquelles l’enseignement de Jésus est tout aussi applicable. Les richesses injustes, deviennent alors celles que le Seigneur, notre Maitre, nous confie : sa grâce, son pardon, son amour, richesses dont nous bénéficions sans avoir rien fait pour les recevoir. Nous pourrions les garder pour nous, même nous en gaver, en faire des provisions personnelles, thésauriser pour le dire avec un vocabulaire mammonique… Leur mauvais usage, ce serait d’en profiter un max : « puisque nous sommes pardonnés, de toute façon, profitons, profitons… » sans rien en distribuer. Dieu nous a aimés le premier et alors que nous étions encore pécheur, Christ est mort pour nous. Richesses non méritées, non gagnées, et souvent même pas demandées. Dans cette perspective, les « richesses injustes » pourraient être les grâces que nous ne méritons pas.

Un pasteur écrit : « Chacun peut dire les chances qu’il a dans sa vie et que tous n’ont pas. Qu’en faire ? Uniquement en profiter est un peu juste, plus intelligemment, on peut se faire des amis c'est-à-dire convertir ces chances en qualité de relations, en amour. (…) Le serviteur était un gredin, mais il a eu la qualité de comprendre que la seule vraie richesse qui dure, et qui peut nous soutenir dans les difficultés, c’est l’amitié, la relation[5]. »

Et dire que Jésus porte sur nous le même regard que sur ce gredin de gérant. Il « cherche ce qu’il y a de positif dans l’attitude du gérant, aussi honteuse soit elle. « Cela ne transforme pas une injustice en quelque chose à imiter, mais cela donne la capacité de regarder la vie, toute la vie en face, avec une juste compréhension entre le pire et le meilleur et du lien qu’il y a entre les deux. Car le pire et le meilleur, le Bien et le Mal sont reliés entre eux point par point, et ils sont appelés à se rencontrer et le bien est appelé à remplacer le mal [6]».

 

Conclusion : En conclusion, après avoir entendu comment l’argent peut devenir un partenaire efficace qui nous ouvre à autrui et cesser d’être une idole qui nous enferme sur notre propre égo, comment aussi les richesses injuste, telles que la grâce et le pardon, dont nous sommes les bénéficiaires peuvent élargir notre humanité, écoutons l’histoire que raconte Antoine Nouis.

« Dans le sermon sur la montagne, Jésus disait : ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les vers et la rouille détruisent et où les voleurs fracturent pour voler. Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel, là où ni vers ni rouilles ne détruisent et où les voleurs ne fracturent ni ne volent ».

L’histoire suivant est un commentaire de cet aphorisme.

Un roi avait pris comme ministre des finances un juif. Comme celui-ci connaissait une grande réussite dans le travail, il était jalousé et des propos antisémites circulaient à son sujet. Des conseillers sont allés voir le roi pour lui raconter que le ministre s’enrichissait avec l’argent du Royaume.

Le roi a demandé à son ministre de lui faire le compte de sa fortune personnelle. Trois jours plus tard, le ministre se présente devant le roi et lui indique une somme pas très élevée.

Le roi lui dit : « Tu te moques de moi, ta maison à elle seule vaut plus que l’argent que tu annonces, et je sais que tu as d’autres biens. » Le ministre répond : « La somme que je t’ai indiquée représente tout ce que j’ai donné aux œuvres, pour la charité et la justice, depuis que je suis ministre, car cela seul m’appartient. Tous mes autres biens, tu peux me les confisquer demain et je ne les aurai plus, mais personne ne peut me prendre ce que j’ai déjà donné. Ce sont là mes seules vraies richesses ».

Amen !

