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Eglise Protestante Unie de Narbonne

Dimanche 29 janvier : Matthieu 5, 1 - 12 "un tableau diffuseur..."

27 Janvier 2023, 11:17am

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

NARBONNE  29 JANVIER 2023

Matthieu 5, 1 – 12

 «  un tableau infuseur… »

(avec Lire et Dire)
 

En ce début d’année, nous avons souhaité, à tour de bras, je devrais dire, à « tour de langue » « tous nos vœux » aux personnes dont nous croisons le chemin : la santé, un travail, pas trop de pépins etc. Avec notre lecture de ce jour, les vœux pourraient prendre une autre tournure : « Tous mes vœux de malheur » ! de pauvreté, de pleurs, de faim et de soif, de persécutions… Pourquoi donc appelons nous ce texte « les béatitudes » ? C’est que, malgré les situations décrites, chaque phrase commence par le mot « heureux » dans la plupart de nos traductions. Alors ? Bonheur ou malheur ?

Nous parlerons donc d’abord du mot qui déclenche la polémique, le mot grec « makarios ». Puis nous pourrons entrer dans le texte, tableau parfait, complet de celui qui est notre Maitre et notre Sauveur. C’est vers lui que je voudrais, ce matin, faire converger toute notre attention. Nous aborderons ensuite brièvement la question : « c’est pour quand, ce bonheur ? ».

 

1 ) « makarios » : Commençons par un peu de vocabulaire avec le terme grec «  makarios », généralement traduit par « heureux ». Dans les Écritures, on appelle « macarisme » la déclaration de bonheur commençant par « makarios » : une première phrase désigne les bénéficiaires, et la seconde phrase les raisons de ce « makarios ». Matthieu en décrit 8.

Je ne suis en rien capable de traduire du grec ancien ou de l’hébreu qui, lui aussi, propose un terme pour cette situation, « asher » traduit en grec par makarios. Alors je vais simplement vous exposer quelques prises de position, éclairantes pour notre lecture.

La traduction la plus courante c’est « heureux » ou « bienheureux ». Ce mot là soulève une question basique à cause de la forme paradoxale qui présente comme un bonheur une situation qui en est le contraire : la pauvreté, l’affliction, la faim, la soif, n’ont rien d’heureux.

Chouraqui, lui, traduit : « en marche ». Un pasteur commente les arguments pour justifier son  choix[1], je cite : « « Ieshoua ne dit pas « makarios », il prononce le mot hébreu « ashréi », premier mot des psaumes 1 et 119. (…) « Ashréi » (au pluriel) a pour racine « ashar » qui n’évoque pas un vague bonheur d’essence hédoniste, mais implique une rectitude de l’homme en marche sur la route sans obstacle qui mène vers Adonaï, ici le royaume d’Adonaï. Tous les dictionnaires étymologiques de l’hébreu biblique attestent pour premier sens à la racine « ashar » celui de marcher. Être heureux étant un sens secondaire tardif ». (fin de citation).

Le pasteur Elian Cuvillier[2], lui, propose une autre traduction, je le cite : « Je propose de traduire makarios par le terme « vivant ». (…) « Vivant » signifie ouvert, au sens de disponible à la vie du désir en soi. Ainsi entendue, chaque béatitude, loin de proposer la résignation devant les difficultés de la vie en promettant un avenir radieux aux plus dociles d’entre nous, ouvrent à une autre dimension de l’existence, instituant une nouvelle manière d’être homme ici et maintenant[3]. » (fin de citation).

Heureux, en marche, vivant (et la liste n’est pas exhaustive), voilà ce à quoi nous sommes appelés dans notre chemin à la suite de celui qui est à la fois l’accomplissement et l’aboutissement des béatitudes.

 

3 ) 8 béatitudes :  « Heureux, en marche, vivant»… Certes les Béatitudes décrivent des situations vécues par les humains, situations de passivité puis d’agir, mais avant tout elles mettent le projecteur celui qui les énonce.

Le pasteur Louis Schweitzer écrit qu’elles sont « le plus beau portrait possible du Christ, l’icone biblique la plus précise sur Jésus[4].  Pour moi, une icône c’est une espèce de tableau infuseur : tu te plonges dedans et te voilà comme une éponge qui absorbe et intériorise tout ce que tu reçois. Cette lecture est donc plus qu’un parcours des yeux. Tu peux t’enrichir, t’élargir, et même vivre des transformations inédites en relation avec l’icone que tu lis. Mais sur le chemin à la suite du Christ, cela n’a rien d’étonnant. Entrons donc dans la lecture de cette icone :                                             

- Dans la première béatitude : des pauvres en esprit, attitude aux antipodes de l’autosuffisance, image de celui ou celle qui se sait en manque et qui, devant Dieu et devant autrui, se pose en demandeur plutôt qu’en être bouffi de certitudes. Jésus, «a lui-même renoncé à tout ce qu’il avait et a pris la condition de serviteur[5]. »

- Dans la deuxième béatitude : des doux, qui renoncent à faire violence à l’autre. Jean Climaque disait que « la douceur est un roc qui domine la mer de l’irascibilité et sur lequel se brisent toutes les vagues qui y déferlent sans jamais l’ébranler ». Jésus était « doux et humble de cœur[6] ».

- Dans la troisième béatitude : celles et ceux qui pleurent, ou si l’on suit le grec, qui portent le deuil. Dietrich Bonhoeffer y voyait celles et ceux qui, par excès de tristesse, aspirent au Royaume en portant le deuil du monde. Jésus a pleuré en voyant la douleur de ceux qu’il aime, comme au moment de la mort de Lazare[7], il a pleuré sur Jérusalem qui n’a pas reconnu le temps où Dieu est venu la secourir[8] et souvenons nous qu’il a aussi offert avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort[9].

- Dans la quatrième béatitude : des affamés et assoiffés, pas tant de nourriture ou de boisson que de justice. Avec eux, Matthieu fait un déplacement car ce ne sont plus des personnes qui subissent mais avec cette faim et soif de justice, voilà maintenant des personnes actives qui se dépensent sans compter pour réaliser la volonté de Dieu. Le besoin d’assistance devient le désir d’offrir une aide, d’agir pour le Royaume. Et le ministère tout entier de Jésus est œuvre de justice, pour la justice. En lui s’accomplit ce qu’avait dit le prophète Esaïe : «je place mon Esprit sur lui et il annoncera la justice aux nations [10]»

- Dans la cinquième béatitude : des cœurs purs, intègres. Nous savons que Jésus, dans un monde religieux où la pureté était d’une importance première, a complètement révolutionné l’approche de la notion juive d’impureté extérieure quand il déclare que c’est du cœur que viennent les choses impures. C’est pourquoi nous prions avec le psalmiste : « ô Dieu, donne moi un cœur pur[11] ».

- Dans la sixième béatitude : des miséricordieux, qui, eux aussi, œuvrent pour le bien être de leurs semblables. La miséricorde est une compassion qui donne, attentive à la souffrance de l’autre. Il arrivait que Jésus fut ému aux entrailles devant la détresse des foules dont il croisait le chemin[12], il était physiquement touché dans sa chair, pris de pitié, subjugué de compassion.

- Dans la septième béatitude : des artisans de paix, qui se mobilisent pour la faire. Daniel Bourguet précise, je cite : « cette béatitude utilise un mot composé qui décrit une activité, un travail, non pas une œuvre d’amateur mais de professionnel, ce à quoi un spécialiste consacre l’essentiel de son énergie. Il y a des artisans de paix comme il y a des artisans maçons ou des artisans boulangers[13] ».(fin de citation). Jésus nous a dit : « je vous laisse la paix, je vous donne ma paix »[14].

- La huitième béatitude est évidemment celle où le paradoxe est à son comble : les persécutés pour la justice sont, eux aussi, « heureux, en marche, vivants »… Jésus a vécu les affres de la torture et de la croix. Daniel Bourguet écrit qu’il « s’agit de faire en sorte que Jésus trahisse Dieu ou les hommes. Persécution extrême qui fait de lui un cas extrême. La croix est le lieu de vérification de la solidité du lien qui unit Jésus à Dieu, tout autant que du lien qui unit Jésus aux hommes »[15].

 

2 ) un bonheur paradoxal   : « heureux, en marche, vivant les pauvres en esprit, les affligés, les affamés et assoiffés de justice »… car… le royaume des cieux est à eux, il seront consolés, ils seront rassasiés , ils hériteront le Royaume, ils seront appelés enfants de Dieu »… « Quel étrange bonheur ! Les béatitudes sont une espèce de bouffée de joie paradoxale. (…) En principe, le bonheur est une promesse de lendemains qui chantent, il s’apparente le plus souvent à l’absence de difficultés, au confort, à la tranquillité d’esprit. Les béatitudes, elles, n’énumèrent pas les conditions minimales d’une vie paisible. (…) C’est pourtant là l’étrange voie de Dieu dans le monde (…) Une telle vision du bonheur ne confirme pas la sagesse populaire mais ressemble plutôt à une confession de foi qui se fonde sur une promesse de Dieu. Elles prennent en compte le réel de la vie avec sa dureté, ses limites, ses impossibilités, ses drames. Le décalage avec des béatitudes telles que nous les concevons est évident. Dans l’immédiat, ce qui est vécu, c’est un malheur probable. »

La revue Lire et dire écrit, je cite : « le bonheur des béatitudes est lié à une promesse qui prend en compte le temps de l'histoire, de la longue histoire. Cette mise en perspective détermine le présent de notre vie, faisant le procès des promesses de bonheur immédiat qui font les choux gras des marchands d’illusion. (…) la consolation des béatitudes admet une béance. Par cette mise en perspective, elles tiennent compte de la limite de ce monde pour permettre d’y vivre [16]».(fin de citation ).

 

Conclusion : Nous avons bien trop vite survolé un texte admirable que nos amis veilleurs et veilleuses connaissent bien pour le prier chaque jour. Un texte interpelant qui, dans le visage du Christ qui transparait en creux dans chaque mot, invalide les logiques humaines à courte vue. Il vise à l’après demain et non seulement à demain, tout en donnant à notre aujourd'hui sa marque d’espérance. Daniel Bourguet propose une version que les disciples auraient dire à Jésus quand ils l’ont retrouvé en Galilée. Je vous propose de la faire nôtre. Elle est appel à la conversion, à la mienne, à la tienne. Écoute :

Heureux es-tu, Toi le pauvre jusqu’à ton dernier souffle,

Le Royaume des cieux est à Toi.

Heureux es-tu, Toi le doux,

La terre t’a été donnée en héritage.

Heureux es-tu, toi qui a pleuré,

Te voilà consolé.

Heureux es-tu, Toi l’affamé et l’assoiffé de la justice,

Te voilà rassasié.

Heureux es-tu, Toi le cœur pur,

Tu vois Dieu.

Heureux es-tu, Toi le miséricordieux,

Il t’est fait miséricorde.

Heureux es-tu, Toi l’artisan de paix,

Tu es Fils de Dieu.

Heureux es-tu, Toi le crucifié pour la justice,

Le Royaume des cieux est à toi. [17]»

Amen.

 

[1] https://www.ethikos.ch/10154/matthieu-53-12-mt-53-12-marche-beatitudes#:~:text=Qu'en%20est%2Dil%20avec,la%20foi%2C%20en%20parfaite%20adh%C3%A9rence.

[2] https://www.youtube.com/watch?v=_Hy_wgJkf4g elian cuvillier bonheur et béatitudes

[4] Conférences du Carême protestant 2004

[5] Philippiens 2, 7

[6] Matthieu 11, 28

[7] Jean 11, 32-36

[8] Luc 19, 41-42

[9] Hébreux 5, 7

[10] Matthieu 12, 18

[11] Psaume 51, 12

[12] Matthieu  14, 14

[13] Daniel Bourguet : Les béatitudes p. 79

[14] Jean 14, 27

[15] Daniel Bourguet Les béatitudes p. 90-91

[16] Lire et dire p.23

[17] Daniel Bourguet Les béatitudes p. 93-94

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Dimanche 22 janvier 2023 : Jean 1, 35 - 42

23 Janvier 2023, 09:59am

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

Lecture  : Jean 1, 35 à 42

 

Jean-Pierre Pairou

 

 Court texte de l'Évangile de Jean, qui se poursuit dans son particularisme. Rappelons que cet Évangile est le plus tardif et différent des synoptiques, avec un grand nombre de thèmes et d'épisodes qui lui sont propres. Cet épisode pourrait être rapproché pour le comparer de celui de Mt. 4, 18 à 22.

