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Eglise Protestante Unie de Narbonne

Protestants en fête : samedi 4 mai 2024

29 Avril 2024, 22:12pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

Protestants en fête : samedi 4 mai 2024

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Bulletin paroissial - Nouvelles N°19 - Janvier-Juin 2024

22 Avril 2024, 21:46pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

Le dernier numéro de Nouvelles vient de paraître.

Consultez le dernier numéro et les archives de Nouvelles 

Un aperçu de la page de couverture

 

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REUNION DE PRIERE ET PARTAGE BIBLIQUE : jeudi 1er février

30 Janvier 2024, 14:08pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

TOUS LES PREMIERS JEUDIS DU MOIS :

 

17 heures : rencontre d'échanges et de prières

18 heures : partage autour de la Bible : suite du "Notre Père"

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Dimanche 4 février 2024 : culte des familles

28 Janvier 2024, 20:37pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

Dimanche 4 février 2024 : culte des familles

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samedi 13 janvier 2024 récital proosé par le Groupe interreligieux pour la paix

12 Janvier 2024, 09:42am

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

samedi 13 janvier 2024 18 h 30 au temple  6 boulevard Condorcet

le groupe interreligieux pour la paix de Narbonne propose un récital de musique et de textes pour la paix

 

 

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AGENDA

7 Janvier 2024, 22:53pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

jeudi 11 janvier 2024 : au temple

-  17 heures :temps de prière

- 18 heures : partage biblique

 

dimanche 14 janvier 2024

culte à 10 heures 30

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CULTES NOEL

22 Décembre 2023, 17:22pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

DIMANCHE 17 DECEMBRE  2023 : Ecoutez le culte ici
DIMANCHE 24 DECEMBRE 2023 : VEILLEE DE NOEL à 18 HEURES
LUNDI 25 DECEMBRE 2023 : CULTE DE NOEL A 10 H 30 - Ecoutez l'enregistrement audio ici

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Dimanche 30 juillet 2023 : 1 Rois 3,5-12 "et toi, que vas-tu lui demander ?"

29 Juillet 2023, 08:52am

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

 NARBONNE 30 JUILLET 2023

1 rois 3, 5 – 12

 

 «et toi, que vas-tu demander ?»

Prédicatrice : Joëlle Alméras

 

Introduction : Quelle situation ahurissante, renversante, prodigieuse, nous présente notre texte. Dieu, soi-même, en personne, s’invite dans un rêve pour offrir au rêveur ce que son cœur désire : « demande moi ce que tu veux ». Quand on sait qui fait cette proposition, j’ose dire que voilà un songe à vous réveiller tout net ! Pourtant Dieu n’est pas un génie caché dans une lampe[1] qu’il suffirait de frotter pour le faire apparaitre et mettre à notre disposition, selon nos désirs, ses capacités à faire des miracles. Du coup, un point crucial est soulevé : que peut-on lui demander ?

Suivons Salomon, tournons les projecteurs vers la vie de ce jeune homme à la position dominante dans son pays, revoyons son parcours et la raison de sa demande, une demande en forme de prière. Et ce glissement de la demande à la prière nous ouvre des perspectives à explorer, nous les lectrices et lecteurs de ce texte, ici, aujourd'hui.

Puis avançons dans le temps jusqu’à l’époque d’un autre roi, lui aussi en relation étroite avec son Dieu. La prière est pour lui un incontournable de la relation avec celui qu’il appelle «mon Père et mon Dieu ». Quel suc nourrissant pouvons-nous tirer de cette relation d’exception entre un fils et son Père ?

Enfin, à la lumière de ces vies, pouvons-nous illuminer la nôtre ? Et comment ?

 

1 ) La prière de Salomon : Salomon, fils de David, tout jeune roi, est déjà marié ; il a conclu une alliance avec  l’Égypte, son grand voisin du sud, bref, c’est un monarque bien établi sur son trône, qui règne sur le royaume d’Israël, pas encore scindé en deux, dont le siège est à Jérusalem. Il est beau, grand, riche et puissant et il a la faveur de son Dieu. Que pourrait-il désirer de plus ?