 

 

 

 

[1] Elian Cuvillier Les fausses évidences des paraboles de Jésus

[2] Par ailleurs, nous pourrions invoquer pour justifier la place de la parabole dans l’Évangile  de Luc, ce que les théologiens appellent : l’argument d’embaras » :

lorsqu’un passage est maintenu alors qu’il pose problème, à cause d’un risque d’interprétation préjudiciable, c’est un critère favorable à une authenticité ancienne, même si la parabole d’origine, en supposant qu’elle ait été racontée par Jésus, ait pu se trouver modifiée.[2]

 

[3] Collectif Le monde où vivait Jésus » éditions du Cerf

[4] Lire et dire

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dimanche 11 septembre : exode 32, 7 - 14

15 Septembre 2022, 08:58am

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

Narbonne 11 septembre 22

Exode 32, 7-14

 

Pasteur Philippe Perrenoud

 

 

        Cette histoire de Moïse peut paraître lointaine, et pourtant si proche…

        L’histoire d’un groupe de gens dans des contrées lointaines il y a si longtemps, en route pour un projet de libération, et de liberté ; mais vite remplis de peurs et dans l’oubli de ce qui les mis en route, parce que des solutions de facilités viennent vite remplir le vide apparent, rassurer à bon compte…

        De cette peur et de cet oubli d’un côté (le peuple), naissent alors de l’autre côté (chez le Seigneur, puis Moïse) : le désespoir, et la colère, des sentiments épidermiques qui amènent à la tentation de la violence… comment y résister ? Et comment résister aussi à ce qui n’est pas acceptable, ne pas tout accepter par fausse bonté ?

        Difficiles questions, auxquelles il n’existe pas de réponses toutes faites. Comme dans toute relation, une solution toute faite est justement si souvent une fausse solution…

 

C’est justement ce qui se passe dans ce récit : les gens ne voient plus Moïse, ils ne sont donc pas rassurés ; et par peur du vide, juste avant les versets que ns venons d'écouter, ils créent quelque chose de palpable qui les guiderait… le fameux veau d'or.

 

        Cela pourrait sembler bien… guidé par Aaron le peuple suit, travaille ensemble ; ils semblent tous d’accord… avec des chants et des cris de joies, pour un projet, avec un travail artistique, des sacrifices de paix (nous dit le texte lui-même), des réjouissances (religieuses de surcroît) du peuple… Quoi de plus beau ?... Je vous conseillerais le détour…

        Que les apparences peuvent être trompeuses… Puisque pendant ce temps Moïse dialogue avec le Seigneur.

        Premier constat, donc : sous de belles apparences peuvent se cacher des choses bien trompeuses… Si nous devions choisir entre l’austérité de la rencontre au sommet : un seul homme, qu’on ne voit pas, et la réjouissance populaire, où irions-nous, que serions-nous tenté de rejoindre ? Et pourtant : des situations injustes, vecteurs de nouvelle servitudes peuvent se cacher ainsi ; et donc des germes de réactions violentes…

        Ainsi, après une libération, acquise après tant de difficultés, voir le peuple se laisser prendre par un nouveau totalitarisme, idolâtre : il y a de quoi avoir un coup de sang…

        Car dès que Moïse s’absente trop longtemps, le peuple comme pris de panique réclame de nouveaux dieux… A peine libéré, il veut célébrer le présent avec des dieux du passé, et faire comme les autres. Il s’est fait un veau d’or, comme les taureaux de l’ancienne Égypte, symbole de force et de fécondité.

        Ne sommes pas ainsi, aussi… parfois… ? Notre monde actuel ne se berce-t-il pas trop souvent d’illusions (dangereuses) en cherchant des solutions de confort ou de sécurité à court terme, rassurantes, mais au prix de la Justice et de la liberté, seules conditions d’une paix véritable, et donc d’une vie durable…

        Le peuple d’Israël, en route vers la terre promise, pourtant bientôt entouré de réels dangers extérieurs laisse donc le plus grand danger venir : la perte des valeurs qu’il a reçu et qui lui ont permis de venir jusque là. Il cherche une sécurité illusoire dans les idoles du passé, dont les valeurs rassurantes sont l’or et la puissance.

Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob assiste au spectacle. Monte alors en lui la colère ; et il s’adresse à son serviteur Moïse. Tant de chemin aurait été parcouru pour en arriver là ?

        Moïse semble bien seul ; doublement seul : à la fois en tant que « porte-parole » de la justice de Dieu, et que simple humain, membre malgré tout de ce peuple… Il est alors un trait d’union entre 2 mondes, médiateur : un vrai « religieux », comme une origine du mot religion : « relier » !

        Pris par sa colère, le Seigneur dit à Moïse : ton peuple … Un peu comme quand, dans une dispute, un des parents dit à l’autre « tu as vu ton enfant !»… alors que c’est aussi… le sien… Il semble oublier que c’est aussi le sien…

        Ce détail ne semble pas échapper à Moïse. Mais il ne réagit pas comme nous le ferions facilement, en renvoyant simplement la balle ; par exemple « mais c’est aussi le tien ! C’est toi qui… etc… ». Bref répondre à un reproche par un autre reproche : c’est le début du cycle de la violence… avec un de ses ressorts principaux : on se met/on croit se mettre en dehors du coup.

        Ici, Moïse ne se met pas en dehors du coup ; bien plus : il se solidarise avec le peuple… Chapeau Moïse ! Tu es un vrai prophète : c'est-à-dire, comme le signifie ce mot : « mettre devant ». Bien plus, il est même ici un prophète pour le Seigneur lui-même !... Non seulement médiateur, mais il se permet même de mettre le Seigneur devant ce qu’il est… Il fait miroir.

        Le problème n’est pas seulement à cause de l’autre, dans ce cas et comme si souvent ailleurs… ça peut être aussi mes propres valeurs : ce que j’oublie, ce qui me constitue et que je ne mets pas en œuvre… La menace la plus sournoise n’est pas toujours l’autre, mais souvent en soi-même… dans nos valeurs, nos relations, notre foi… ce qui fait notre foi… et dont j'oublie la vrai force...

        Ce n’est pas parce que les hommes cèdent déjà/vite à la tentation de la facilité, à la tentation du pouvoir, à la facilité du pouvoir, que Dieu devrait faire de même… Moïse lui répond sur le terrain de la Justice, seule solution durable. A la tentation de la violence pour se soulager, Moïse propose (au nom de la promesse du Seigneur lui-même…) une autre solution !

        Pas besoin de revenir longtemps sur l’actualité : il y a suffisamment de situations auxquelles nous pouvons penser… en particulier en ce 11 septembre, et ses suites...

        Aucune violence aveugle ne peut se réclamer de Dieu ; aucune vengeance ni rejets non plus...

        Vient alors, plutôt que des réactions primaires (primaires, mais que nous avons tous…), vient alors le regard sur soi-même, la réflexion, la prise de recul. Ouf !

        Moïse ouvre en effet, à nouveau, un chemin. Il parle, dialogue, plaide la cause de son peuple. Il ne justifie en rien la faute : il en appelle simplement à la vie. Il ne s’appuie pas sur les mérites qui pourraient rester dans ce peuple. Moïse s’appuie uniquement sur le Seigneur lui-même, sur sa fidélité, sur ce qu’il est lui-même.

        Et il faut croire que c’est possible, puisque du haut de sa montagne, le Seigneur change d’avis : il renonce à la violence.

        Formidable présentation de Dieu : il est aussi celui qui sait changer d’avis ; il n’est vraiment pas une statue… encore moins une règle… mais un Sauveur !

        Dans le dialogue, il apporte l’essentiel : l’accomplissement de l’Alliance.

        Il est toujours surprenant (et agréable !) de découvrir ce Dieu qui sait changer ! Il est déjà ici plus … humain. Mais vraiment étrange, non ?

        Comme il le sera jusqu’au bout, en Jésus-Christ, vraiment Dieu et vraiment homme !