Il se situe après le "prologue théologique" et insiste sur l'importance du témoignage de Jean-Baptiste. On peut scinder ce moment en quatre aspects :

1) Le prophétisme de Jean-Baptiste

2) Son message qui conditionne la démarche des premiers apôtres.

3) L'étonnante question : " Où habites-tu " ?

4) La nécessité de la transmission

 

1) La référence à Jean-Baptiste renvoie à une histoire qui est celle du peuple juif et du prophétisme. Le peuple et les chefs juifs sont dans l'attente d'où surgit la question " Qui es-tu ? " à savoir es-tu dans la lignée des prophètes (Esaïe, Jérémie, Daniel ...) ou es-tu celui dont ils ont parlé ? La réponse " l'agneau de Dieu" place immédiatement Jésus dans la perspective de la croix et non dans celle d'un évènement glorieux.

Mais cette mise en perspective dans une histoire nous concerne aussi éminemment. Nous sommes, nous aussi, situés dans une culture sociétale, familiale qui nous fait, sinon opter pour une foi véritable, du moins nous inscrire dans un système de croyance (ou de non croyance) dont nous héritons. Et que chacun a pu, dans son histoire personnelle accepter ou rejeter.

 Chacun peut se poser la question de savoir s'il est dans la continuité d'une tradition ou en rupture avec elle et se demander ce qui le rapproche le plus de Jésus-Christ.

En parlant avec une amie de ses positions sociales, compassionnelles, mais refusant toute " croyance", je me suis permis de lui dire qu'elle était " chrétienne sans le savoir" car suivant les pas du Christ. Sans doute était-elle dans une tradition qui avait forgé sa personnalité au-delà des "croyances".

 2) Le message reçu par les deux premiers " apôtres" conditionne leur réponse. Jean-Baptiste leur désigne Jésus comme " l'agneau de Dieu". Il s'agit là d'une référence à la tradition sacrificielle. Le sacrifice au temple est une porte ouverte vers Dieu, une soumission à sa volonté et une communion avec Lui. Ce qui, pour nous, renvoie à la croix et à la Cène.

En quoi cela nous- parle-t-il ? Qui est Jésus pour chacun d'entre nous ? Les définitions habituelles (agneau de Dieu, fils de Dieu, Christ ou messie) employées comme des noms de famille nous éclairent-elles vraiment ?

Chacun d'entre nous ne devait-il pas plutôt se demander : qui est Jésus dans ma vie ? Est-il son sens (c’est-à-dire sa signification et sa direction) ou une simple " assurance vie" qui m'aide face aux difficultés du monde ? Le suivons nous, nous mettons nous à son service ou l'invoquons nous seulement face à nos difficultés à vivre ?

Qu'est-ce qu'être " fils de Dieu" si ce n'est être la seule image que nous pouvons nous faire d'un Dieu inimaginable ? En quoi cette image de Dieu en Jésus nous permet elle de vivre ?

3) "Où habites-tu ? "

Étonnante question qui renvoie évidement à cette volonté trop humaine de vouloir situer Dieu, l'encadrer. Cette volonté, d'une certaine manière, a donné lieu à une architecture (églises et cathédrales) qui manifeste cette volonté de se dire « il est là». Mais aussi la volonté d'appartenance à une institution dont on suppose qu'elle détient la vérité. Vouloir suivre Jésus sans se tromper de maison peut conduire à changer d'institution ecclésiale. Mais y a-t-il une institution qui détienne la vérité de Dieu en Jésus- Christ ? Je suis sensible au fait que notre EPUDF ait affirmé dans ses statuts qu'elle ne prétendait pas être à elle seule l'Église de Jésus- christ. Pour nous humains, Le Dieu de Jésus- christ n'habite qu'une maison : celle de l'Écriture qui doit devenir parole ! Pour cela, il convient de savoir s'approcher de nos frères et sœurs humains comme Jésus l'a fait ! Nous pensons toujours être dans la " bonne maison", mais celle-là n'est définie que par l'amour que nous savons témoigner.

" Que cherchez-vous ? " dit Jésus. Nous le cherchons Lui, mais souvent en ignorant où il nous attend vraiment.

" Il ne s'agit pas d'aimer Dieu dans l'abstrait, d'aimer un Dieu qu'on s'imagine, que l'on façonne à son image. Il s'agit d'aimer l'Homme, l'homme avec ses limites, l'homme avec son animalité, l'homme avec tout ce qui en lui nous rebute et nous répugne. Car c'est justement en dépassant tout cela qu'on atteindra au vrai Dieu. Le Nouveau testament, le testament éternel, c'est d'aimer l'homme pour ne pas manquer Dieu. " dit Maurice Zundel

Ainsi sauvés par l'Amour de Dieu manifesté en Jésus devons nous être les " porte-paroles" actifs de cet amour. L'institution ecclésiale, quelle qu'elle soit, n'est pas la «maison de Dieu". Elle est le Lieu où nous devons apprendre à le rencontrer. C'est ainsi que, dans notre texte, André ne reste chez Jésus qu'un moment. Nos institutions ecclésiales sont des lieux de départ et non d'arrivée.

4) André quitte la maison de Jésus et s'en va annoncer ce qu'il a appris. C'est sans doute ce que l'on appellera la mission. Celle-ci n'est pas l'affaire de spécialistes mais de témoins c'est-à-dire de chacun d’entre nous. Sommes-nous tous missionnaires ? Le choix de suivre Jésus, c'est celui de quitter nos illusions de le croire plus présent dans une église, une cathédrale ou un temple. D'ou le thème qui nous est cher d'être une " Église de témoins"

 Pour les disciples, suivre Jésus, c'est être envoyés, comme nous, dans un monde de plus en plus difficile. Notre société semble " déchristianisée", mais a-t-elle été vraiment chrétienne ? " Le christianisme n'a pas échoué, on ne l'a pas encore essayé " disait Théodore Monod.

 Ainsi, être chrétien doit-il être pour chacun d'être un «autre christ" et tenter d'agir comme Lui pour porter un message annonçant le règne de l'Amour divin.

 

Ce texte met à l'envers le choix des premiers disciples. Ce n'est pas Jésus qui appelle comme dans Matthieu, mais ce sont eux, qui, à la faveur d'une parole choisissent de le suivre. Mais ce texte ne doit pas nous amener à l'idée répandue qui veut que ce soit nous qui choisissons. Dans ce texte, c'est bien Dieu qui s'adresse aux hommes à travers la prophétie de Jean-Baptiste. Les disciples sont choisis comme auditeurs et comme nous le sommes.

Porteurs d'un message lourd à témoigner, mais léger à porter, celui de l'Amour inconditionnel de l'agneau de Dieu et de Dieu pour l'humanité.

 

 

                        

 

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prédication dimanche 15 janvier 2023 Esaïe 49, 1 a, 3 - 6

16 Janvier 2023, 09:39am

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

Narbonne 15 janvier 2023

 

Esaïe 49, 1 a, 3 – 6

 

Pasteur Philippe Perrenoud

 

Le passage d'Esaïe proposé aujourd'hui redonne espoir au peuple d'Israël. Découragé par leur captivité en Babylone, apparemment supplanté par d'autres divinités qui semblent ''mieux marcher'', le peuple de Dieu reçoit un message par le prophète Esaïe. Celui-ci est envoyé par notre Seigneur. C'est ainsi qu'il permet à ceux qui le veulent de sortir du découragement.

Ce passage s'adresse toujours à nous aujourd'hui. Mais finalement, comment pouvons-nous, chacun/e d'entre nous, participer à l'action de Dieu lui-même ? Et pourquoi moi, Français, Européen, ou autre, je peux participer au « peuple de Dieu » ? Celui-ci est ici Israël ! Ce ne serait donc pas moi, pas vous, pas nous... Voilà 2 questions qui nous dépassent complètement... que l'on ne peut résoudre... Ces rôles ne sont pas pour nous... Ou alors : comment ?

Certes, nous le pouvons par Jésus-Christ... Mais alors pourquoi évoquer ces textes du Premier Testament ? Pour nous parler des racines culturelles de Jésus ? Certes, mais bien plus : des racines de foi, des racines qui grandissent toujours... qui fonctionnent toujours... Comment ? Recevoir ce rôle, car il contient déjà une ouverture pour nous, pour tout homme et femme : il dit bien dès le v. 1 Ecoutez-moi, vous les îles, soyez attentives populations du lointain ; et notre passage se clôt au v. 6 par Je t'ai destiné à être la lumière des nations, pour que mon salut soit présent jusqu'à l'extrémité de la terre.

Les messages bibliques ont une portée universaliste. L'oublier serait non seulement mettre de côté une dimension importante de notre foi. Et ceci dès le Premier Testament, contrairement à ce qui nous semble parfois. Bien plus alors : l'oublier serait nous couper de ce Peuple de Dieu ! Si nous oublions que notre foi est, à sa base même, pour toutes les nations, nous la limitons alors à une ethnie ; et nous nous en exclurions donc de fait nous-mêmes...

Mais affirmer une dimension universelle ne suffit pas. Comment se réalise-t-elle ? Car d'autres mouvement ou nations, y compris totalitaires, avaient/ont aussi une vision universaliste... et veulent l'imposer... Face à cela, Esaïe devient porte-parole d'une lumière (et non d'une supériorité...) pour les nations, d'un Peuple de Dieu pour les autres... Et cela change tout. Ce n'est pas un modèle qui s'impose, mais qui se propose, en éclairant chacun/e, selon l'Alliance qui a été donnée (à d'autres, justement !) ; plus précisément encore : une Alliance de liberté.

Nous serions sinon dans la confrontation entre des modèles universalistes : d'autres sont aussi universalistes, comme l'Islam, particulièrement marquant dans notre histoire et actualité. Deux universalismes pour une même planète, et même terre, cela risque fort d'amener aux conflits... Sauf si nous nous souvenons de quelle Alliance, de quelle foi, il s'agit... une lumière reçue, à vivre déjà soi-même, et à proposer alors, avec l'humilité que cela suppose ; et même l'attention à l'autre...

Les chrétiens sont trop tombés dans le piège d'une supériorité, ou d'une confusion entre foi et cultures particulières... Surtout peut-être depuis que le christianisme a été récupéré comme religion officielle, puis avec les croisades, la colonisation, etc...

Ainsi, par exemple, une petite histoire qui peut nous rappeler que notre foi ne peut se limiter à telle ou telle culture particulière, mais doit aller à la rencontre de l'autre ; tel qu'il est. Ainsi donc : un missionnaire est allé, au 19ème siècle, « évangéliser » une tribu outre mer. Il y est resté 10 ans à proclamer l'Évangile. Devinez combien (ou quel pourcentage) de conversion il eut ? Zéro ! Il a alors fini par se poser des questions et a fini par comprendre qu'il fallait changer d'attitude : il s'est mis à apprendre la langue du lieu, à manifester, par son attitude aussi, une présence à ce peuple... … qui s'est alors peu à peu, mais largement, converti au christianisme ! Au début sans résultat, comme le disait déjà Esaïe au début du passage d'aujourd'hui. Mais qui finit par recevoir l'appel d'une Présence de Grâce, au service des autres, et du plan de notre Seigneur...

Comme Esaïe dans le milieu de ce passage, il y a pourtant des moments où nous avons le sentiment d'être seuls, ou même abandonnés de tous ; que cette foi ne ''marche pas'', ou (plus souvent... ) « marche moins bien que d'autres »... N'avez-vous jamais entendu, ou pensé cela ?... Et c'est normal... peut-être y a-t-il l'occasion de se demander alors où et comment est l'essentiel ?... Et que par la prière, la rencontre de l'Autre et des autres, viennent des perspectives de l’essentiel ; qui, le rappelait quelqu'un récemment, est souvent invisible pour les yeux...

Comme dans toutes relations, le découragement risque toujours de venir, d'être là ; surtout lorsque les choses, et la foi en particulier, sont polluées par des dimensions de dû, d’intérêts, etc. ; et non comme un/des cadeau/x. Ce qui n’exclut bien sûr pas d'y travailler !... Au contraire, un cadeau, ça se prépare, ça se reçoit, avec les adaptations que cela suppose parfois ; surtout quand celui-ci est important.... Mais cela reste gratuit !