Certes, dans les mœurs de l’époque, les rois avaient une fort fâcheuse habitude : ils chassaient ou faisaient assassiner, sans état d’âme, tous ceux qui contrariaient leurs projets. Salomon n’échappe pas à la règle : Adonias qui voulait la sunamite pour épouse, Abiathar le prêtre, qui avait eu le privilège de porter l’Arche du Seigneur, Joab qui avait pris le parti d’Abiathar, Shimeï qui avait passé outre son assignation à résidence ont été sois tués soit chassés sur son ordre. Si je m’attarde sur ces faits c’est parce qu’un évènement étonnant va survenir : tel qu’était Saül, le Seigneur vient quand même, dans un songe, lui dire : « demande moi ce que tu veux, je te le donnerai ». Nous pourrions ici entrer dans une méditation sur les relations entre Dieu et les humains, qui, avec leurs faiblesses, leurs erreurs et pire même, se voient toujours ouvrir un chemin possible vers la grâce divine. Voilà de quoi alimenter ta méditation pour la semaine qui vient, si le cœur t’en dit.

Nous, nous continuons de faire route avec Salomon, qui, dans un raccourci historique, relate un résumé édifiant des relations que son père et lui ont eu le privilège de vivre avec leur Dieu. Et enfin la demande qui en découle : « donne moi un cœur attentif pour gouverner ton peuple, pour discerner le bon du mauvais », c’est la sagesse qu’il demande ! Pour reprendre une célèbre citation cinématographique : « alors, là, mon enfant, tu m’as cueilli et je peux te dire que ce n’est pas chose facile[2] » aurait pu dire le Seigneur ! Cet homme de pouvoir, qui peut obtenir ce qu’il désire d’un claquement de doigt, et comme tous les puissants en veut toujours plus : plus de richesse, plus de territoire, plus de puissance souveraine sur ses voisins, cet homme là s’humilie, déprécie sa capacité royale devant son Dieu et demande « un cœur attentif pour gouverner ». Je vous le dis, ça m’en bouche un coin et par dessus tout, ça m’ouvre un horizon nouveau dans ma propre vie. Oh ! Évidemment ! si dans un premier temps, le Seigneur ne m’a pas visitée en songe, en tout cas, pas encore, dans un second temps, j’apprends qu’il aime qu’on pose devant son trône de grâce, des demandes extraverties, avec un regard tourné avec attention vers le bien-être de nos semblables. Si c’est valable pour le roi, pourquoi en serait-il autrement pour moi ?

Salomon se présente devant Dieu comme un enfant qui ne saurait pas comment remplir la tâche qui lui est assignée, il se tourne vers Dieu comme vers un père qui peut lui tenir la main et l’aider à franchir, avec succès, les difficultés inhérentes à sa vie de roi.

Nous aussi, comme Salomon, nous regardons à Dieu comme à un père, matriciel et bienveillant, et nous le faisons particulièrement quand nous sommes face à un obstacle qui obstrue notre relation avec notre frère ou notre sœur dans la foi ou en humanité.

Demander à Dieu la capacité d’un discernement fondé sur sa Parole, d’être à même de décider, avec sa sainte direction, des options les meilleures dans nos relations avec nos semblables, n’est-ce pas le socle même de nos prières d’intercession ?

 

2 ) La prière de Jésus  : Un autre roi, roi d’un royaume d’une autre dimension, nous a appris, par sa propre vie, et ses relations avec son Père et son Dieu, que les demandes que nous pouvons formuler quand le Seigneur nous dit : « demande moi ce que tu veux » n’ont rien à voir avec la carte qu’un enfant sage pourrait envoyer au Père Noël pour lui commander ses cadeaux. Jésus, Fils de Dieu, de condition divine, s’est lui aussi, comme le fit Salomon, humilié jusqu’à devenir un humain parmi les humains[3], et il ouvre pour nous la voie aux demandes que Dieu agrée et auxquelles il répond favorablement : « demandez et l’on vous donnera[4] » dit-il. La demande la plus célèbre qui court dans le monde entier, c’est celle que nous appelons : « le Notre Père ».

Comme dans les 10 Paroles rapportées dans le livre de l’Exode, nous y apprenons à nous décentrer pour regarder d’abord à la gloire de Dieu : son saint Nom, son règne, sa volonté avant de porter notre regard sur la terre, sur nos frères et sœurs en humanité et sur nous aussi.