        Même lorsque nous trouvons autour de nous guère de raisons d’espérer (n’entendons-nous pas si souvent : tout va mal, tous des pourris), même si c’était vrai, si tranché, il y a des raisons d’espérer qui nous dépassent… que nous ne pouvons peut-être pas toujours percevoir, mais qui peuvent jalonner nos routes de façons fidèles.

 

        Moïse, lui, va pourtant ensuite céder à la colère ! Juste à la suite de cela, il va même briser les tables de la Loi. Il dit à son petit groupe, en descendant : Ainsi parle le Seigneur, que chacun de vous prenne son épée (…) et tuez vos frères, vos amis, vos voisins !

Où pouvons-nous lire que Dieu ait dit cela ?

Non, bien au contraire !

Il va faire ce qu’il avait obtenu que Dieu ne fasse pas !...

        Ce qui peut aussi dire que le Mal dans ce monde est si souvent à cause des hommes eux-mêmes ; y compris quand ils se réclament de Dieu ; ce Mal n’est pas voulu par ce Seigneur qui y a renoncé. Formidable espérance donc : le Mal est en nous (pour reprendre le refrain d’un film), pas au dessus de nous…

        Moïse va, lui aussi, subir les conséquences de cet acte ; il n’entrera pas non plus en terre promise. Il ne rejette pas la faute… pour se croiser les bras… Il continue de travailler à une issue.

Et nous le pouvons aussi !

Car même, et surtout, dans ces errances la Grâce nous accompagne

 

Amen !

 

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Dimanche 9 septembre 2022 : Philémon, 9- 17 ; Luc 14, 25-33

5 Septembre 2022, 14:31pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

Culte à Narbonne le 4 septembre 2022.

 

Prédicateur : André Bonnery

Lectures : Philémon, 9- 17 ;  Luc 14, 25-33

Chants : F 1 -  247, Célébrons Dieu ; 427 Tu me veux ; 616 Confie à Dieu.

Prédication

L’Evangile  de Luc est construit de manière synthétique en trois grandes étapes qui pourraient se dérouler en une année : la prédication en Galilée ;  la montée vers Jérusalem ; la réalisation du salut à Jérusalem.

Le passage de Luc que nous venons de lire est  extrait du long récit de la marche de Jésus vers Jérusalem qui le conduit à la Passion. Il ne faut pas oublier ce contexte pour comprendre les versets que nous commentons.

« De grandes foules faisaient routes avec Jésus ; il se retourna et leur dit » Cette seule phrase qui introduit le récit nous indique qu’on n’est pas dans une narration historique mais dans une sorte de mise en scène d’un enseignement de Maître à ses disciples. Des foules suivent, comme le troupeau suit le berger. Tout à coup celui-ci se retourne et délivre son message. Rien de réaliste dans cette marche, l’important c’est le message délivré et peu importe si ce n’est pas dans le contexte décrit, mais il faut avouer que la mise en scène est efficace. Jésus s’adresse à ceux qui le suivent ou voudront  le suivre : dans le temps présent, ses disciples et ses apôtres ; dans les siècles à venir, tous ceux qui ont été, sont ou seront attirés par l’annonce de la Bonne Nouvelle. L’enseignement délivré aujourd’hui se décompose en trois temps.

1-Suivre Jésus exige un amour inconditionnel.

2-Le suivre est un engagement difficile.

3-C’est aussi un engagement personnel qui nécessite réflexion.

 

1-Suivre Jésus exige un amour inconditionnel

Ils se trompent ceux qui voient dans l’Evangile  un livre destiné aux gens doux et résignés avec des conseils prônant l’amour universel et  la non violence, donnés par un Jésus pacifique et toujours bienveillant. Cette image rose bonbon vient-elle de la manière dont on nous a présenté Noël ?

« A qu’il est doux qu’il est charmant, que ses grâces sont parfaites. »

C’est oublier que naître dans une étable, pendant un voyage, parce qu’on ne trouve pas à se loger ailleurs, c’est une situation d’une grande violence. Et que dire de la fin ? La torture et la mort, cloué sur une croix, l’instrument de supplice le plus barbare du monde antique, réservé aux esclaves et aux grands bandits !