 

Israël, pendant son exil, s'est découragé. Il a eu l’impression d'avoir travaillé pour du vent ! Il se rend compte de son erreur. Un jour nouveau arrive. Le découragement peut s'en aller pour laisser la place à l'espoir : vous n'avez pas prié en vain, partagé pour rien, mené une vie honnête pour rien ; car c'est déjà pour soi-même, et dans la relation à notre Seigneur... Les idoles des plus forts ne sont pas durablement les plus fortes... Elles ne sont qu'en apparences les plus fortes ; comme nous le rappelle l'histoire, et en particulier celle de l'exil... Malgré le découragement, l'infidélité, les tentations ou les conflits, notre Seigneur rappelle son projet : y compris confier la réalisation de son plan de Salut à celui qui est son serviteur devant les nations... Non par ses mérites, mais par Grâce.

Le Peuple de Dieu ne doit nullement désespérer. Bien que déprimé, il pourra être renouvelé, en devenant lumière pour les nations.

Il y a toujours, certes, de quoi être découragé quand on est, comme Israël, d'abord exilé, réduit, avec le sentiment d'avoir été abandonné (ou même punit) par Dieu... Un tel sentiment d'amertume nous habite parfois quand nous pensons que Dieu/notre Église est injuste...

Comme le Peuple de Dieu, celui d'Esaïe et de toujours, l'Église n'a pas à désespérer ! Même si elle travaille loin des projecteurs, elle est, par le message qu'elle peut recevoir et partager, une lumière pour tous les peuples. Cette lumière ne lui vient pas d'elle-même, bien sûr... justement !...

Elle nous éclaire, nous remet en route !...

 

Amen

 

 

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dimanche 1er janvier 2023 textes litrugiques

31 Décembre 2022, 19:33pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

DIMANCHE 1er janvier 2023

 

NARBONNE

 

PROCLAMATION DE LA GRACE DE DIEU ET ACCUEIL

 

La grâce et la paix vous sont donnés de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Sauveur.

 

Oh quel plaisir, quel bonheur

De se retrouver entre frères !

C’est comme l’huile qui parfume la tête,

Et descend sur la barbe, sur la barbe d’Aaron,

Et qui descend sur le bord de son vêtement.

C’est comme la rosée de l’Hermon

Qui descend sur la montagne de Sion.

Là, le Seigneur donne sa bénédiction[1].

Le psaume 133 nous parle de plaisir et de bonheur,

D’une huile parfumée,

D’une rosée rafraîchissante,

Par la seule grâce d’être avec des frères, des sœurs.

 

Je vous invite à la prière :

Toi qui nous appelles à Te rencontrer,

Toi qui nous appelles à T’approcher,

Sois au milieu de nous ce matin,

Comme une mère qui protège et qui aime,

Comme un père qui écoute et qui comprend,

Comme une sœur qui héberge et compatit,

Comme un frère qui console et qui partage.

Toi qui nous appelles à Te rencontrer,

Toi qui nous appelles à T’approcher,

Sois au milieu de nous ce matin. Amen[2]

 

1 ) arc 222 « avec toi , Seigneur, tous ensemble » strophes 1, 3, 5 et 6

 

LOUANGE

 

Louons Dieu.

 

Père,

Je lance ma joie vers le ciel comme une volée d’oiseaux !

L’aile de la nuit s’est éloignée,

Et je me réjouis dans la lumière de ton amour.

Voici un jour nouveau, celui que tu fais, Père !

Mon Dieu, ton salut et ta grâce me réjouissent !

Ta présence est partout, derrière et devant,

D’un côté et de l’autre, en haut, en bas et jusque en moi.

Je suis dans la joie, Père !

Les psaumes chantent ton amour,

Les prophètes l’ont annoncé,

Et nous, nous le connaissons.

Tous les jours, par ta grâce,

C’est noël et c’est Pâques, c’est Pentecôte et l’Ascension !

Père,

Je lance ma joie vers le ciel comme une volée d’oiseaux.

Voici un jour, nouveau, qui brille, étincelle, encore

Éclate de bonheur à cause de ton amour.

Chaque jour est ton œuvre et chacun est compté

Comme les cheveux de ma tête.

Loué sois-tu, Père de mon frère Jésus Christ !

Alléluia ! alléluia ! Amen ![3]

 

2 ) arc arc 155 « avec des cris de joie » les 3 strophes

 

VOLONTE DE DIEU

 

Écoutons le projet que Dieu a fait et qu’Il nous invite à partager avec l’engagement de William Booth, le fondateur de l’Armée du Salut :

 

Tant que des femmes pleureront, bats-toi.

Tant que des enfants auront faim et soif, bats-toi.

Tant qu’il y aura dans la rue, une fille qui se vend, bats-toi.

Tant qu’il y aura des hommes en prison,

Et qui n’en sortent que pour y retourner, bats-toi.

Tant qu’il y aura des victimes de guerre, d’attentats, bats-toi.

 

Lève toi

Contre la détresse et la mort,

Contre la torture et la souffrance,

Contre la pauvreté et la misère,

Contre la haine et la terreur,

Contre le doute et la lassitude,

Contre l’oppression et la force aveugle,

Contre la guerre qui ravage les humains.

Contre tout ce qui empêche la vie.

 

Et engage-toi dans tout ce qui stimule la vie.

 

Et Moi, je serai avec toi. [4]

 

3 ) Spontané formule 3 arc 318 « toi qui es lumière »

 

PRIERE DE REPENTANCE

 

Nous nous présentons devant Dieu,

Pécheurs à la recherche de son pardon et de sa grâce.

 

Père,

Je pense parfois que je suis chargé d’accomplir des tâches importantes.

 Il m’arrive d’imaginer que de mon efficacité dépendent le bonheur des autres et le mien.

Alors je me stresse, je m’inquiète,

Je me place au centre du monde,

Et je m’oblige à la perfection.

 

Père,

Ne cesse pas de me rappeler que tout ce qui est important,

Tout ce dont la vie dépend,

Tout ce qui a une portée d’éternité,

Tout vient de toi !

 

Pardonne ma présomption.

Viens, Père, viens pardonner.[5]

 

4 ) Spontané formule 3 arc 526 « Jésus est au milieu de nous »

 

DECLARATION DU PARDON

 

Dans la reconnaissance et la paix de notre cœur, écoutons les paroles de grâce et de pardon de la part du Seigneur :

 

Père !

J’ai voulu te demander pardon

Et tu me dis :

« Je t’ai déjà pardonné ».

Je souhaitais t’offrir mon amitié,

Je voulais t’appeler « Abba », « Papa »,

Et tu me dis :

« tu es mon fils, tu es ma fille ».

Je voulais te choisir

Et tu m’avais déjà choisi.

Je voulais me réjouir d’être retourné à toi,

Et toi, tu t’es déjà réjoui

De mon retour à l’appel de ta grâce.

Loué sois-tu, Père ![6]

 

5 ) Spontané formule 3 arc 405 « toi qui m’appelles »

 

PRIERE D’INVOCATION

 

Prions avant de lire les Écritures :

 

O Père,

Tu n’ignores rien de nos réticences

Ni de nos résistances devant ta Parole.

Tu sais, combien nous nous esquivons

Lorsque ton Évangile se fait précis,

Combien nous interprétons

Lorsque te Parole nous interpelle trop,

Combien nous oublions

Lorsqu’elle se fait dérangeante.

Et pourtant, nous revoici ce matin

A l’écoute de ce que nous dit l’Écriture.

 

C’est pourquoi nous invoquons ton Saint-Esprit

Pour qu’il nous accorde un cœur ouvert à ta Parole

Et une intelligence accueillante à ton Évangile.

Derrière les mots que nous entendons,

Donne-nous de discerner ta Parole de vie,

Ta Parole pour nos vies.

 

Donne-nous d’entendre ton Évangile

Et de le mettre en pratique.

Amen.[7]

 

Lectures :

 

Galates 4, 4 – 7

« supercalifragilisticexpialidocious »

 

6 ) pas de chant entre lecture et prédication

PREDICATION

 

[1] Psaume 133

[2] Vie et liturgie mars 2020 p. 2

[3]Liturgie bleue p. 64

[4] Vie et liturgie mars 2017 p. 1 et 1

[5] P.Y. Zwahlen prières pr les jours d’hiver p. 26

[6] Liturgie bleue p. 234-235 jean pierre Yel

[7]Antoine Nouis la galette et la cruche 1 page 156

 

APRES LA PREDICATION

Pause musicale : ode à la joie

7 ) arc 610 « ô Jésus mon frère » les 3 strophes

 

   CONFESSION DE FOI

Nous confessons notre foi :

 

Nous croyons en toi, Dieu, Père de tous les humains,

Tu as fait l'homme et la femme à ton image.

 

Nous croyons en ton Fils Jésus Christ, notre Seigneur et notre frère,

Né d’une femme en notre condition humaine,

Mort et ressuscité pour nous faire partager sa vie.

Toujours vivant parmi nous, il est l’espérance du monde.

 

Nous croyons en l’Esprit, qui vient de toi et de ton Fils.

Il soulève nos vies par la force de son amour.

Il nous rassemble en ta famille universelle, ton Église.

 

Nous croyons qu’aimés de Dieu, nous sommes tous frères et sœurs,

Et que notre amour doit s’étendre à tout humain.

 

Nous croyons que, sauvés du mal et de la mort,

Nous sommes dans la vie nouvelle qui n’aura pas de fin.[1]

 

8 ) Spontané formule 3 arc 822 « louange à Dieu »

 

SAINTE CENE

 

Petite liturgie multilingue p. 18 et suite

 

PREFACE

 

9 ) arc 216 «  les mains ouvertes devant toi »

 

RAPPEL DE L’INSTITUTION

 

PRIERE DE COMMUNION

 

NOTRE PÈRE

 

INVITATION A LA CENE

 

FRACTION ELEVATION

 

COMMUNION

 

PRIERE D’ACTION DE GRACES

 

ANNONCES / OFFRANDE

 

PRIERE D’INTERCESSION

 

Unissons-nous dans la prière d’intercession :

 

Père, nous ne savons pas te prier comme il le faudrait :

Viens toi-même dans nos cœurs intercéder par ton Esprit !

 

Nous te prions, Père,

Pour nos familles et nos amis ; pour toutes celles et tous ceux qui souffrent, Les malades et les mourants, les infirmes et les vieillards,

Les pauvres et les isolés, les torturés et les exilés,

Celles et ceux qui en quelques secondes ont perdu tout ce qui faisait de leur vie un lieu agréable et confortable, particulièrement, les ukrainiens sous le feu incessant de bombes destructrices et les syriens à nouveau sous le feu de l’État islamique.

Nous te prions, Père,

Pour toutes celles et tous ceux qui luttent, qui cherchent, qui désespèrent,

Pour celles et ceux qui sont abattus par l’épreuve ou dont la foi chancelle,

Pour celles et ceux qui connaissent la tentation,

Pour celles et ceux qui t’oublient dans la prospérité ou dans la joie.

Nous te prions Père,

Pour notre ville et notre peuple, Pour celles et ceux qui gouvernent,

Pour nos villes et nos campagnes, Pour tous les peuples de la terre

Et pour la paix du monde.

Nous te prions, Père,

Pour notre Église, pour celles et ceux qui exercent un ministère parmi nous,

Pour l’Église universelle, pour sa fidélité et sa vigilance dans l’attente de ton Royaume et pour son unité[2]. Amen.

(notre Père prié pendant la sainte cène)

ENVOI

  1. pour les paroles d’envoi :
  2. Jésus,
  1. prenant cœur et corps d’homme,
  2. as changé de nom :
  1. tu t’appelles, Emmanuel, Dieu avec nous !
  2.  ! notre Dieu Emmanuel de demeurer avec nous !
  1. partir de maintenant,
  1. pourrons nous accrocher à cette solide espérance
  2. dire à nos frères :
  1. notre tête et notre cœur !
  2. s’est lié à la terre,
  3. s’est lié à tous les vivants.
  1. nous sommes plus seuls.
  1. se tient au milieu de nous
  1. avec nous il change la face de la terre.
  2. dans nos foyers et dans le monde
  1. au cœur cette solide assurance !

BENEDICTION

La promesse est pour nous aujourd'hui, 1er janvier 2023,

Il nous appartient de la saisir.

Va, tu es fils, tu es fille de Dieu.