 

3 ) Notre prière : La  question reste cependant : que peut-on demander ? Nous ne sommes pas de purs esprits et notre Père, qui est dans les cieux, le sait. Il sait que nous avons besoin, par exemple, d’un travail qui nous donnera les moyens financiers de vivre et de bien d’autres choses nécessaires à notre humanité, comment pourrions-nous ne pas lui en parler ? Un pasteur écrit, je cite : « Ce que nous dit la Bible, c’est qu’il est bon que notre relation avec le créateur soit centrale dans notre existence. (…) ce n’est pas parce que nos conditions de vies en ce monde n’auraient pas d’importance que ce n’est pas une bonne idée de le demander à Dieu, mais parce que les souhaiter plus que tout décentre notre existence, la coupe de sa source ». (fin de citation)

Si, comme Salomon, et aussi comme Jésus, nous déposons nos demandes dans l’humilité, c'est-à-dire dans une disposition de cœur ouvert à Celui dont nous dépendons, si nous avons pleinement conscience d’être enfant de notre Père céleste, d’avoir été adopté pour partager avec sa grande famille universelle son amour et sa présence, nos demandes seront, si je puis l’exprimer ainsi, des demandes « familiales » où nos désirs et nos besoins seront enchâssés dans ceux de nos frères et sœurs, amalgamés, enchevêtrés dans les besoins habituels d’une maisonnée spirituelle. Comment alors pourrions-nous ne penser qu’à nous dans cette famille extraordinaire où chacun est porteur d’un même sang, fils ou fille d’un même Père, frère ou sœur d’un même Frère qui lui, a offert sa vie, pour que l’amour soit le moteur, explosif et exponentiel, de toutes les relations de sa famille, où chacun fait « un » avec lui et avec toutes et tous les autres, selon la demande qu’il expose dans l’Évangile  selon Jean au chapitre 17[5].

Charles Péguy a mit le doigt sur cet essentiel que sont les autres, je cite : « il ne faut pas sauver son âme comme   on sauve un trésor… Il faut la sauver comme on perd un trésor, en le dépensant (…) Il ne faut pas arriver chez le Bon Dieu les uns sans les autres. Il faudra revenir tous ensemble dans la maison de notre Père. Il faut aussi penser un peu aux autres, il faut travailler un peu pour les autres. Qu’est-ce qu’il dirait si nous arrivions les uns sans les autres ?[6] » (fin de citation).

 

Conclusion : En conclusion, Antoine Nouis nous rappelle avec une des brèves histoires dont il est coutumier, ce que devrait être l’essence de notre demande, ou peut-être, ce qu’elle ne devrait pas être, je le cite :

« Un sage avait le don d’avoir les oreilles de Dieu. Chaque fois qu’une personne faisait une prière, il entendait ce que Dieu entendait.

Des hommes sont venus le voir et l’ont interrogé : Nous disons beaucoup de prières et nous avons le sentiment que Dieu ne répond jamais.

Le sage a répondu : «Dieu entend votre prière. Mais il entend la prière de votre cœur, pas celle de votre bouche. Quand vous dites le notre Père, voici ce que Dieu entend : « Notre Père qui es aux cieux, que mon nom soit sanctifié, que mon règne vienne, que ma volonté soit faite. Donne-moi aujourd'hui le pain dont j’ai besoin et ajoutes-y un peu de confiture, une maison, une console de jeux, une grosse voiture et de longues vacances. Pardonne-moi mes offenses mais oublie-moi avec manques de pardon. Fiche-moi la paix avec mes tentations et délivre-moi de tout ce qui me dérange et me gêne. » Et lorsque vous avez achevé votre prière, vous dites : « Amen », en espérant que Dieu ne tardera pas à l’exaucer. »[7] Et toi, que vas-tu lui demander ? Amen.

 

[2] Le grand blond avec une chaussure noire Jean Rochefort

[3] Philippiens 2, 5 - 11

[4] Matthieu 7, 7

[5] Jean 17

[6] Idebert Exbrayat Notre père ou la prière révolutionnaire p. 42

[7] Antoine Nouis un catéchisme protestant  p. 539

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Dimanche 2 juillet 2023 : Matthieu 10,37-42 :"ça coince aux entournures ! t'as du dégrippant ?"

1 Juillet 2023, 15:24pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

 NARBONNE 2 JUILLET 2023

 

Matthieu 10, 37 - 42

 

 « ça coince aux entournures ! t’as le dégrippant ?»

 

Prédicatrice : Joëlle Alméras

 

Introduction : ça commence bien ! Nous voilà embarqués dans une exhortation de la bouche de Jésus en personne qui déménage, si je puis le dire ainsi. Une forme de violence suinte à chaque mot dans la première partie de notre lecture. Pourtant Jésus lui-même n’a –t-il pas dit qu’il faut aimer même ses ennemis[1] ? Alors, la famille d’autant plus… Et comment Paul a-t-il pu écrire que « celui qui ne prend pas soin des siens est pire qu’un homme sans foi[2] » ? Il est vrai qu’à l’époque où il a rédigé cette phrase, les évangiles étaient seulement en gestation sous leur forme primitive.