L’amour universel prêché par Jésus, sans conditions et sans frontières, ce n’est pas un bon sentiment facile et tranquille. C’est une révolution.

C’est pourquoi, lorsque Jésus conseille ceux qui veulent le suivre, le conseil qu’il donne est sans concession : Il exige un renoncement total à ses liens affectifs et un attachement sans limites à sa personne. « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. » Et encore, la traduction française « sans me préférer », édulcore le verbe employé par Jésus en araméen et qui n’est d’ailleurs pas édulcoré par le grec, il signifie littéralement détester « misei ». Il faudrait traduire ainsi : « celui qui vient à moi sans détester son père, sa mère, sa femme, ses enfants…et même sa propre vie. » Le terme  est violent, choquant. Il nous fait penser à d’autres paroles radicales : « si ta main te scandalise, coupe-la et si ton œil te scandalise, arrache-le » ; ou « il est plus difficile à un riche d’entrer dans le Royaume des cieux qu’à un chameau de passer par le trou d’une aiguille. » Et au jeune homme riche :  « Vends tout ce que tu as et suis-moi

Il est évident que Jésus n’a jamais voulu dire qu’il faut négliger l’amour et le respect pour ses parents, pour sa femme ou ses enfants et même l’amour universel. Il connaissait parfaitement le cinquième des dix commandements « Honore ton père et ta mère (Ex. 20, 12) et Le Lévitique 19, 18 : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Il connaissait la Loi, il a rappelé qu’il n’était pas venu pour l’abolir au contraire il a toujours cherché à l’accomplir. Il a même insisté sur cette exigence fondamentale de l’amour de Dieu et du prochain.

 Si Jésus prononce parfois des paroles radicales, c’est pour rappeler que Dieu est le tout autre, il est le Bien absolu, à rechercher impérativement. « Là où est votre trésor, là aussi est votre cœur » (Luc 12, 34). Par conséquent, si l’amour filial, l’amour conjugal, l’amour fraternel sont « sacrés », l’amour de Dieu qui les traverse tous, les éclaire et les surpasse tous. Si, d’aventure les liens familiaux les plus vitaux s’y opposaient, ils doivent céder. Dans cette même optique, lorsque Jésus demande de « haïr sa propre vie », cela signifie qu’il faut accepter de réviser ses choix, ses propres valeurs à la lumière de ce que Dieu attend de nous.

Mais, à y regarder de plus près, avec ces conseils radicaux Jésus nous invite à reconnaître que nous sommes incapables de le suivre totalement, tout comme nous sommes incapables d’aimer totalement, de supporter parfaitement et tout le temps les autres, fussent-ils nos parents, notre conjoint, nos enfants, sans parler du voisin, d’un ami et d’un inconnu. De là à l’aimer, Lui, plus que tout… ! Jésus nous invite à reconnaître notre faiblesse, à remettra en question notre prétention à aimer parfaitement. Il n’empêche que l’exigence demeure, comme un appel à un dépassement,  et l’on ne peut se dépasser que si on reconnait ses limites. Rien de pire que de se croire parfait.

 

2- Suivre Jésus est un engagement difficile.

« Celui qui ne porte pas sa croix et ne s’engage pas à ma suite, ne peut pas être mon disciple. » Encore une déclaration sans concession ! Naturellement, il ne s’agit pas d’une invitation à subir la crucifixion, pas plus que coupe ta main ou je ne sais quoi n’est une invitation à se mutiler. Certains, rares heureusement, ont pris l’invitation au pied de la lettre ; naturellement ils se sont trompés sur la signification véritable de ces mots.