Son amour est ta joie.

Sa paix est ton assurance

Sa grâce t’accompagne.

 

9) Spontané formule 3 arc 882 « que la grâce de Dieu »

 

 

[1] Liturgie bleue p. 296

[2] Liturgie bleue p. 393

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DIMANCHE 1ER JANVIER 2023 / gALATES 4? 4 - 7 "supercalifragilisticexpialidocious"

31 Décembre 2022, 09:57am

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

NARBONNE 1er JANVIER 2023

 

Galates 4, 4 – 7

 

 

« supercalifragilisticexpialidocious »

 

 

Introduction : Il y a très longtemps, une petite fille me disait, le visage tout triste, que son papa n’était pas son vrai papa et que c’était pas juste… je lui ai dit : tu en as de la chance ! tes petits amis à l’école et bien, leur papa n’a pas eu le choix. Il a choisi leur maman mais le bébé qui est venu après, il a été obligé de le prendre tel qu’il était. Toi, ton papa, non seulement il a choisi ta maman, mais il t’a aussi choisie, toi, puisque tu étais déjà née. Tu te rends compte ? Il t’a voulue toi, et pas un autre enfant. Il t’a choisie et il t’aime n’est-ce pas ? La petite fille me regardait, les yeux ronds en boule de billard puis elle m’a embrassée très fort. Être adopté c’est assouvir un désir indicible d’amour à donner. Et la « démarche d’adoption est totalement gratuite et unilatérale [1]». Quelle joie d’avoir ainsi été choisie ! c’est ce dont nous parlerons ce matin, car, nous aussi, nous sommes des « choisis ».

 

1 ) le temps : dimanche dernier nous avons commémoré un évènement du passé qui a ouvert sur notre monde une porte inédite : celle d’une maison qui désormais peut être la nôtre où une exceptionnelle famille,  universelle (et nous parlons ici non seulement d’espace, mais aussi de temps) nous reçoit en son sein. En effet, « Dieu a envoyé son Fils : né d’une femme, il a vécu sous la loi juive, afin de délivrer les personnes qui étaient soumises à la Loi, et de nous permettre ainsi de devenir fils et filles adoptifs de Dieu. »

Nous avons l’habitude de célébrer Noël, mais je me demande si nous prenons vraiment la mesure de l’impact que cet évènement peut avoir dans nos vies. La petite fille qui me faisait confidence de son chagrin vivait, avec sa maman, un temps difficile. Et fort heureusement, en France ! et pas en Israël, où elle n’aurait été qu’une enfant née hors mariage avec toutes les conséquences que cela implique. On les appelle des « mamzers »[2] et les tribunaux rabbiniques, encore de nos jours, leur interdisent, à eux mais aussi à leurs enfants, tout mariage avec un juif.

Et voilà qu’un homme tombe amoureux et adopte et aime, en même temps que sa compagne, l’enfant qui n’est pas de lui. Je ne dirais pas une main tendue, mais un cœur tendu et offert à l’amour de la maman et de la petite fille.

Il est bizarre le Seigneur quand même … parce que la loi sur les mamzers, c’est lui qui l’a dictée. Je dis bizarre, de mon petit point de vue humain, car si je me fixe une règle dans mes relations avec les autres, je la suis, à la lettre, sinon, j’aurais l’air de quoi si je change d’avis ? Eh bien, le Seigneur, lui, décide souverainement du devenir de ses commandements, car ce « j’ai l’air de quoi » n’a pas de sens pour Lui. il est, il était, il sera… et la loi accomplie dans la vie de l’enfant que nous fêtons à Noël est devenu Loi d’amour, loi d’accueil, loi d’adoption. Et c’est là que nous intervenons comme réceptacles de ce don supercalifragilisticexpialidocious ! je sais, ce n’est pas un mot biblique et c’est bien dommage car il exprime tout l’extraordinaire de l’amour qui nous est offert.

 

2 ) enfant / fils-fille    : Dieu a envoyé son Fils, son fils unique pour nous permettre de devenir enfants de Dieu. Ma traduction utilise le mot « enfant » mais dans le grec, c’est le mot « fils « qui est utilisé (huios en grec), le même que celui qui qualifie le Fils de Dieu. Ce qui a fait dire à un pasteur, je cite : « être chrétien, ce n’est pas être enfant de Dieu, mais fils ou fille de Dieu. La première différence entre l’enfant et le fils ou la fille, c’est que le fils, la fille s’inscrivent dans une filiation. C’est la raison pour laquelle il y a tant de généalogies dans la Bible. (…) ils découvrent qu’ils ne sont pas auto-fondés, mais qu’ils dépendent d’autres personnes et que leur identité elle même dépend d’un autre qu’eux-mêmes, que la Bible nomme Dieu et que l’esprit d’adoption nous permet d’appeler « Abba ! Père ». Les fils et les filles de Dieu ont fait la découverte que la vie se reçoit. (…) L’enfant est un être sans gravité (…) mais il convient de devenir adulte, de devenir fils ou fille, d’apprendre à donner à chaque chose sa juste place, à devenir responsable. (…) Contre la pensée enfantine que Dieu dirigerait le moindre aspect de l'histoire, les rédacteurs bibliques indiquent, dès le récit de la Genèse, que l’être humain est institué comme être responsable. Cela signifie que le cours de l'histoire dépend de l’être humain, que celui-ci est en situation de pleine responsabilité et qu’il ne peut se décharger sur qui que ce soit pour rendre le monde plus vivable »[3]. Fin de citation.

« Abba ! Père ! » un cri qui s’enracine, et aussi qui s’épanouit à la fois dans la reconnaissance de cette adoption qui nous ouvre à une vie nouvelle, mais aussi dans l’affirmation que nous vivrons cette adoption en fils et fille « de la maison », prenant pleinement part à tout ce qu’il nous y est donné d’y vivre même la corvée de poubelle et celle de la vaisselle. Euh ! dans la maison de l’amour de Dieu, sont ce vraiment des corvées ?

 

4 ) actualisation :  Une précision. En français nous parlons d’adoption de fils et de filles. Les termes « adoption » et « fils et filles » sont très différents dans notre langue. Mais en grec, je vous l’ai dit, « fils » c’est « huios » et « adoption » c’est « huiothesia ». Pas de doute, le pasteur cité a bien raison de traduire dans ce contexte, par fils et non enfant. Certes, les fils, les filles passent par une période infantile obligatoire, à moins de jouer, comme Brad Piit, les « Benjamin Button » qui nait vieux et finit nourrisson.

Nous voilà donc, fils et filles de Dieu, bénéficiaires d’une proposition d’amour que nous vivons à tout instant : « ouvre ton cœur et l’Esprit de son Fils viendra crier : « Abba ! Père ». C’est moi, c’est toi qui le vit, c’est moi, c’est toi qui le crie : « Abba ! Père ! ».

Noël a vu naitre un enfant, un tout petit enfant, un bébé. De nos jours, si nous commémorons cette naissance c’est avec, en fond tangible, ce que cet enfant est devenu pour Dieu, pour lui, pour les autres, pour le monde entier d’hier, d’aujourd'hui et de demain. Il est Fils de Dieu et nous sommes, par adoption filiale, grâce à lui, nous aussi fils et filles de Dieu.

Nous voilà dans la maison, toutes et tous ensemble, toujours enfants aux yeux des parents, fils et filles grandissants comme le dit si bien Marion Muller Colard, vivant chaque jour comme une perspective de s’élargir, de s’épanouir, jour ouvrant sur une maturité plus grande que celle de la veille. Le Fils naturel a pris la tête de la fratrie immense que le Père lui a confiée. Et s’il nous arrive encore de souhaiter un peu de lait, de redevenir un tout petit enfant, nous sommes désormais nourris avec la solide nourriture de la grâce qui fera de nous des hommes et des femmes à la ressemblance de notre frère. Lui, le Fils naturel, et nous, les fils et filles adoptées formons une fratrie indissoluble, kaléidoscope familial aux résonnances enchevêtrées d’hommes et de femmes, chacun, chacune, différents des autres. C’est dire que parfois, dans la maison, y a comme du raffut ! Et c’est bien ainsi.

 

Conclusion : En conclusion, vous allez dire que je radote, mais je voudrais vous donner un petit nom, un surnom : je voudrais vous appeler : « cadeau ». Si le masculin vous gêne, vous pouvez toujours rajouter un « e »…

L’année dont nous vivons le 1er jour ne devrait pas être facile. Nous n’allons pas fermer les yeux sur les embrouilles des fils d’emballage, et les déchirures du papier. L’année qui vient à déjà mal commencé pour nombre de nos contemporains et peut-être pour l’une ou l’un d’entre vous.

« Cadeau » : tu es réceptacle du cadeau. La boite dans laquelle le Père a déposé sa grâce, un cadeau d’une beauté transcendante. Le Père, le Fils et l'Esprit Saint ont instillé en toi leur amour communiel, qui jamais ne cesse, qui t’es destiné qui que tu sois, quoique tu fasses ou ne fasses pas.

« Cadeau » : tu es porteur et partageur du cadeau. Prends, et offre la boite d’où s’échappe le doux chant de la Bonne Nouvelle de l’Évangile, ce qui traduit signifie : offre-toi et que ta voix proclame toutes les belles choses que le Seigneur a déposé, dépose et déposera encore à l’intérieur.

« Cadeau » : Noël est passé, je veux dire, la fête de Noël. Noël, ce n’est pas seulement le cadeau du Père dans son incarnation parmi les humains que nous commémorons le 25 décembre. Noël, c’est le jour où tu es devenu fils, fille de Dieu. Noël, c’est cadeau, cadeau chaque jour, cadeau tous les jours, un cadeau filial que le Seigneur, Père, Fils et Saint Esprit s’est offert. Et qu’est-ce que tu lui plais ! C’est toi qu’Il voulait, c’est toi qu’Il aime infiniment. N’en doute pas.

Amen !

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Dimanche 18 décembre 2022 : Matthieu 1, 18 - 25

18 Décembre 2022, 21:42pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

Narbonne 18.12.22

Mt 1, 18-25

Pasteur  Philippe Perrenoud

 

359 : ô peuple fidèle

351 : d'un arbre séculaire

365 : Aujourd'hui le roi des cieux

 

Pauvre Joseph... En effet, n'y a-t-il pas parfois de quoi le plaindre ?? Car on ne lui laisse pas toujours la bonne place :

  • au mieux, on le voit comme celui qui n'a pas compris comment sa fiancée s'était retrouvée enceinte...
  • au pire, l'idée vient logiquement après cela, qu'il est le "dindon de la farce", ou même "la 5e roue du char", comme on dit...

Alors, à quoi sert-il ? Pourquoi nous raconter cette histoire, s'il a si peu d'importance, ce Joseph ? Quels rôles a-t-il ?

L’Évangile de Luc ne parle que très peu de Joseph, si ce n'est pour nous dire qu'il était fiancé avec Marie, et qu'il était présent au moment de la naissance. Cet Évangile de Luc centre son regard surtout sur Marie, sur sa foi humble. Le récit de Matthieu, nous parle davantage de Joseph : il n'est pas comme Marie, docile, mais se pose davantage de questions (et on peut le comprendre...)

Comme on nous dit qu'il est un homme "juste" (c'est-à-dire observant la Loi), il se propose de la répudier comme il se doit dans un tel cas. Mais il veut aussi appliquer cette Loi selon son sens, c'est-à-dire humainement. Il décide alors de la répudier secrètement, pour ne pas lui causer plus de tort que nécessaire. C'est donc par un songe que le Seigneur persuade Joseph de la garder.

Les récits des annonces faites à Marie et à Joseph sont presque parallèles. Mais ils diffèrent au moins sur une chose : nous voyons (et le catholicisme a contribué à renforcer cette image) une Marie qui accepte simplement le rôle qui lui est donné ; cela est juste. Mais ce qui est intéressant, c'est de trouver en même temps une image si différente chez Joseph : il est beaucoup plus réservé sur ce qui se passe. Même si on ne l'entend pas directement, il semble qu'il y ait eu tout un dialogue avec son entourage, puis avec le Seigneur, dans le songe : il accepte ce rôle, mais pas de façon aveugle ; peut-être même avec tout ce qu'il peut y avoir de doute et de questionnement.

Or ce questionnement, lui aussi, est important.