Bref, la première partie de notre lecture me mettrait plutôt mal à l’aise même si la seconde rattrape le coup, en quelque sorte.

Voyons donc comment nous pourrions dévider le fil apparemment entortillé d’une affirmation qui semble irrecevable à nos oreilles 21ème siéclistes. Nous Passons d’abord par un filtre de vocabulaire et de sociologie pour pouvoir entrer en confiance dans la seconde partie de notre lecture. Enfin, évidemment, nous serons à même, peut-être, de faire nôtre les exhortations de Jésus. 

 

1 ) amour et croix[3] : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que  moi n’est pas digne de moi ». Dans un monde où, dans la famille, chacun, chacune a une place et un rôle prédéfini, immuable depuis des siècles, d’autant plus qu’il est dépendant des incontournables instructions religieuses de la Torah, dans ce monde là, les paroles de Jésus ont du faire des vagues, que dis-je, susciter un tsunami d’interrogations si ce n’est d’oppositions.

« - Non mais ! il a dit : « celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi » ; ça m’a coupé le souffle, raconte un pharisien à l’un de ses copains. Et le 4ème commandement, il en fait quoi ? »

Il n’a pas tort, n’est-il pas écrit : « honores ton père et ta mère[4] » c'est-à-dire, si l’on s’en tient au terme hébreu « kabad » qui implique quelque chose qui a du poids, de l’honneur et même de la gloire comme le traduit Chouraqui, ce commandement a été compris comme une obligation pour les enfants de se soumettre totalement à la volonté de leurs parents et particulièrement du père. D’autant plus, nous le savons, les enfants à cette époque comptait pour du beurre et même moins ! Dans le livre « Le monde où vivait Jésus » on peut lire, je cite : « (…) les Écritures emploient à plusieurs reprises les même termes quand il s’agit de Dieu, du père et de la mère. Ce rapprochement n’échappe pas à la tradition juive qui associe le Saint, le père et la mère. Crainte et honneur sont dus au père. (…) Un disciple de rabbi Nahman fait ce commentaire : « lorsqu’un homme tourmente son père et sa mère, le Saint, béni soit-il, se dit : « j’ai bien fait de ne point résider avec eux ; car ils m’auraient tourmenté moi aussi[5] ». (fin de citation)

En ce temps-là, la religion était la trame dans laquelle tous les aspects de la vie quotidienne étaient tissés, trame dense et inextricable de toutes les traditions tricotées au fil des siècles par les rabbins autour de l’incontournable Loi. Vous le voyez, la rupture des liens filiaux, si c’en est une, impliquait, inéluctablement, une rupture dans les liens sociaux et religieux. Cornélien, si l’on peut anticiper ce mot pour cette époque, pour celui ou celle qui adopterait une telle ligne de conduite.

Et Jésus en rajoute une couche : « celui qui ne se charge pas de sa croix pour marcher avec moi n’est pas digne de moi ». Que ce soit un poteau planté dans la terre ou deux poutres formant une croix, le mot devait donner la chair de poule aux auditeurs de Jésus. Dans le monde ancien, assyrien, grec ou romain, le « stauros » que nous traduisons par croix, était associé aux plus abominable des supplices infligé aux opposants ou aux criminels les plus endurcis. Le supplicié, après des flagellations, était attaché ou cloué vivant, et, après d’interminables souffrances, mourrait asphyxié. A Jérusalem, on les torturait ainsi sur le mont Golgotha ; et qui n’avait pas entendu les hurlements de douleur et de colère des suppliciés ? Oui, sans aucun doute, la chair de poule…

Une remarque : chez les juifs, dans le Deutéronome[6], ceux qui mourraient par lapidation pouvaient ensuite être pendus, après leur mort, sur un « ets », mot hébreu correspondant à quelque nuance près au mot grec « stauros » et généralement traduit par « potence », exposition infamante qui ne pouvait durer plus d’un jour. Je ferme la parenthèse.