Il s’agit uniquement d’un avertissement : suivre Jésus, cela a un prix, on ne s’engage pas à la légère, il faut accepter d’en subir les conséquences. L’image de la crucifixion prenait tout son sens lorsque Jésus parlait. Il n’était pas rare, à l’époque, de voir des condamnés à  ce supplice horrible de la croix. D’ailleurs Jésus prononce ces mots alors qu’il s’avance vers Jérusalem où sa carrière de prédicateur va finir sur le Golgotha. Il avait certainement alors la préscience que plusieurs de ses disciples qui le suivraient subiraient eux aussi le martyre à cause de son nom et il les mettait en garde. L’heure n’était pas à discuter pour savoir qui serait le premier dans son royaume mais de savoir jusqu’où irait la fidélité au Maître.

Il y a peu de chances que nous soyons confrontés à un tel choix aujourd’hui, encore que le seul fait d’être chrétien dans certains pays peut conduire à la mort, dans une église par exemple, si l’on est copte, en assistait au culte. Il peut aussi conduire à l’emprisonnement si l’on a un peu plus de « chance » comme Asia Bibi,  ou à de pénibles  vexations qui vont de l’insulte à la perte de son travail et jusqu’à  la discrimination sociale. Il  y a encore de vrais martyrs chrétiens, dans certains pays et le plus fort c’est que ce sont ceux qui donnent la mort que l’on appelle « martyrs » dans ces mêmes pays. Quelle perversion !

Si ces formes extrêmes de menaces ne nous concerneront sans doute jamais, il n’en reste pas moins que le fait de suivre Jésus peut nous pousser à des choix douloureux ou à des renoncements, si l’on veut être fidèle à son message. Pourtant Jésus nous invite à le suivre de bon cœur, sans rechigner, sans geindre ; le suivre, lui qui est passé devant, pour nous indiquer le chemin.

 

 3-Un engagement personnel qui mérite réflexion.

Comme il le fait couramment lorsqu’il délivre un enseignement, Jésus délivre une parabole. Il ne s’adresse pas à des intellectuels mais à des gens simples en citant deux exemples tirés de l’expérience, dont les intellectuels peuvent aussi faire utilement leur profit : S’engager à la suite du Christ mérite réflexion.

« Lequel d’entre vous lorsqu’il veut bâtir un tour ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et juger s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? »

« Ou quel roi, lorsqu’il part en guerre ne commence par s’asseoir pour considérer s’il est capable, avec dix mille hommes celui qui marche contre lui avec vingt mille ?»

Certes, vous n’aurez certainement pas à bâtir une tour, aujourd’hui on construit plutôt une villa ; ni à partir en guerre, ne serait-ce que parce que vous n’êtes pas un chef d’Etat autocrate (il y en a encore), mais on peut transposer facilement ces paraboles. On est invité à ne pas s’engager tête baissée, dans une entreprise, mais à s’asseoir et à réfléchir d’abord. S’engager derrière Jésus, compte tenu de la difficulté et du sérieux de ce qu’il nous propose nécessite une réflexion.

Vous me direz, ça fait un moment que je suis chrétien, que je me suis engagé. Oui, certes, mais cela ne vaut-il pas la peine de s’arrêter un peu et de réfléchir pourquoi je me dis chrétien, plutôt que de poursuivre sans me poser de questions, tout simplement parce que je suis dans une tradition et que je la respecte ?

« Celui d’entre vous qui ne renonce pas à tous ses biens ne peut-être mon disciple. » Encore une déclaration outrancière ? Non, un simple rappel de bon sens : je ne ferai pas mon bonheur, avec ces biens matériels auxquels je tiens, mon savoir, mes relations. Tout cela peut m’être utile un moment mais ne garantit pas  mon  plein épanouissement. Nous le savons peut-être par expérience personnelle, en tous cas par ce que nous voyons autour de nous : Il y a des gens qui possède tout ce dont on peu rêver, la gloire, la richesse, un bon métier, la jeunesse, la beauté et la santé mais qui sont insatisfaits et malheureux !

 

En conclusion :

 Ne serait-il pas temps de m’arrêter, de m’asseoir, et de faire le bilan ? Qu’est-ce  que je perds à suivre Jésus, à prendre au sérieux la Bonne Nouvelle qu’il me propose ? Qu’est-ce que j’y perds et qu’est-ce que j’y gagne ?