C'est aussi de là que va sortir quelque chose de nouveau. Sans ce questionnement, rien ne se serait produit. Rien ne se serait produit si Joseph était resté dans un refus plus ou moins poli ; ou plus banalement : dans une indifférence si commune à nos fonctionnements. Son attitude n'est ni une acceptation aveugle, ni un refus préalable, plus ou moins borné ou auto-suffisant (dont notre monde nous donne malheureusement tant d'exemple : le refus de ceux qui considèrent, consciemment ou pas, qu'ils ont toujours raison...)

Joseph montre une attitude qui mûrit, dans une libre acceptation. C'est ici la Parole de Dieu qui ré-oriente sa vie (comme les nôtres), qui provoque même un déchirement intérieur ; mais qui le met en route. Voilà aussi déjà la Bonne Nouvelle qui s'incarne : elle descend jusqu'aux hommes. Dès cette annonce reçue, même de façon aussi discrète que chez Joseph, il y a une différence, un bouleversement, motivé par l'acceptation de Dieu, et non par un simple changement de la raison humaine. Nous savons que les 2 (foi et raison) ne s'excluent pas ; bien au contraire : elles se complètent. Sinon, dans l'exemple de ce matin, qu'est-ce qui aurait pu amener Joseph à changer, à ne pas répudier Marie, comme tout le lui suggérait : entourage, code moral, etc.

Mais peu lui importe ensuite que sa réputation paraisse entachée (au point que l’Évangile, quelques décennies plus tard, doive encore le défendre...) Mais il savait ce qui est juste ; et il l'a gardé.

Ce que nous raconte Matthieu n'est pas un récit de Noël un peu naïf et sentimental (comme nous avons tendance à le vivre et à le réduire de nos jours). Ce qu'il veut nous dire, c'est l'effet de Noël sur un homme.

Ces 2 attitudes différentes me semblent se retrouver sur, au moins, un autre point : Marie porte l'enfant en elle. C'est elle qui, par exemple lors de la disparition de Jésus au Temple, lui adressera les reproches parentaux. Dans la suite du récit, Joseph disparaît. On ne sait pas ce qu'il devient... Seule l'imagination populaire ou artistique a suppléé à ce vide apparent, en se le représentant en train d'apprendre à Jésus son métier de charpentier ; ce qui est peut-être vrai, mais qui n'est pas raconté dans la Bible (comme le bœuf et l'âne de la crèche, cela vient de nos représentations ; cela montre aussi qu'il est toujours bon et nécessaire de revenir au texte lui-même, et non pas à "l'homme qui a vu l’homme qui a vu l'ours" !... )

Or nous avons vu toute l'importance du rôle de Joseph. Un rôle discret, mais non moins important. C'est par lui que Jésus est descendant de David. C'est donc aussi par Joseph que Jésus est pleinement homme. Mais il n'a pas qu'un rôle de figurant... Il est le témoin silencieux, mais actif, d'un avenir qui lui échappe pourtant. Il est effacé, mais néanmoins efficace ; et sans doute d'autant plus efficace parce qu'effacé... Comme c'est souvent le cas dans les relations et le travail en société : l'essentiel se fait souvent par des gens dont on ne remarque pas toujours l'importance, dont on oublierait facilement le rôle ; un rôle qui est souvent nécessaire, sans lequel rien ne serait possible. Un travail discret, souterrain même, mais d'autant plus sincère parce qu'il n'a pas pour but de se mettre en avant ; d'autant plus efficace qu'il n'a pas besoin de se mettre en valeur, qu'il ne recherche pas cela.

Et plus largement encore, dans le monde : les média ne nous parle que du spectaculaire, et donc souvent négatif. Mais combien de geste de paix et de courage qui ont contribué à éviter des drames, et dont justement alors ...on ne parle pas ! Mais finalement, est-ce si grave ??

Certes, nous avons aussi, souvent, besoin d'être reconnus. Mais cette reconnaissance ne peut précisément venir que des autres, et par eux-mêmes. Rien de plus agaçant que ceux qui veulent le faire à notre place, que la vantardise. Non seulement cela ne mène souvent à rien, mais aboutit même au résultat inverse.

Le plus important est-il donc de paraître ou d'être ? Surtout lorsqu'il s'agit des projets de Notre Seigneur pour nous, d'être présent à son appel. Ce rôle discret, mais finalement primordial de Joseph l'amena tout d'abord à paraître peut-être comme "la 5ème roue du char" et l'objet de
moqueries. Mais s'il s'y était refusé, ou s'il avait voulu en tirer le bénéfice pour lui-même, que serait-il arrivé ? Et certainement dans notre entourage aussi, tant de rôles discrets, mais néanmoins présents et qui permettent de grandir, de devenir, de faire ensemble. Accepter de
ne pas toujours vouloir que les autres nous ressemblent, mais les aider à être eux-mêmes et avec les autres.

Telle est la relation de Notre Seigneur envers nous, et donc celle entre nous, à laquelle nous sommes invités ; comme Joseph, accepter qu'à travers nous des rôles discrets mais efficaces soient joués ; vivre alors tant de choses auxquelles on ne pensait pas tout d'abord...

 

Amen.

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DIMANCHE 4 DECEMBRE 2022 : CULTE "FAMILLES"

4 Décembre 2022, 08:04am

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

NARBONNE 4 DECEMBRE 2022

 

CULTE FAMILIAL

 

Introduction

JO :

Quel plaisir et quel privilège de pouvoir nous retrouver, ici, ensemble pour ce culte spécial. Il a été préparé par Philippe, notre pasteur, et Christiane et nous allons pouvoir le vivre en pensant à eux car, ils sont, malheureusement, absents : Philippe a accompagné Alix, sa femme, auprès de sa belle mère qui vit ses dernières heures terrestres. Christiane, Martine et leurs compagnons sont cantonnés à leur domicile pour cause de Covid [et Patrick, notre cher président du conseil presbytéral est lui aussi dans un temps de maladie]. Bref, les absents, pour une fois ont raison de ne pas être parmi nous… Ils sont dans nos pensées et nos prières.

 

La grâce et la paix nous sont données de la part de Dieu notre Père.

Notre Seigneur vient, toujours !

Rappelons nous sa venue !

Du chemin vers la lumière, vers la Paix !

L’espérance nous est offerte ici et pour nos routes.

Dieu nous a invités pour l’écoute et le partage.

La Parole et la lumière nourrissent notre attente.

Dieu nous prépare un espace de fête.

Nous pouvons lui réponde Par le chant :

 

Arc 359 « ô peuple fidèle » =================== chant ordinateur

 

Louange

JEAN FRANCIS :

Seigneur, ta Parole habite parmi nous.

Au fil des siècles elle s’est transmise.

A son écoute, les peuples se sont réjouis.

Ils ont accueilli le salut dont elle témoigne.

Ton Esprit nous éclaire et nous donne de recevoir,

Ici et maintenant, cette Bonne Nouvelle.

 

CHANT : arc 652 : « grain de blé » ====================guitare

 

JO :

Nous nous préparons à Noël, à célébrer la venue de notre Seigneur… sur la paille…

Ce n’est pas rien… pour un Seigneur… et surtout lui… Qui donc est-il ?

Voici comment commence l’Évangile  selon Matthieu, au chapitre 1, 1 – 7 :

 

JEAN FRANCIS : lecture de Matthieu 1, 1-7

 

JO :

Il y a beaucoup de monde, de noms : des célèbres, connus par la plupart d’entre nous et même les enfants ! et d’autres noms moins célèbres.

Anne, tu en connais ?

 

ANNE continue en évoquant deux personnes moins connues dont elle a entendu parler il y a quelques temps. Dans l’arbre généalogique de Matthieu, je veux dire, dans la liste des grands pères, des arrières grands pères, des arrières arrières grands pères et plus loin encore, il y a en effet la présence d’une certaine Ruth

 

JEAN FRANCIS : lecture de Matthieu 1, 5

 

JO :

Noémi et Ruth, sa belle fille, sont veuves et revenus d’exil en terre lointaine.

 

TAMBOURIN

 

ANNE :

Les ouvriers s’en vont. Ils saluent et remercient le maitre de moisson pour le repas. Alors l’homme se lève péniblement. Il trébuche et se rattrape aux branches basses d’un olivier.

Chaque année c’est pareil ! il boit un peu trop ! Mais comment faire autrement ? Le dernier soir du battage, le maitre offre à boire et à manger sur l’aire, là, tout près du grain qui sèche.

C’est la coutume qui veut ça. Un bon patron offre beaucoup à boire et il boit avec ses ouvriers.

 

La nuit tombe. Les moissonneurs rentrent par grappe au village. Le maitre de moisson devine encore leurs silhouettes sur le chemin mais distingue à peine les murs roses des maisons ; un groupe de femmes s’attarde près du feu, elles chuchotent puis entonnent quelques refrains joyeux.

 

Tambourin.

 

Mais elle, où est-elle ?

Non, Ruth n’est pas venue.

 

De plus, cette année est vraiment une année exceptionnelle : l’orge déjà, et maintenant le blé.

L'homme regarde le tas éclairé par un reste de feu. Il y en a une quantité incroyable. Il leur a fallu une bonne semaine pour battre. Les hommes n’ont ménagé ni leur peine, ni leurs fléaux. Les femmes non plus. A peine le vent du soir se levait qu’elles arrivaient par groupe avec leurs grands paniers pour glaner les épis restants.

 

Elle, toujours seule, venait en dernier avec  le vieux tamis effiloché de sa belle-mère Noémie. Peut-être qu’elle n’a pas bien compris qu’elle était conviée à la fête.

Ou alors, elle n’a pas osé répondre  à l’invitation de Booz, le maitre des récoltes. 

 

Crapaud musical

 

La nuit s’appesantit sur les champs. Booz entend dans le lointain les sifflements des moissonneurs qui regagnent le village. Des rires aigus de femmes aussi.

Il l’a attendue. Il peut bien se l’avouer maintenant. Toute la soirée, il a regardé vers le chemin. Il jette un peu de bois sur le feu et se dirige vers le tas de blé. il va dormir tout près. C’est ainsi. Le maitre dort sur l’aire tant que le blé n’est pas rentré dans les greniers.

L'homme se tourne et se retourne. Il ne s’endort pas. Peut-être qu’elle ne pense pas à lui : il y a d’autres hommes au village.

Et que sait-il d’elle ? Peu de choses : elle vient d’ailleurs, d’un pays ennemi, rival, étranger ; elle est veuve, comme Noémie, sa belle-mère. Deux pauvresses qui ont tout perdu là-bas, au pays de Moab. Quand il lui a dit, le premier jour, qu’elle pourrait glaner autant qu’elle voulait, et manger avec eux, quand  il a dit qu’il avait donné des ordres pour que les hommes ne l’ennuient plus, elle l’a regardé longtemps. Alors le cœur de Booz, son cœur déjà usé par l’âge, a bondi dans sa poitrine, comme celui d’un cabri.

 

Faire rouler un caillou.

 

Une odeur de parfum coule du chemin, s’étale au ras du champ et se mélange à celle du blé. Mais l'homme dort ; il n’entent pas le caillou, il ne sent pas la fragance (la bonne odeur du parfum). Il ne remarque pas l’ombre tapie derrière le mur.

 

ERIC : projeter la miniature : on en a mis une autre en couleur (Jessé)

 

ANNE :

Il rêve.

Il se voit couché sur l’aire.

Un arbre sort de son corps. Le chêne vert s’élève vers le ciel dans un bruissement de feuilles.

 

Le rêveur voit maintenant des figures humaines qui s’étagent sur les branches de l’arbre.

Le premier est un roi d’une grande beauté : David. Il pince les cordes d’un luth et son chant se perd dans les étoiles.

Le deuxième, Salomon, tient une épée d’or. Il juge et il tranche.

Le troisième, le quatrième…tous sont rois.

Il y a aussi quatre noms de femmes : Tamar, Rahab, Ruth et la femme d’Urie : Bethsabée.

 

Tout en haut du chêne, il y a un nouveau né qui arrive au monde à Bethléem, ce qui veut dire « la Maison du pain ». Il y a un homme et une femme qui se penchent sur lui, couché dans la paille d’une mangeoire.