Entendre Jésus dire qu’il faut prendre sa croix devait donc fichtrement remuer les entrailles de celles et ceux qui l’écoutaient, et bien plus encore, celles des lecteurs de l’Évangile selon Matthieu, quelques décades plus tard, qui superposaient forcément ces mots à la mort ignominieuse de leur Seigneur. Prendre sa croix ? Accepter de mourir dans d’atroces souffrances ? Nous savons que certains ont pris ces mots au pied de la lettre, comme par exemple, Origène, qui voulut, à 17 ans, courir à la mort et dont la mère cacha les vêtements pour l’en empêcher. Il écrivit quand même plus tard, à l’évêque Ambroise, une longue lettre d’exhortation au martyre[7] ». Bref, la perspective proposée par Jésus avait de quoi liquéfier et faire trembler ses disciples.

Et maintenant, un virage inattendu : « celui qui perdra sa vie à cause moi la retrouvera ». La boucle est bouclée avec une porte ouverte sur un avenir positif.

Alors comment entendre, ici, aujourd'hui, ces injonctions de Jésus ? Comme Origène le comprit ? Il me semble plus vraisemblable comme l’affirme un théologien que, d’une part, en ce qui concerne la famille, « ce ne sont pas deux sentiments qui s’opposent mais deux démarches, deux priorités : un amour authentique pour le Christ n’est pas en concurrence avec l’amour de la famille et il peut le transformer. Si je suis attaché au Christ, je rends grâce pour mes proches et je les aime tels qu’ils sont. Mon amour est libérateur. [Et le commentateur ajoute] : Je dois aimer le Christ non pour les aimer moins mais pour les aimer mieux.[8] » (fin de citation)

Quant à la croix , Alphonse Maillot explique, je cite : « la croix première qu’un chrétien doit porter, c’est bel et bien de n’avoir pour maitre qu’un homme en croix, un messie souffrant, mourant, et non un maitre qui va tout dompter, tout ranger sous ses ordres » [9]. » « La croix, c’est le prix de la suivance. Vivre comme disciple du Christ peut conduire à certains renoncements, à certaines épreuves[10]. (…) il ne s’agit pas de chercher l’épreuve ni d’aimer la souffrance, mais de se lever, d’être témoin, de vivre la radicalité de l’Évangile.[11] » (fin de citation). *nous en avons visionné un exemple vécu, dimanche dernier, avec les extraits du film « la colline aux mille enfants.

 

2 ) la récompense : Jésus poursuit son exhortation par un encouragement bien nécessaire qui tombe à point nommé. Il me semble qu’il nous fait franchir un pas : nous passons d’un amour-phileo, terme grec de notre texte, affection émotionnelle éprouvée en présence d’un proche comme celle qu’il ressentait, par exemple, pour son ami Lazare et qui le conduisit jusqu’aux pleurs quand il apprit sa mort, à un amour-agapé, inconditionnel, offert à toutes et tous, qui que nous soyons et quoique que nous fassions.

Cet amour là, n’est-ce pas celui que Jésus déversait sans compter sur quiconque venait vers lui ? Un amour-accueil, désintéressé, qui donne sans rien attendre en retour.

Dans notre texte, il cible particulièrement l’accueil des disciples et les bienfaits qui en découlent. Je réalise en le relisant qu’il parle là non d’une action d’un disciple mais des personnes qui l’accueille et : « qui VOUS accueille m’accueille » avec un ricochet lumineux : « et celui qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé ».

Puis il est question de récompenses dans notre traduction. Une bonne conduite à l’égard d’un disciple sera-t-elle sanctionnée par une récompense ? Le mot grec désigne plutôt un salaire pour un travail effectué, un salaire de prophète pour qui a accueilli un prophète, un salaire de juste pour qui a accueilli un juste. Le prophète comme le juste désirent ardemment faire la volonté de Dieu, « vivre fidèlement la mission qu’ils ont reçue de Dieu. Le prophète cherche à transmettre fidèlement le message que Dieu lui a confié. Le juste cherche à être fidèle aux commandements de Dieu. Le disciple cherche à suivre fidèlement son maitre. Et leur récompense c’est d’y arriver »[12]. Dans tous les cas, leur fidélité approfondit au fil des jours la relation avec leur Seigneur et comme le dit le livre des Proverbes, le salaire du juste sert à la vie [13]».

Je crois  profondément que nous sommes appelés, tout simplement à accueillir les disciples et à élargir cet accueil à toutes et tous pour vivre pleinement l’accueil que nous fait le Seigneur lui-même, à poser sur chacune et chacun de nos semblables le regard que le Seigneur pose sur nous. Et il ne fait aucun doute que « plus nous nous exposerons au regard de la grâce de Dieu manifestée en Jésus Christ, plus nous serons capables à notre tour d’adopter ce regard empreint de grâce sur notre prochain, quel qu’il soit[14] ». Et, ce faisant qui sait si nous n’accueillons pas des anges sans le savoir comme le rappelle Paul dans l’épitre aux Hébreux[15] ?