M’engager à le suivre, malgré mes faiblesses, mais avec sa grâce, c’est accepter de reconnaître que les valeurs qu’il me propose sont de loin supérieures à toutes les autres ; elles sont les seules susceptibles de me combler pleinement et de contribuer à l’évènement de son règne. Amen.

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Luc 14, 1 - 4

28 Août 2022, 08:23am

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

NARBONNE 28.8.22

Luc 14, 1 – 14

Pasteur Philippe Perrenoud

Voilà à nouveau une invitation, à un repas, comme il y en a un certain nombre dans la Bible ; ce que nous présente l'exposition ici, là-haut. Des repas où il se passe toujours des choses importantes : comme souvent lors d'invitations ; ce sont souvent des moments relationnels privilégiées.

Dans la Bible, il en est ainsi, au-delà de ce que l'on peut penser souvent... Ainsi, dans le récit de ce jour : en effet, lorsque nous sommes invités, on s'efforce de ne pas heurter la/les personne qui nous reçoit... On évite toutes impolitesses, jugements, polémiques trop fortes. Bref, on s’efforce de faire plaisir ; de se faire plaisir réciproquement.

Avec Jésus, cela se passe ici autrement...

Il est invité chez un Pharisiens. Cela n'est pas étonnant en soit. En effet, contrairement à l'image que l'on a trop souvent, trop rapidement, Jésus était assez proche des Pharisiens. Quand on compare leurs enseignements, on s'aperçoit qu'ils sont proches. Par exemple, les Pharisiens croient à la résurrection ; ils ont une spiritualité personnelle importante, décentralisée par rapport au Temple de Jérusalem et aux relations avec les pouvoirs. Dans le chapitre précédent, ce sont ainsi eux qui préviennent Jésus que le roi Hérode cherche à le tuer. Cette proximité explique aussi les relations parfois difficiles...

 

Voici donc Jésus à table chez un Pharisien. La conversation amène à 3 thèmes : la guérison d'un homme, les places à prendre dans un banquet, et les invitations à lancer.

Pour le 1er de ces thèmes : à la table où Jésus se trouve, il y a un homme atteint d'une maladie assez courante à l'époque : l'hydropisie. C'est-à-dire de l'eau s'accumule dans le ventre, qui devient énorme. La scène se passe un jour de Shabbat. La question se pose alors naturellement : peut-on guérir quelqu'un ce jour-là ? Est-ce considéré comme un travail, donc interdit ? Ou est-ce un geste de Salut, un geste marquant que le plus important est la vie humaine, l'humanité... donc permis et même recommandé ?... Le Pharisien garde le silence, tout simplement parce que la question n'était pas tranchée pour eux. Jésus donne alors sa propre réponse, en acte... en guérissant. Il montre par là que l'Amour doit diriger les choix et comportements.

Quant au 2e sujet, chercher sa place à table, Jésus s'aperçoit que des invités se sont efforcés de prendre eux-mêmes les places d'honneur. N'est-ce pas d'ailleurs une tendance presque instinctive ?... Chacun a en effet envie d'être bien traité, bien considéré, avec des formes, si possible des formes extérieures... Jésus met alors, si on peut dire, en l’occurrence, les pieds dans le plat ! Il recommande de ne pas se mettre en avant. Sa remarque vise l’orgueil ; Jésus recommande au contraire l'humilité, qui amène à une vraie grandeur, non ?!... Son avis ne manque d'ailleurs pas de saveurs : si on va se mettre à la dernière place, on peut se voir invité par le Maître de maison à en recevoir une meilleure...