 

ERIC :  projeter une œuvre de Chagal

 

Cantique 351 : « d’un arbre séculaire » ==================musique ordinateur

 

Bol tibérain

 

ANNE :

Booz sursaute. Il se réveille d’un seul coup. C’est l’aube déjà. Il rejette la couverture. Et il voit… il y a quelqu’un ! … Là, tout près de lui, près de la paille blonde, il y a quelqu’un ! L'homme bondit : « Qui est là ? »

La forme se déplie. Le parfum se déploie. Il la reconnait. C’est elle, Ruth, du pays de Moab, Ruth sortie de son rêve…

 

« Noémie m’a dit que tu es racheteur ? S’il te plait, rachète-moi » dit-elle alors.

 

L'homme se penche vers le visage levé de la femme. Il respire son parfum.

Racheteur ?  Il n’avait pas pensé à cette histoire de rachat.

 

JEAN FRANCIS :

La loi juive prévoit les remariages des veuves. Dans le cas où le mari mort ne laisse pas d’enfant à sa femme, le racheteur – le frère ou le plus proche cousin – épouse la veuve, lui fait un enfant et rachète s’il le faut les biens du défunt. Il assure ainsi une descendance au mort, un avenir à la veuve et de quoi survivre. 

Booz a un plus proche parent qui devrait racheter Ruth.

 

Bol tibétain

 

Booz est debout, il parle : « Ta belle-mère dit vrai, mais il y en a un autre, un parent plus proche. Je m’en occuperai dès que possible ».

Il ôte un a un les brins de pailles qui parsèment les longs cheveux torsadés de Ruth la Moabite.

 

« Donne-moi ton manteau » dit-il.

Elle frissonne.

Il va vers le tas de blé. il y plonge ses mains et remplit son manteau de grains dorés.

« Ainsi, tu ne rentreras pas les mains vides chez toi ».

 

C’est ainsi que Booz, le maitre de la moisson, a épousé Ruth, la veuve du pays de Moab, celle qui était revenue avec Noémie, sa belle-mère, veuve aussi, revenue dans son village de Bethléem.

 

ERIC : reprojeter Chagall

 

JO :

Ils ont eu un fils, Jobed, dont l’un des fils, jessé, a lui-même eu 7 fils, dont l’un David, le plus petit, a eu à son tour 17 fils, dont l’un, Salomon, a eu des fils dont l’un…

Le chêne est monté haut dans le ciel du temps tout scintillant d’étoiles.

Et le temps a passé. Jusqu’à cette nuit-là.

Sur l’aire abandonnée d’un des champs au bas de Bethléem, il y a une femme venue de Galilée avec son époux. Elle gémit de la douleur qui lui tord le ventre : le descendant de Ruth et de Booz est en train de naitre.

Il sera Bethléem, Maison du Pain, pour nos faims lancinantes, nos désirs toujours exacerbés.

Il sera pour nous le Racheteur.

Racheteur de nos deuils, de nos impasses, de nos stérilités.

 

Cantique 316 : « peuples qui marchez dans la longue nuit » ========Eric

 

JO :

Et nous, aujourd'hui ? Dans un culte, il y a une dimension d’actualisation. Ce sont nos prédications ; ce fut déjà la cas avec la narration. Continuons :

- nous avons entendu que Bethléem signifie « la maison du pain ». Le pain nourriture de base.

 

JEAN FRANCIS

cela a toujours été important ; et ça l’est de nouveau particulièrement aujourd'hui : nous pensons à la crise en Ukraine.

 

JO :

Et à ce qu’elle provoque comme risque de manque de blé, en particulier pour les pays pauvres… Un rappel que notre vie est fragile, fragilisée. Mais nous n’avons pas à nous laisser prendre par toutes sortes de peurs… Comment ?   Par la solidarité à laquelle nous sommes appelés, avec toutes et tous, grâce à toutes et tous. comme dans le récit de Ruth et Booz : c’est en franchissant des frontières, comme Ruth, et en accueillant, comme Booz, que chacun peut s’en sortir.

Et bien plus encore : il s’agit de nous souvenir que la vie est d’abord quelque chose que l’on reçoit. Cela nous donne une confiance, au-delà de nos circonstances, au-delà du mal qu’il y a dans le monde…

 

ANNE :

OK. Mais quel rapport avec Noël ?

 

JEAN FRANCIS :

Il y a des symboles de Noël qui nous rappellent cette vie… En particulier des décorations que l’on met sur le sapin… Comme par exemple les boules :

- elles viennent du fruit de la Genèse, qu’Adam et Eve ont pris.

- mais il y a aussi des morceaux de pain[[azyme]], rappelant le corps de Jésus Christ que nous partageons, lors de la sainte cène. [[ ces morceaux de pain azyme, ce sont les hosties]]

 

JO :

Effectivement…ce n’est donc pas seulement chez les catholiques… Ils sont le rappel de la rédemption, par le don de Jésus. Nous mettons ainsi sur le sapin :

        - soit des boules de couleurs différentes

        - soit des friandises [[douces comme ces hosties]], douces comme la vie à laquelle Jésus nous invite, qu’il nous promet, qu’il nous offre…

 

ANNE AVEC LES ENFANTS : mettre ces différentes décorations au fur et à mesure qu’on les énumère.

 

JO :

Et d’autres symboles ?

 

ANNE :

Oui : des gâteaux, de nouveau, la douceur…

Et faits avec du blé !

 

JO :

Vous êtes un peu gourmands… vous seriez capable de nous transformer du bois, comme ce sapin, ou les bûches pour la cheminée en gâteaux…

Il n’y a pas d’autres choses ?

 

JEAN FRANCIS :

Il y a bien d’autres choses. Comme l’étoile… Elle a guidé d’autres personnes, comme les Mages, venus de loin, d’autres pays, vers Jésus, le Seigneur, Dieu né sur la paille… Nous allons donc vous donner et décorer tout à l’heure des étoiles en paille. .. Ce qui rassemblent des idées si importantes de Noël… des étoiles qui parlent du ciel et de la terre, faites avec un matériau humble et terre à terre ; des décorations authentiques et écologiques…

JO :

Dans le vrai sens du terme, le terme premier, comme selon son étymologie oiko logia : une Parole pour la maison commune.

Et nous sommes revenus à nos moutons… et brebis… nous…

-et la théologie de Noël : un Dieu né sur la paille, à Bethléem, la maison du pain ; avec tant de dimensions quant au blé, pour le pain de vie.

- comme nous pouvons le lire dans le très beau livre de Pascal Geoffroy : 40 plantes de la Bible : une des paroles les plus saisissantes de l’Évangile  s’enracine dans une observation qui remonte à l’origine la plus lointaine de l’agriculture : si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul ; si, au contraire, il meurt, il porte du fruit en abondance. (…)

Une des lectures possible : le but de toute vie, est de permettre, sur cette terre, à l’avenir de voir le jour ; de préparer un lendemain ; de l’espérer meilleur et plus fécond que le présent.

Il y a bien d’autres symboles de Noël, que nous verrons peut-être l’an prochain. Et que nous pouvons déjà chanter avec un cantique qui nous rappelle bien des images importantes du folklore autour deNoël.

 

Cantique 772 : « Mon beau sapin » ===================   musique ordinateur

 

JO : SAINTE CENE

 

JO / SAINTE CENE

 

Les graines forment le pain – et nous le partageons.

Les raisins remplissent la coupe – et nous en prenons tous

Avec chaque bout de pain, avec chaque gorgée de jus de raisin, nous nous souvenons : Dieu nous donne la vie, Dieu nous donne à manger et à boire, il garde notre vie

Avec chaque bout de pain, avec chaque gorgée de jus de raisin, nous nous rendons compte : Dieu nous lie les uns aux autres, il veille sur nous, il garde notre vie

Avec chaque bout de pain, avec chaque gorgée de jus de raisin, nous reconnaissons : En Jésus, Dieu nous a fait comprendre que l’espérance est toujours plus forte que la souffrance et la vie, plus forte que la mort, oui, Dieu nous garde.

Avec chaque bout de pain, avec chaque gorgée de jus de raisin, nous ressentons : Dieu nous lie les uns aux autres, il enlève ce qui nous divise, Dieu nous sauve.

Avec chaque bout de pain, avec chaque gorgée de jus de raisin nous espérons : Comme les épis de blé s’épanouissent sur nos champs, comme les vignes portent du raisin, la vérité et la justice grandissent et mûrissent en nous. Dieu renouvelle notre vie.

Maintenant, comprenez vous pourquoi nous mangeons le pain au culte, et pourquoi nous partageons la coupe ….car ils nous parlent de tout cela. Qui a eu l’idée de faire ainsi ?

Institution :

C’est Jésus qui a demandé de faire ainsi. [Prendre une bible dans la main et dire] : La dernière fois qu’il était rassemblé avec les disciples, ils étaient autour de la table et partageaient un repas. Et Jésus prit du pain et dit : Ceci est mon corps, donné pour vous. Mangez-en en mémoire de moi. Rompre le pain.

Son corps?

Oui, c’est ce qu’il a dit, car il est mort peu après. Et au début les disciples n’ont pas compris pourquoi il devait mourir. Ils ne voyaient pas de sens. Ce n’est que plus tard qu’ils ont compris que Jésus a risqué sa vie pour eux. Mais en laissant un message important : il ne faut pas avoir peur dans la vie, devant personne. Dieu est toujours avec nous, même dans les moments de souffrances. Le pain veut nous encourager, nous fortifier au nom de Dieu.

Et la coupe alors ? Jésus a également pris la coupe et dit : voici la nouvelle alliance dans mon sang. Élever la coupe.

Alli ….li – ance – …cela veut dire : un contrat, un engagement, l’un pour l’autre. Chaque fois qu’on boit la coupe, on se souvient : Dieu nous a promis de rester toujours fidèlement à nos côtés, il pardonne nos fautes et il nous aide dans nos soucis …

Les enfants peuvent-ils prendre eux aussi de ce pain et de cette coupe ?

Oui, c’est ce que nous allons faire, mais avant, nous allons nous mettre en cercle, car c’était ce que Jésus voulait : que nous nous rassemblions pour partager ce pain et cette coupe. Venez, tout est prêt.

Prière :

A Avant de partager le pain et la coupe, nous prions : Nous nous réjouissons d’être réunis en ton nom, Seigneur. Ta présence nous fait du bien. Tu nous vois tels que nous sommes, avec nos fautes, Avec nos soucis, Avec ce qui nous rend heureux, aujourd’hui, nous voici, et nous avons hâte de sentir l’amour que tu nous portes. Amen

Cantique : par exemple, Alléluia 21/16, 1.2. Avec toi Seigneur …

Partage

Le pain de la vie pour toi. Invite à se passer le pain en disant à chaque fois qu’on donne le pain à son voisin : « Le pain de la vie pour toi »

La coupe de l’alliance pour toi. Invite à se passer la coupe en disant à chaque fois qu’on donne la coupe à son voisin : « La coupe de l’alliance pour toi »

Prière Nous te remercions pour ce repas. Ce repas est différent des autres repas. Il nous fait sentir que tu es toujours avec nous. Il nous fait sentir que tu nous aimes tels que nous sommes. Il nous fait comprendre qu’en ton nom, nous pouvons être en communion les uns avec les autres et que nous avons beaucoup à partager. Amen

Vous allez ainsi emmener avec vous le goût de la joie, la force que Dieu nous donne par ce repas, l’envie de continuer à vivre en communion les uns avec les autres, aussi hors de cette salle/ ce temple/ cette église. Vous pouvez regagner vos places.

 

Cantique à toi la gloire 1er couplet

 

ERIC : annonces, offrande

 

JEAN FRANCIS :   intercession

Regarde moi, Seigneur Dieu, je suis devant toi et déplié comme un livre dans lequel tu peux lire tout ce que je suis.

Ton regard est celui d’un ami qui aime et qui comprend.

C’est le regard de Jésus lorsqu’il rencontrait des hommes, des femmes, des enfants.

Tous se sentaient compris, aimés, appelés à mieux faire.

J’aimerais bien regarder le monde et les hommes avec le même regard que toi. Mais souvent je m’arrête à la surface, à l’extérieur, alors je suis déçu, ou pire, je juge.

En ce temps de l’Avent, apprends moi, Seigneur Jésus, comme toi, à regarder  avec le cœur. Amen.

 

JO : envoi

En rappel de cette vie que nous recevons, qui vient au-delà de nous même, même de la mort comme Jésus nous en a laissé une parabole, grains de blé qui germe, nous allons vous donner à semer des grains (de blé ou autres) qui lèvent et décoreront la table/les tables de vos maisons.