 

Conclusion : nous venons de méditer sur deux des facettes de notre vie de chrétien. Je voudrais, en conclusion, en rajouter une qui, me semble-t-il, pourrait être le socle des deux autres, le starter sur lequel nous appuyer chaque matin en démarrant notre journée, notre course comme le dit Paul. Avec elle, le départ est immédiat et notre course assurée de la victoire : la grâce, qui stimule la joie et diffuse en nous force et assurance.

Un commentateur écrit : « j’ai parfois l’impression que je vis la grâce comme si Dieu m’avait offert un billet d’avion. Un ticket vers un pays merveilleux, son royaume de justice et de paix. Et ce ticket, je suis tellement content de le recevoir, j’en pleure, c’est magnifique ! j’en ai toujours rêvé ! Puis je rentre chez moi ; je l’encadre et de temps en temps, je prie : « oh ! vraiment Seigneur, merci pour ce billet, c’est tellement chouette, je suis trop content de l’avoir. » Pourtant, je ne prends pas la route de l’aéroport ! mais, de temps en temps, je vérifie : « je ne sais plus si j’ai encore mon billet.. peut-être qu’il est revenu me le prendre ». Car finalement, plus qu’un ticket, c’est un visa que Dieu nous offre : une fois son amour accepté, nous sommes citoyens de son Royaume. Et c’est parce que nous sommes libérés de la crainte de ne pas être sauvés que nous pouvons nous mettre en action. Accepter la grâce, c’est faire le premier pas sur le chemin de disciple. »[16] Désormais c’est Dieu qui t’accueille, disciple du Christ, il te donne le verre d’eau de sa grâce. Elle sera ta conseillère et tu sauras, à ton tour, avec elle, comment aimer autrui.  Donne, reçois et réjouis-toi ! Amen !

 

[1] Matthieu 5, 44

[2] 1 Timothée 5, 8

[3] https://www.rts.ch/audio-podcast/2023/audio/enquete-sur-la-crucifixion-de-jesus-26114201.html

[4] Exode 20, 12

[5] Editions Le Cerf  Le monde où vivait Jésus p. 216-217

[6] Deutéronome 21, 23 (l’ordre des mots hébreux suscite quelques contradictions entre les spécialistes : certains affirment que le supplicié était d’abord tué puis pendu au bois d’autres disent qu’il était pendu au bois vivant et en mourrait : cf Michael Langlois Cours 9 : COMMENT ETUDIER LA BIBLE ? le cercle vertueux de l’exégèse https://www.youtube.com/watch?v=uEbgHUalhgc&list=PL1_IMrG0Y692Q2vPA0ft3Y6hIUE9gW4qx&index=9)

[8] Antoine Nouis Le Nouveau Testament commentaire intégral tome 1 p.95

[9] Antoine Nouis l’aujourd'hui de l’Évangile p. 254

[11] Antoine Nouis le Nouveau Testament commentaire intégral tome 1 p. 95

[13] Proverbes 10, 16

[15] Hébreux 13, 2

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Dimanche 14 mai 2023 : Jean 14, 15 - 21

13 Mai 2023, 16:54pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

 NARBONNE 14 MAI 2023

 

Jean 14, 15 - 21

 

 « Aigle ou poulet (citation A. Nouis)»

 

Avec Lire et Dire

 

Introduction : Quel formidable aiguillon pour notre cœur que ce court passage de l’Évangile ! Un aiguillon en forme d’exhortation, de promesse pour notre ici et maintenant, mais aussi d’espérance. Et surtout il apporte la réponse à une question universelle dans le monde des croyants : « comment Dieu peut-il être présent parmi nous ? »

Évidemment, il y a quelques gros mots de la théologie : vérité, paraclet… et d’autres qui nous interpellent : orphelins…

Commençons par un peu de vocabulaire, puis nous entrerons dans le vif du sujet : la présence de Dieu dans nos vies et enfin nous examinerons comment vivre cette présence.

 

1 ) vocabulaire : Faisons un petit détour vers le dictionnaire qui posera une explication sur des mots qui, aujourd'hui, pour nous, sont, soit des ovnis littéraires, soit des pièges sur lesquels, en trébuchant, nous pourrions bien tomber dans un extrémisme très à la mode, du type fondamentaliste par exemple.