La 3e remarque s'adresse à ceux qui invitent. Dans la société, il est de bon ton de s'inviter entre gens de même niveau, de la même classe sociale. Les rois et les bergers ne fréquentent pas les mêmes lieux (à part à la crèche de Bethléem il y a quelques siècles...). Dans le verbe « s'inviter », le « s' » suppose la réciprocité. Jésus casse une certaine convenance. Il recommande ici d'inviter des gens qui ne peuvent inviter à leur tour. Les estropiés, les boiteux, etc, sont des catégories qui ne pouvaient pas entrer dans le Temple. Ce sont ceux-là qu'il faut accueillir, par Amour, sens et reconnaissance de l'humanité... et donc sens de notre foi...

Il est possible que Luc ait groupé ces 3 éléments pour les faire entrer dans le cadre d'un repas. Leur intérêt est de nous questionner sur la manière dont nous nous comportons avec les autres. Quels motifs nous guident ? Quelles sont nos intentions ? Quels sont nos mobiles secrets, parfois/souvent inconscients ? Jésus nous propose de les réorienter. Il en ouvre le chemin ; il a pris la dernière place, celle du serviteur, et même celle du condamné sur la croix. Il peut donc en parler : pour lui, c'est du vécu... C'est en cohérence... celle du Royaume des cieux... ce qui se passe quand on admet l'autorité de Notre Seigneur... Cela est alors autre chose qu'une leçon de morale ou de convenances ; c'est une image de foi, de notre foi !

Ne nous trompons alors pas de motivations quand Jésus recommande l'absence d'orgueil dans les relations humaines. Il n'est pas question de se punir soi-même en se rabaissant. Ce serait une autre forme, subtile, d'orgueil. Ne confondons pas l'humilité avec une fausse humilité, avec l'astuce de se rehausser soi-même en se donnant l'air de petit...

Ce que demande Jésus, c'est de reconnaître la valeur des autres. Chaque individu est une créature de Dieu ; c'est la vérité fondamentale que la Bible nous offre. Puisque chacun est Sa créature, chacun a droit au respect, à notre attention, à un regard de Grâce. Les recommandations de Jésus vont contre toutes sortes de ségrégations, de divisions de l'humanité. Chacun a les mêmes droits que les autres... Cela est toujours si actuel...

Comme à une table, tous doivent pouvoir accéder aux mêmes moyens de vies... Car tous frères et sœurs, et invités pareillement à la vie qu'il nous donne. De plus, la vie des autres est aussi ma vie...

Les paroles de Jésus bouleverse certaines références sociales, qui ressemblent parfois à des dysfonctionnements établis et habituels. Jésus cite les estropiés, les boiteux, etc. parmi ceux que nous devons accueillir. Or notre société pratique l'exclusion ; et fonctionne même, de plus en plus, sur l’exclusion... Elle met de côté, ou ne peut véritablement intégrer, tant de personnes qui ne sont plus ''productives'', les personnes âgées, celles et ceux qui ne peuvent plus s'adapter aux conditions de plus en plus complexes, ou dont l’héritage socio-culturel est lourd. Et nous savons qu'y remédier à un coût (financier et humains) important...

Jésus nous invite toujours à renverser le courant. Le 1er exemple qui nous est offert par ce texte est celui d'une guérison. La société a, elle aussi, besoin d'être guérie de ses distorsions, de sa tendance inhérente à éliminer les corps qui lui semblent étrangers. Or un regard de foi nous dit que les premiers et les derniers ne sont pas toujours selon l'apparence.

Nous devenons un vrai humain par le regard sur les autres... Et c'est dans le service que Jésus a trouvé sa stature de Fils de l'Homme... Il nous propose de nous réaliser dans l'Amour et dans le respect, même et surtout des plus petits...

Jésus nous invite à un véritable renversement. Pour lui, les valeurs qui ont cours habituellement peuvent être de fausses valeurs. Il nous apprend les vraies : ceux qui veulent s'élever eux-mêmes se trouvent en réalité amoindris. Ceux qui s'abaissent sont élevés.

Tels sont les repères qu'il nous propose. Car telle est la loi du Royaume des cieux...

 

Amen

 

 

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