 

ANNE/ ERIC ? à distribuer avec projection de la photo de germes ;

 

JO : bénédiction

Le Seigneur nous bénit et nous garde ! Car sa lumière brille, elle éclaire le monde. Sa paix nous est donnée, elle s’étend sur toute la terre. Amen.

 

Chant : il est né le divin enfant ======================= musique ordinateur

 

REFRAIN :

Il est né, le divin enfant !

Jouez, hautbois, résonnez musettes !

Il est né, le divin enfant !

Chantons tous son avènement !

 

Depuis plus de quatre mille ans,

Nous le promettaient les prophètes,

Depuis plus de quatre mille ans,

Nous attendions cet heureux temps.

 

Refrain

 

Qu’il est beau ce divin enfant !

Sa beauté, sa grâce est parfaite !

Qu’il est beau, ce divin enfant !

Qu’il est doux ! ah ! qu’il est charmant !

 

Refrain

 

Pendant le gouter, bricolage d’une étoile en paille.

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Dimanche 27 novembre 2022 : Romains 13, 11 - 14 ; Matthieu 24, 37 - 44 : "Debout, là dedans !"

26 Novembre 2022, 17:33pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

NARBONNE 27 NOVEMBRE 2022

 

Romains 13, 11 – 14
Matthieu 24, 37 – 44
1er dimanche de l’Avent

 

 «Debout, là dedans !»

 

Introduction : A la lecture de l’épitre aux Romains, une expression me frappe : «c’est l’heure de vous réveiller du sommeil» ! Pas de date calendaire associée à cette exclamation. Chaque jour, nous nous réveillons, nous nous levons, nous nous mettons debout (enfin, des fois c’est un peu coincé…). C’est comme si ce texte avait été rédigé pour moi, aujourd'hui, un aujourd'hui de ma sortie de la nuit, de mon éveil après le sommeil. Et à Pomeyrol on dit : « chaque jour, page blanche devant Dieu ».

Du coup, les textes que nous avons lus prennent un sens d’immédiateté, et en même temps, ils n’apparaissent en rien menaçants malgré leur injonction péremptoire car le jour se lève sur nos vies, « pages blanches devant nous », prêt à éclairer et parfois même illuminer le chemin où nous allons marcher, essentiellement, un chemin de grâce.

Nous commencerons par parler d’une attente qui n’en finit pas, puis du temps que cette attente implique, enfin, veilleurs et veilleuses de notre aujourd'hui, nous nous intéresserons à la façon de vivre cette veille.

 

1 ) en retard ? : Les disciples du premier siècle attendaient une venue du Royaume imminente, ils pensaient que Jésus ressuscité allait revenir de leur vivant et les textes tant dans l’Évangile  de Matthieu que dans les épitres de Paul l’attestent. Évidemment puisqu’ils ne pouvaient connaitre ni le jour ni l’heure, du coup, leur « ici et maintenant » de chrétiens en était affecté et toute leur vie consacrée à l’urgence d’un retour attendu dans un immédiat proche.

Le temps passe, et peu à peu, ils réalisent que l’attente pourrait être plus longue que prévue. Alors l'Église s’organise, elle met au point des dogmes, des règles, elle affine le diagramme de son organisation interne, bref, le temps qui s’allonge connait aussi, si je puis le dire ainsi, un allongement des paroles du Christ avec des paroles d’humain. Naissent alors, au cours des siècles, des institutions religieuses différentes, chacune avec sa dogmatique et ses rituels, ses engagements particuliers comme celui de l’Armée du Salut par exemple. Mais ce qui ne change pas, c’est que chacune, chacun des membres de ces institutions se lèvent chaque matin avec devant eux, une page blanche qui va s’écrire, au fil des heures, à l’encre de leur vie, sans crainte, car une main dirige la plume ou le stylo si tu préfères, une main bienveillante, inspirante, il suffit de se laisser guider. Nous allons en reparler.

Dans ton présent, ton futur est déjà en gestation quand bien même tu ne pourrais le discerner, futur immédiat, futur plus lointain. Ne le redoute pas. Van Gogh a écrit, je cite : « A une époque, on croyait que la terre était plate. Eh bien, elle l’est, même aujourd'hui, de Paris à Asnières. Mais ce fait n’empêche pas la science de prouver que la terre, dans son ensemble, est ronde. Nul ne le nie aujourd'hui. Et bien nous sommes encore au stade où nous croyons que la vie elle même est plate, la distance de la vie à la mort. Mais il est probable que la vie elle aussi est sphérique, et beaucoup plus étendue et vaste que l’hémisphère que nous connaissons. La question est de savoir s’il nous est possible de voir la vie dans sa totalité, ou si nous n’en connaissons, avant de mourir, qu’un seul hémisphère [1]» (fin de citation).

 

2 ) vivre sans résignation   :

« Vivre dans l’éternité de Dieu, s’y installer, c’est habiter le temps que Dieu nous donne à découvrir. C’est quitter ce sentiment que nous sommes coincés dans le présent, seul temps possible pour nous, et inventer l’avenir, le rêver, le créer, comme les peintres créent l’invisible dans les couleurs d’un sujet rendu présent. Aujourd'hui comme hier, nous sommes dans un temps suspendu.[2] »

Un temps d’attente, certes, que Matthieu décrit comme le temps des jours de Noé. Noé, repos, consolation en hébreu[3]. En effet, notre attente n’est-elle pas espérance ? Propulsés veilleurs, veilleuses, « nous scrutons les évènements non pas dans l’attente d’un éventuel malfrat qui viendrait s’attaquer à nos biens, mais l’attente heureuse d’un évènement qui bouleversera notre obscurité. Une lumière luit, la lumière de Noël. Dans ce premier dimanche de l’avent, nous pouvons évoquer aujourd'hui la force de lumière et d’espérance qui porte par la naissance du Christ, l’affirmation que c’est Dieu qui aura le dernier mot[4] ».

Face à tous les scénarios catastrophes, Paul affirme que le jour succèdera à la nuit. Il n’a rien d’un optimisme naïf, il discerne la nuit et il sait que nous y sommes encore. Seulement il a foi en un Dieu qui nous aime et qui nous arrachera des ténèbres dans lesquelles notre monde semble s’engouffrer. Il aperçoit d’ailleurs déjà les premiers rayons d’un jour nouveau. Jésus Christ a été le premier rayon de ce jour. Il a déjà commencé à briller dans notre vie même si nous vivons dans un monde où il fait encore sombre.[5] »

Nous pourrions le traduire ainsi : « notre présent est éclairé par notre avenir » et la résignation n’en est, en aucune façon, une option.

 

4 ) et nous, aujourd'hui   ? Alors, que l’on soit dans la chambre haute, dans les champs, en train de faire nos courses, de préparer un repas, ou de faire le ménage ou du bricolage, je veux dire, que l’on soit en train de vivre notre vie de terrien, tout simplement, nous n’en restons pas moins le cœur tourné vers la lumière de Noël, vers une attente d’un Dieu qui va venir vivre à notre ressemblance, la vie de tous les jours dont parle Matthieu : « ils mangeaient, ils buvaient, ils donnaient leur fille en mariage »… Le seul hic dans cette quotidienneté toute terre à terre c’est que les humains du temps de Noé n’avaient pour seul objectif que ces actions là.

Quoiqu’il arrive, nous ne pouvons rien faire pour retarder ou avancer le temps, pour revenir en arrière changer le passé et éviter de désastreux effets dans notre avenir. Nous ne pouvons pas davantage faire un saut dans le futur pour y puiser de quoi nous faire vivre aujourd'hui. Retour dans le futur, c’est seulement du cinéma !

Alors, que faire de notre aujourd'hui ? « que ferions nous si nous avions la connaissance que ce soir notre vie, ou le monde disparaissait ? (…) Paul nous rappelle que le temps est court. Face à cette imminence du jour, il ne nous engage pas à fuir notre quotidien mais à nous restituer dans l’urgence de l’Évangile. Cette urgence nous conduit à l’essentiel : l’amour du prochain. Je paraphrase Dietrich Bonhoeffer avec cette assertion : « Être chrétien c’est être Christ pour les autres », quelles que soient les circonstances envisagées.

J’ai vu passer dans vos yeux l’ombre d’un pommier et celle de Luther, les manches retroussées, en train de le planter dans son jardin.  Luther était un veilleur, aucune, aucun de nous n’en doute. Mais sa veille spirituelle était imbriquée dans sa vie d’humain, de mari, de père, de prédicateur, de chrétien, tout simplement. Elle était tout à la fois dans les petites choses de la vie de tous les jours et dans sa veille de chrétien. La certitude de la grâce qui libère du poids d’œuvres qui seraient supposées salutaires l’a mis en marche le cœur conscient du Jour qui vient mais paisible dans cette attente.

Un pasteur écrit, je cite : « la foi est un présent qui est en tension avec un passé qu’elle a reçu et un avenir qui lui est promis. Passé et avenir sont les lieux que Dieu a choisi d’habiter. La foi est donc un présent en tension entre l’expérience de la nuit que l’on fait chaque fois que l’ordre et le chaos menacent la vie, et la lumière qu’on peut percevoir dans la promesse reçue, foi et doute, espoir et désespoir, font partie de l’existence croyante [6]».

 

Conclusion : En conclusion, voici l'histoire du père Martin, un homme qui attendait : il attendait le Christ ! Le père Martin avait reçu la promesse que Jésus lui rendrait visite le jour de Noël. C’était un vieux cordonnier, ni riche, ni pauvre, mais solitaire, si seul, si seul. Alors, à la nouvelle de cette visite, avec fébrilité, il prépare du café bien chaud qu’il garde sur un coin de feu, quelques galettes bien sucrées, des chocolats enrobés dans leur papier doré, demain c’est Noël, n’est-ce pas ? et confortablement installé dans son fauteuil au coin du feu, tout près de la fenêtre d’où il peut voir la rue, il attend, la nuit passe, le jour commence à poindre et toujours rien...  Peu à peu le ciel s'éclaire et le père Martin ne tarde pas à voir paraître sur la place, le balayeur de rues, le plus matinal de tous les travailleurs.  Il ne lui accorda qu'un regard distrait ; il avait, en vérité, bien autre chose à faire qu'à regarder un balayeur de rues ! Cependant il paraissait faire froid au dehors, le cantonnier, après avoir donné quelques vigoureux coups de balai, ne tarda pas à éprouver le besoin de se réchauffer. Le brave homme, se dit le père Martin, il a froid, tout de même.  C'est fête aujourd'hui..., mais non pas pour lui. Si je lui offrais une tasse de café ?  Et il frappa contre la vitre. Le balayeur tourna la tête, vit le cordonnier dans la porte et s'approcha. «Entrez, dit-il, venez vous réchauffer. Voulez-vous une tasse de café ? Le cordonnier servit son hôte à la hâte, puis se pressa de retourner à la fenêtre. Qu'est-ce donc que vous avez à regarder dehors ? dit le cantonnier. J'attends mon Maître Jésus, répondit Martin, qui peut venir à toute heure, et qui m'a promis de venir aujourd'hui. (…) Puis le cantonnier sortit et le père Martin se remit à guetter.

Au bout d'une heure ou deux, ses regards furent attirés par une jeune femme, misérablement vêtue, portant un enfant dans ses bras.  Elle était si pâle, si décharnée, que le cœur du vieillard s'émut.  « Elle n’a même pas un vêtement chaud sur elle », se dit-il. Peut-être cela le fit-il penser à sa fille. Il ouvrit sa porte et l'appela ! — « Eh ! dites donc ! » La pauvre femme entendit cet appel, et se retourna, surprise.  Elle vit le père Martin qui lui faisait signe d'approcher. — « Vous n'avez pas l'air bien portante, madame ».  – « Je vais à l'hôpital », répondit la jeune  femme.  « J'espère bien qu'on m'y recevra, avec mon enfant.  Mon mari est en mer et voilà trois mois que je l'attends, je n'ai plus le sous et il faut que j'aille à l'hôpital » ! — « Pauvre femme ! » dit le vieillard attendri.  Chauffez-vous et laissez-moi le marmot. Quoi !  Vous ne lui avez pas mis des vêtements d'hiver ? » -« Je n'en ai point » soupira la pauvre femme. « Attendez donc, j'ai des souvenirs de ma fille que je garde précieusement », et il les remit à la femme. Il étouffa un soupir, « Bah ! se dit-il je n'en ai plus de besoin pour personne, maintenant.»  Et il revint à la fenêtre. —(…) À attendre ainsi cette visite, notre cordonnier n’a jamais été aussi attentif aux autres et à lui-même ainsi qu’à Jésus : aux uns il dit bonjour, à un autre il offre un café, à un petit enfant, il fit don de ses galettes, à plusieurs autres de ses chocolats dorés ; puis il y eut les précieux jouets de sa fille et quelques uns de ses vêtements ...».