Un ovni littéraire, le « Paraclet »[1] : c’est quoi ? En fait, c’est tout simplement une transcription du mot grec « parakletos », non traduit, simplement francisé, « parakletos » devient « paraclet ». Il désigne « celui qu’on appelle à son secours », « celui qui intercède » et vous trouverez dans vos traductions « avocat », «intercesseur », « défenseur », « consolateur ». Du fait de ces diverses interprétations possibles, certains traducteurs ont choisi de le garder tel quel, simplement translitéré, nous laissant ainsi le choix de l’éventail de sens que le mot grec déploie. Notre propre choix ne sera pas sans conséquences dans ce que nous vivons et recevrons de lui. Nous en parlerons.

Vérité : un mot piège. Google me propose soixante huit millions trois cent milles réponses à la question : « qu’est ce que la vérité ? » ! Pour un mot piège, c’en est bien un ! Les querelles théologiques qui ont ponctué les siècles passés sur cette question, avec, hélas, tant de violences, nous disent bien qu’il est possible de se laisser entrainer très loin de la paix du Christ avec cette question. Pour ma part, quand je lis ou j’entends ce mot, aussitôt, comme un réflexe pavlovien, je me tourne vers un verset juste dans le contexte immédiat de notre lecture : Jean 14, 6 où Jésus déclare : « je suis le chemin, la vérité et la vie ». La vérité n’est donc pas un savoir théologique mais Jésus, le Christ, dont nous, ses disciples, recherchons sans cesse la présence.

Nous arrivons au troisième mot : « orphelin ». « Le statut d’orphelin était dramatique dans une société sans protection individuelle. Dans le Premier Testament, l’orphelin est toujours associé à la veuve et à l’étranger comme une catégorie de personnes ayant besoin d’être protégées par la loi. [Les disciples qui ont tout quitté] pour suivre Jésus, peuvent se sentir légitimement orphelins en apprenant qu’il va les quitter [2]». Au début de son discours, ne les appelle t-il pas « mes enfants » ?

Ainsi donc, à ses « enfants », Jésus annonce qu’après son départ, ils ne seront pas « orphelins », abandonnés à eux-mêmes, eux qui avaient vécu le confort de sa puissante présence aimante et compatissante. Le Père à qui il l’a demandé, leur enverra le paraclet, défenseur, consolateur, avocat, intercesseur, bref, tout ce dont un orphelin a besoin est concentré dans cet Esprit de vérité, l’Esprit saint qui les enflammera le jour de la Pentecôte malgré leur défection à la mort de Jésus quand ils se sont vraiment sentis orphelins, désemparés, sans espérance. Il est ressuscité et désormais aucune, aucun de nous n’est plus orphelin car il nous a envoyé l’Esprit de vérité.

 

2 ) l’Esprit de vérité : présence de Dieu dans nos vies : La revue Lire et Dire précise, je cite : « l’Esprit de vérité, relayera Jésus en tant qu’enseignant, une espèce de répétiteur, dans la mesure où il n’a pas à apporter de révélation nouvelle, mais à faire ressouvenir de tout ce que Jésus a dit. C’est lui qui est venu assister les évangélistes pour qu’ils fassent mémoire des paroles du Seigneur. Mais on peut aussi dire qu’il est un enseignant car son rôle est en même temps de faire découvrir tout le sens de ce que Jésus a dit, au-delà des incompréhensions de ses premiers auditeurs. [3]». Luther en est l’exemple protestant le plus connu.

« L’Esprit de vérité est aussi un esprit d’amour qui nous fait entrer dans un merveilleux cercle d’amour qui dépasse tout ce que l’entendement humain peut percevoir : l’amour réciproque du Père et du Fils qui nous englobe, nous fait découvrir que nous sommes aimés et nous pousse à aimer en retour. Cette réalité mystérieuse est exprimée au verset 23 : « nous viendrons à lui et nous établirons chez lui notre demeure.

Et cerise sur la gâteau, le verset 16 précise : « il restera avec vous pour toujours » ! Cela ne concerne pas seulement les premiers disciples. Ce « vous » dans la pensée de Jean vise naturellement aussi les lecteurs de son Évangile, en son temps et pour tous les temps ».

L’Esprit de vérité atteste la présence du Christ et de son Père dans les cœurs même des disciples, aujourd'hui comme dans ceux des premiers temps de l'Église. La constance de cette présence dans nos vies garantie l’action opérante et bienfaisante du paraclet : « il nous assiste dans nos vies pour nous aider à surmonter les obstacles, il nous éclaire et nous guide sur le chemin de nos vies. Il est celui qui plaide notre cause, il est notre défenseur face à tous ceux qui nous accusent, nous mettent à l’épreuve. Il perpétue en nous la présence du Christ ressuscité. Il agit comme un vrai relais, un réémetteur de la Parole divine. Il est aussi celui qui accompagne nos célébrations chrétiennes ; il nous aide à y discerner la Parole de Dieu et la présence du Christ ressuscité dans l’écoute des textes bibliques qui deviennent pour nous Parole de Dieu par son intervention en nous. Par sa lumière, le Saint Esprit éclaire notre lecture, il illumine nos cœurs et inspire notre méditation.[4] » Dans les temps anciens, Dieu a été présent dans la tente, dans le tabernacle, puis dans le temple et enfin Jérusalem tout entière. Aujourd'hui, le lieu de la présence de l’Esprit, c’est notre cœur. Et non seulement l’Esprit mais aussi le Père et le Fils : « mon Père et moi nous établirons notre demeure en lui ». Nous comprenons pourquoi le proverbe nous exhorte à garder notre cœur plus que tout autre chose[5] !

 

3 )  l’accueil du paraclet : Y a t-il une condition préalable à la venue lumineuse et bienfaisante du paraclet dans notre cœur ? « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements (…) celui qui m’aime c’est celui qui a mes commandements et qui les garde ». Si vous m’aimez…  Aucune, aucun de nous ne doute, j’en suis sûre, que la grâce nous est acquise, première et sans condition. Un pasteur écrit, je cite : « Dieu, par une décision dont le secret n’appartient qu’à lui a décidé de ne pas tenir compte de nos péchés avoués ou pas et de nous ouvrir tout grand ses bras de Père. Mais pour prendre conscience de cette grâce et de l’immense privilège qu’elle révèle et pour vivre pleinement du bonheur de se sentir sauvés, il faut accueillir ce supplément d’Esprit que Dieu nous donne. Pour l’accueillir, il faut s’y préparer. Pour s’y préparer, il faut en faire l’effort. Il faut d’abord désirer qu’il s’installe en nous pour participer à notre vie intérieure. Il se comporte alors comme un baume bienfaisant qui oriente toutes nos pensées pour qu’elles se mettent en harmonie avec celles du Père, comme une bouffée d’oxygène que l’on fait respirer au malade pour le ranimer. Nous sommes des êtres en manque de souffle et Dieu nous envoie généreusement ce souffle qui vient de lui. Il nous appartient maintenant de l’utiliser pour surmonter ce qui entrave nos désirs. Alors nous verrons se cicatriser nos plaies intérieures et nous pourrons nous projeter sereinement dans l’avenir.[6] » (fin de citation).

 

Conclusion : En conclusion, avec son humour habituel, Antoine Nouis offre, dans un de ses commentaires sur l’Esprit saint, une image qui pourrait nous accompagner dans les jours qui viennent, exhortation à se laisser porter et emporter par l’Esprit de vérité (je cite) :

 

« Un passage d’Esaïe dit :

Ceux qui espèrent dans le Seigneur renouvellent leurs forces.

Ils prennent leur vol comme des aigles ;

Ils courent et ne se lassent pas,

 Ils marchent et ne se fatiguent pas.

Si l’Écriture nous invite à être des aigles, nous ressemblons trop souvent à des poulets.

Avez-vous déjà observé un poulet qui essaie de voler ? ça s’agite, ça fait du bruit, ça remue du vent… mais ça ne vole pas très haut. En revanche, un aigle qui déploie ses ailes se laisse porter par le vent. On a observé un aigle faire vingt-cinq kilomètres sans un seul battement d’aile.

Se laisser porter par le souffle de l’Esprit, c’est apprendre à déployer ses ailes pour devenir un peu moins poulet et un peu plus aigle.[7] ». Amen.

 



 

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Paraclet#:~:text=Le%20paraclet%20est%2C%20chez%20les,26%20%3B%2016%2C%207).

[2] Antoine Nouis Le Nouveau Testament commentaire intégral tome 1 page 719

[3] Lire et dire p. 27

[5] Proverbes 4, 23

[6] Jean Besset http://jeanbesset.unblog.fr/2011/05/27/jean-14-15-26-le-consolateur-dimanche-29-mai-2011/

[7] Antoine Nouis un catéchisme protestant   page 214²              ²

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