Le père Martin dans l’attente d’un déjà là mais pas encore, a été un Christ pour les autres. Certes, il était confortablement installé dans sa maison. C’était facile…

Pour nous, il est possible que les temps à venir soient difficiles, voire ingérables et même invivables, alors être, dans ces circonstances, un « père ou une mère Martin » dans l’adversité ? Peut-on être un « père ou une mère Martin » quand le ciel annonce un déluge d’eau ou de bombes comme en Ukraine ? Quand le « temps est court » comme l’écrit Paul, peut-on écrire sur la page blanche du jour nouveau « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur et la maitrise de soi » ? Oui, je le crois. Et toi ? Amen.

 

 

 

[1] (Lettres de Vincent Van Gogh à Émile Bernard, Vollard, Paris, 1911).
 

[4] http://www.cultes-protestants.org Matthieu 24 v 42 Jean-Daniel Wohlfahrt

[5] Lire et dire

[6] Raoul Pagnamenta lire et dire p. 44

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Dimanche 13 novembre 2022 : Luc 21, 5 - 19

13 Novembre 2022, 23:12pm

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

Narbonne 13 nov 22

Luc 21, 5-19

Pasteur Philippe Perrenoud

 

Nous pensons parfois, ou souvent, nous connaître un peu ; voire même connaître les autres... et connaître le monde : nous avons un avis à son sujet (j'espère), il y a parfois même des avis assez tranchés (j'espère toujours : pas trop !...)

Nous avons (devons avoir) des projets de vie, pour/selon nous, et les autres... Bref, nous avons des références ; et heureusement : il le faut bien... Mais...

Dès qu'un imprévu vient, il faut s'adapter. Ce n'est jamais facile.

Notre société, plus que d'autres, cherche à tout maîtriser. Les besoins de sécurité n'ont jamais été si grands (nécessaire, bien-sûr) : ils sont possible aujourd'hui plus que cela n'a jamais été le cas, sans doute. Nous sommes pourtant dans une société tant marquée par la peur ; par des peurs de toutes sortes…

Ce passage de l'Évangile est ainsi terriblement actuel...

Il est compréhensible que bien des gens aient des difficultés avec ce passage, que l'on peut (à priori !) trouver bien effrayant : il nous parle de désastres...

Il est vrai que l'on préfère souvent ne pas trop y penser... ou alors y penser trop : on se laisse enfermer par cela... Cela fait partie de ce que nous sommes... même quand on préfère l'oublier... Nous sommes tous aussi fragiles, vulnérables, menacés, que dans ce passage...

Mais attention ; Jésus ne nous menace pas de ces choses terribles. Comme pour toutes les «Apocalypses » chrétiennes, il nous annonce au contraire une Bonne Nouvelle !

Il ne nous dit pas qu'il n'y aura plus de choses terribles. Au contraire : il sait que cela fait partie de ce monde...

Que faut-il faire alors : être conduit par la peur ? Ou se blinder, ou faire l'autruche, ou rester indifférents ? Jésus nous propose bien mieux : à la fin de cet enseignement, de ces comparaisons, Jésus l’explicite : il considère cela comme des signes de saisons. Comme lorsque l'on voit les vignes vendangées, et changer de couleurs, nous savons que l'automne arrive. Nous avons, de même, à regarder la tristesse dans ce monde comme une saison…

Jésus nous prévient, pour être prêt à la vivre ; et à la vivre ainsi, parfois... Mais pas comme une fin en soi, et encore moins comme une fin...

Comment, alors ?

 

Le contexte à l’époque de Jésus était bien plus dur que le nôtre ; le contexte des premiers Chrétiens, quelques années plus tard, pire encore... Violence des Romains et rivalités de groupes humains et religieux... Une sorte de spirale où rien ne semblait aider une issue favorable... Jésus nous rappelle alors ce que nous sommes...

Si nous nous laissons effrayer, dominer par la peur, cela montre que nous n'avons pas assez confiance ; et, particulièrement en tant que Chrétien alors (même si ce n'est pas facile à dire et à sonder cela en nous...). Non pas une foi béate, naïve, et encore moins intégriste... Mais une relation de confiance qui nous dépasse, qui dépasse ce que nous voyons. Et que nous pouvons recevoir, qui nous change, change nos façons de voir le monde et nous-même : plutôt que la peur, la confiance, reçue et à vivre.

Elle nous dit aussi ce qui est le plus important pour nous : vivre cette confiance, parce que la Vie est toujours devant nous, ou nous laisser limiter par toutes sortes de peurs... Vivre et approfondir ensemble cette confiance ou vendre notre âme aux peurs, qui nous coupent de la vie ; aux peurs qui nous coupent, donc divisent ; divisent, comme l'origine du mot diable... donc vendre notre âme aux diables de toutes sortes...

Jésus va encore plus loin que nous dans cette invitation à la confiance, par notre Seigneur : il donne cette image que pas un cheveu de votre tête ne sera perdu : quelle promesse, difficile à comprendre, mais formidable. Même si personne ne peut compter les cheveux, il nous voit au plus précis : c'est ce que veut dire cette image. Il nous connaît mieux que nous-mêmes ; bien plus encore : il connaît notre monde : ce qui est important, par lui, c'est la perspective qu'il nous y offre : nous pouvons avoir le sentiment de perdre telle ou telle chose ; mais dans la foi (et en prenant du recul en général), rien, n'est jamais perdu... Nous devons nous souvenir que dans la foi, nous pouvons affronter tant de situations difficiles : car une perspective nous est offerte : l'automne n'est pas la mort : c'est parfois une apparence de mort, ou une force de mort en nous... Mais telle n'est pas la réalité la plus profonde et durable : une vie vient, venue au plus profond en Jésus-Christ…

II a vécu lui-même l'automne, et même l'hiver : la dureté de ce monde, pour nous y donner les prémisses d'un printemps, d'un renouvellement vers lequel nous pouvons déjà marcher... Ces prémisses s'appellent… … ce que nous pouvons alors nommer chacun dans le silence de nos cœurs...

 

Amen

 

 

 

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Dimanche 6 novembre 2022 : prédication : Romains 5, 1 - 11

8 Novembre 2022, 09:41am

Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

DIMANCHE 6 NOVEMBRE 2022

PREDICATEUR : JEAN PIERRE PAIROU

Romains 5, 1 à 11

L'Epitre aux romains est, d'une certaine manière, centrale dans . la naissance de la Réforme Luther, torturé par l'idée de salutcomme on l'était au moyen-age, va trouver dans ces textes de Paul ( Eph.2 ) cette idée libératrice de " justification" par la foi et non par les oeuvres. Thème central qui oppose Paul aux judaisme  ( en particulier pharisien ) comme il opposera Luther à la théologie catholique.

 L'idée de mérite nous est familière: seule une bonne action mérite sa récompense. Elle est difficile à ôter de l'esprit humain. Il m'est arrivé d'entendre un protestant dire : " Qu'ai-je fait à Dieu pour mériter ça ? "

N'y a-t-il pas aussi parfois, une manière protestante de faire de la foi une oeuvre ?

Thèmes de ce texte :

-La justification

-La réconciliation

-La foi

-La mort " salvatrice" interrogation terrible et centrale.

1) Idée de Justification

Cette idée repose sur le sentiment que nous sommes tous impies ( accusation de pessimisme protestant). Idée selon laquelle l'homme ne peut être juste par lui-même. D'une certaine manière, chacun de nous peut ressentir ses limites. Cette position est à l'opposée de celle de Rousseau par exemple pour lequel l'homme naturellement bon est perverti par la société. La vision de " l'homme injuste" est liée au concept de " péché originel ". " concept mal fichu " selon un philosophe, car il ne s'agit pas de l'ordre de l'hérédité mais de la nature humaine. L'homme est homme parce qu'il est pêcheur. Dans le livre de la genèse, il y a une positivité de la transgression dans la mesure où elle donne à l'homme la conscience de lui-même. En même temps celle -ci comporte une négativité puisqu'elle coupe l'homme de Dieu. Il en résulte que l'homme injuste ne peut redevenir juste par lui-même sans perdre la conscience qu'il a de lui-même. Mais il peut redevenir juste aux seuls yeux de Dieu qui le considère comme tel.

Cette vision est compliquée dans la mesure où elle s'exprime en termes juridiques humains ( trop humains ) c'est à dire d'organisation sociale et politique. De même la notion de "Grâce" a-t-elle un retentissement particulier.  ( Je ne l'utilisais pas en prison ) . Etre justifié par grâce, c'est d'une manière être recréé tel que Dieu nous a voulus comme hommes. C'est nier la séparation d'avec Dieu. C'est Lui qui par son amour manifesté en Jésus, amour inconditionnel offert à tous, établit la paix.

 Etre justifié, c'est être en paix avec Dieu par Jésus- Christ.

2 ) Thème de la réconciliation

Il s'agit d'un thème biblique essentiel,même s'il est peu employé. L'histoire biblique est celle de la réconciliation sans cesse recommencée de Dieu avec son peuple. Le schéma se présente ainsi : Volonté de Dieu- refus et transgression humaine-réconciliation.

 En Jésus Christ la réconciliation devient absolue. Par Lui, la réconciliation avec Dieu est rendue possible par la médiation de son humanité. Jésus, homme et Dieu réunit l'un et l'autre.

Toute réconciliation passe par une médiation comme celle de Jacob et Esaü dans l'ancien testament. Elle nécessite du temps, un dialogue, des gestes. En Jésus la réconciliation avec Dieu se fait par une histoire, la Parole et le geste qui est celui de la croix.

Jésus, Dieu, est en même temps l'homme absolu. En Lui, le conditonné et l'inconditionné n'existent plus  ( C.f. Paul Tillich ) Grâce à Lui Dieu et l'homme sont accessibles l'un à l'autre

3) La Foi

 On parle de " justification par la foi", . En Jésus-Christ la réconciliation avec Dieu est offerte, mais elle n'est réelle que dans et par la Foi. Encore faut-il comprendre ce qu'elle est . Elle n'est pas une simple adhésion à un système de pensée ou de croyances. La foi est d'abord confiance en une parole. Aller au delà des apparences. Abraham, père de la foi, se met en marche sur une parole de Dieu : " Va ! " ou " Va, vers toi-même ". La Foi le conduira jusqu'à la démarche insensée d'aller sacrifier son fils ! la foi, c'est    " espèrer contre toute espérance "

Avancer sur une parole dans laquelle on met sa confiance, telle est notre foi chrétienne. Marcher à la suite de Jésus ou tenter de le faire " malgré", c'est marcher vers l'amour de Dieu et le salut.

4) Mort salvatrice

La conception traditionnelle fait de Jésus la victime expiatoire qui apaise la colère de dieu envers les hommes . " Nous sommes sauvés de la colère par son entremise ", " nous sommes justifiés par son sang " Schéma difficile à entendre aujourd'hui.

 Une autre lecture ( ?) est celle dans laquelle on peut dire que Jésus a  " sacrifié sa vie " Annonçant l'amour de Dieu, jésus est allé jusqu"au bout de cette annonce, ce qui le conduisit à la mort.

En ce sens, c'est bien cette mort sur la croix, signe suprême de l'amour de Dieu qui pour nous est salvatrice. L'amour de Dieu nous est prouvé charnellement et, comme dit Paul " Rien ne pourra nous en séparer. C'est l'amour et non la colère qui conduit à la croix et c'est lui que nous sommes appelés à vivre.

Vivre, vivre par la foi, c'est changer de vie et ne pas rester replié sur soi-même mais avoir une force nouvelle. " Ce qui ne me tue pas me rend plus fort  " Nietszche. Plus fort parce qu'animé d'une confiance nouvelle : celle que donne la certitude d'être aimé quoiqu'il arrive;

" J'en ai la certitude, ni la mort, ni la vie, ni les esprits, ni les puissances, ni le présent, ni l'avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune créature, rien, jamais ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu, manifesté en Jésus- Christ "

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